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Mégafeu en Gironde: reprises "contenues", Macron appelle à "rester unis" pour "gagner" cette longue bataille

Published on juillet 27, 2026 at 20:58

Des pompiers luttent contre un incendie de forêt à Saint-Jean-d'Illac, à environ 30 km de Bordeaux, alors qu'un feu de forêt ravage la forêt au nord du bassin d'Arcachon en Gironde — ROMAIN PERROCHEAU / AFP
Incendies en Gironde: vues aériennes de la fumée à 15 km de Bordeaux — Florian PLAUCHEUR / AFP
Une ligne de défense, une rupture dans la végétation, est créée près de Marcheprime, à l'ouest de Bordeaux, le 27 juillet 2026 — Philippe Lopez / AFP
L'incendie en Gironde est "stabilisé" mais "pas fixé", annonce Nuñez — Sebastian BRADDOCK / AFP
Emmanuel Macron à Bordeaux le 27 juillet 2026 — Kenzo TRIBOUILLARD / AFP
Des pompiers luttent contre un incendie de forêt à Saint-Jean-d'Illac, à environ 30 km de Bordeaux, alors qu'un feu de forêt ravage la forêt au nord du bassin d'Arcachon en Gironde — ROMAIN PERROCHEAU / AFP

Emmanuel Macron a appelé lundi à Bordeaux à "rester unis" pour gagner la longue bataille contre le mégafeu en Gironde, qui a déjà ravagé 42.000 hectares et qui, après une accalmie, connaît des reprises, dans l'ensemble "contenues", avec la remontée des températures.

"Les semaines à venir seront dures et on doit tenir", a lancé le président de la République, venu apporter le soutien de l'Etat aux forces mobilisées contre les incendies dans la salle de crise du centre opérationnel départemental d’incendie et de secours (Codis).

"On ne fait pas le retour d'expérience en plein milieu de la bataille", a-t-il affirmé face aux critiques naissantes des oppositions contre, selon elles, une impréparation de l'Etat. "On reste unis et on se bat pour gagner la bataille partout", a-t-il en délivrant dans la soirée une bonne nouvelle: le feu est désormais "fixé dans les Landes".

Accompagné du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, il a également exhorté à "replanter et rebâtir une forêt différente" en s'adaptant aux "conditions structurelles de changement climatique".

Sur le terrain, "le feu a repris en début d'après-midi au milieu de la forêt à Claouey", a déclaré à l'AFP le commandant Matthieu Jomain, du Service départemental d'incendie et de secours de la Gironde (Sdis 33).

Des moyens aériens ont été déployés, dont deux hélicoptères Blackhawks tchécoslovaque, trois hélicoptères bombardiers d'eau et Air Tractor. Un avion A400M a effectué plusieurs largages de produit retardant sur le secteur.

Concrètement, a précisé le Sdis à l'AFP, "500 hectares ont été parcourus en 24 heures" et "la journée a été plus favorable, comme espéré par les pompiers". Dans l'ensemble, les départs de feux ont été "contenus".

"Il faudra voir comment se passe la nuit, profiter de l'hydrometrie pour attaquer de manière décisive", a dit le capitaine Wilfried Schneider.

Selon la préfecture, 2.750 sapeurs-pompiers sont mobilisés, avec le renfort de nouveaux moyens européens, de même que 18 moyens aériens, 1.500 militaires et 1.440 forces de sécurité intérieure.

On compte quatre nouveaux sapeurs-pompiers blessés, pour un total de 88 depuis mercredi. Aucune victime humaine n'est à déplorer et le bilan est toujours de 240 habitations détruites.

Météo-France a confirmé une "nouvelle vague de chaleur" à partir de mardi, avec des maximales jusqu'à 40°C et des vents un peu moins forts mais plus secs.

Dans un camping du Grand Crohot, jouets des enfants sur le sol, bières sur la table, tentes ouvertes et serviettes de plage encore étendues... tout témoigne de la rapidité et de la panique avec lesquelles tous ont dû quitter les lieux. Une grosse partie des tentes et caravanes a pu être sauvée du brasier, mais d'autres, sur la route infernale du feu, ont complètement disparu.

A Marcheprime, des pelles mécaniques d'abattage rasent la forêt sur 30 m de large pour priver le feu "de combustible".

Au total, plus de 116.000 hectares -nouveau record après 2022- ont été parcourus par les incendies en France depuis début 2026, a indiqué Sébastien Lecornu. "Depuis le 6 juillet, 162 interpellations ont déjà eu lieu (...) (Les incendiaires) seront retrouvés, interpellés et répondront de leurs actes devant la justice", a prévenu le Premier ministre.

L'incendie qui a embrasé le pourtour du bassin d'Arcachon a entraîné l'évacuation de 220.000 personnes, une opération d'une ampleur inédite. Le ministre de l'Economie Roland Lescure a annoncé que les assureurs prendraient en charge les frais de relogement des personnes évacuées à cause des incendies de Gironde, des Landes et du Var. 

Des assureurs également confrontés au "coup de massue" subi par "environ 14.500" entreprises de Gironde qui ont cessé toute activité ou subi des dommages.

Et les dégâts sont aussi "catastrophiques" pour la faune sauvage, a prévenu la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut.

Le feu n'étant pas fixé, aucun retour des évacués n'est envisageable à ce stade en Gironde et les activités des colonies de vacances sont suspendues dans ce département touristique.

A Bordeaux, "un peu plus de 1.000 personnes" étaient toujours hébergées au parc des expositions de la ville, dont "moins d'une centaine" de personnes résidentes d'Ehpad, selon le maire et président de la métropole, Thomas Cazenave.

Comme lundi, aucun TGV ne circulera au sud de Bordeaux mardi, hormis ceux qui desservent Agen et Toulouse et l'autoroute A63 est fermée dans les deux sens entre Bordeaux et Bayonne.

Une "vague de solidarité", saluée par la préfète Sophie Brocas, a permis de libérer les pompiers volontaires dans les entreprises. Et voit aussi agriculteurs et particuliers prêter main-forte.

"On est partis à 4h30 ce matin du Lot-et-Garonne. On cherche à aider. Je suis chasseur et je veux garder la nature comme elle est", explique à l'AFP Christopher Bonnefond, 25 ans, agriculteur venu avec quatre collègues.

Au Porge, commune qui a payé le plus lourd tribut en nombre de maisons détruites, quelques critiques se font entendre.

"On a eu un sentiment d'abandon" au profit des villas du Ferret, a déploré auprès de l'AFP Dorothée Benassy, conseillère municipale.

Si, juste au sud, l'incendie dans les Landes est donc fixé après avoir brûlé 3.600 hectares et 198 bâtiments, les feux sont toujours actifs ailleurs en France.

Ainsi, au 7e jour dans le Var, celui du massif du Gros Bessillon, est "toujours dynamique, retors" et "pas du tout fixé", a indiqué le préfet, en raison du mistral. 4.500 hectares ont été parcourus au total.

Le feu est aussi toujours en cours en Corse mais a été "fixé" dans les Hautes-Alpes après avoir parcouru 510 ha.

Les forêts s'enflamment d'autant plus facilement que la végétation et les sols européens sont très secs depuis des mois, une sécheresse accentuée par le changement climatique et les récentes canicules exceptionnelles.

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