Athènes toujours "vigilant" face aux flammes, les bombardiers d'eau en action
Des avions bombardiers d'eau ont enfin pu entrer en action lundi en Grèce contre les multiples incendies dans la région d'Athènes, où la situation reste menaçante mais s'est légèrement améliorée à la faveur d'une baisse des rafales de vents.
"Les foyers principaux se trouvent actuellement dans les localités de Kandyli et d'Agia Skepi", à 50 km environ au nord-ouest de la capitale grecque, a déclaré Yannis Artopios, porte-parole du service des pompiers, sur la chaîne publique Ertnews.
"Nous restons vigilants", a-t-il souligné. "Si nous devions résumer la situation actuelle, nous dirions qu'il y a une amélioration, mais qu'il n'y a absolument aucune raison de baisser la garde".
Au total 450 pompiers, 22 équipes de sapeurs-pompiers forestiers et 126 véhicules sont mobilisés pour lutter contre les flammes, tandis que 12 hélicoptères – dont deux chargés de la coordination aérienne – et 13 avions bombardiers d'eau apportent leur soutien désormais grâce à l'accalmie des vents, selon le dernier bilan des pompiers.
Sur place, les habitants étaient consternés lundi par l'ampleur de la catastrophe.
"C'est un désastre total, ce qui s'est passé est inacceptable", a déploré à l’AFP Konstantinos Makrinoris, ancien maire de la ville de Vilia, près de Porto Germeno.
"Le feu a parcouru 45 km jusqu'ici depuis le lieu où il avait initialement commencé", a-t-il regretté, rappelant qu'un incendie avait déjà dévasté cette région en 2016.
Selon un photographe de l'AFP, des fumées s'élevaient ici et là des flancs de la montagne et de quelques champs d'oliviers. Mais la situation était incomparable avec le front de flammes déchaînées par les vents observé la veille.
Les fortes rafales pouvant aller jusqu'à 80 km/h, avec des pointes de 130 km/h, avaient empêché l'utilisation des avions bombardiers d'eau contre les feux cernant Porto Germeno.
Ce lieu de villégiature pour de nombreux Athéniens, situé sur les rives du Golfe de Corinthe, est évacué depuis vendredi. Nombre de maisons y ont été détruites.
Lundi, la vitesse de vents a baissé à 12km/h, selon le service météorologique grec, ce qui facilite la tâche des pompiers.
Selon les mesures du réseau de stations météorologiques de l'Observatoire national d'Athènes, il s'agissait des vents les plus violents de ces 15 dernières années, dans certaines régions de l'Attique, du sud de la Crète et de l'Eubée, avec des vitesses maximales atteignant les 150 km/h.
De nouvelles évacuations près du village de Kandyli ont par ailleurs été ordonnées lundi matin, selon la Protection civile grecques.
"La lutte contre les feux est inégale", a reconnu Kostas Katsafados, vice-ministre de la Protection civile et de la Crise climatique sur Ertnews.
En plein pic touristique, le risque de départ de feux reste "très élevé" ce lundi, classé niveau 4 sur une échelle en comprenant cinq, en Attique - la région de la capitale - et dans la Béotie proche, selon la Protection civile.
D'autres incendies mineurs à travers le pays, comme celui sur l'île de Céphallonie en mer Ionienne (ouest), "ont été circonscrits", a rassuré le porte-parole des pompiers.
La Grèce, jusqu'à présent relativement épargnée par les grands feux en début de saison estivale contrairement à la France et l'Espagne, lutte pour la deuxième semaine d'affilée contre des feux qui ont ravagé des milliers d'hectares de forêts, maquis et terres agricoles.
En une semaine, plus de 12.000 hectares de forêts et de terres agricoles ont brûlé en Grèce atteint de plein fouet par la crise climatique, comme l'ensemble du pourtour méditerranéen, selon des données publiés par des médias citant des analyses du programme européen Copernicus.
Trois pompiers ont été tués dans l'exercice de leurs fonctions la semaine dernière ainsi qu'un pilote d'hélicoptère et son copilote, victimes dimanche d'une dramatique collision avec un autre appareil pendant qu'ils tentaient d'éteindre les flammes dans les environs de Psatha.
Le pilote et le copilote, un Danois et un Grec à bord d'un des deux hélicoptères Bell, ont péri dans l'accident. Blessés, le pilote britannique et le copilote grec de l'autre appareil ont été hospitalisés.
En raison d'une enquête ouverte par les autorités, tous les hélicoptères Bell présents sur place resteront à terre dans l'attente des résultats de l'enquête, a rapporté la chaîne ERT.
Ces appareils avaient été loués auprès de la société australienne McDermott Aviation, qui a affirmé qu'elle apportait depuis sept ans son soutien à des opérations de lutte contre les incendies en Grèce.
A Porto Germeno, deux employés d'une compagnie d'électricité ont été interpellés en lien avec le feu de forêt qui s'est déclenché dans ce village côtier vendredi. Il aurait été provoqué
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