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Incendies en Gironde: la chaleur menace après une cinquième nuit de lutte

Published on Julio 27, 2026 at 07:50

Gujan-Mestras: un centre d'hébergement accueille des réfugiés du feu de Gironde — Witold STANIK / AFP
Incendie en Gironde: des pompiers de Paris en renfort — Jacques-Alexandre BRUN / AFP
Carte montrant les zones brûlées en Gironde et dans les Landes lors de plusieurs mégafeux en 2022, et les deux incendies en cours le 24 juillet 2026, selon les données Effis du 24 juillet à 14h45 — Jean-Michel CORNU, Sylvie HUSSON / AFP
Des pompiers luttent contre un incendie de forêt à Saint-Jean-d'Illac, à environ 30 km de Bordeaux, alors qu'un feu de forêt ravage la forêt au nord du bassin d'Arcachon en Gironde — ROMAIN PERROCHEAU / AFP
Incendies en Gironde: vues aériennes de la fumée à 15 km de Bordeaux — Florian PLAUCHEUR / AFP
Gujan-Mestras: un centre d'hébergement accueille des réfugiés du feu de Gironde — Witold STANIK / AFP

Après plusieurs jours de progression ininterrompue de l'incendie massif aux portes de Bordeaux, la situation est restée globalement stable dans la nuit de dimanche à lundi mais les autorités redoutent l'arrivée d'une vague de chaleur.

"A ce stade, la situation est restée globalement stable au cours de la nuit, sans évolution majeure à signaler. Les forces de sécurité et de secours demeurent pleinement mobilisées et poursuivent leurs missions sur le terrain", a indiqué lundi matin la préfecture de la Gironde.

Emmanuel Macron présidera à 10H00 une "cellule interministérielle de crise" au ministère de l'Intérieur consacrée aux incendies, avant d'autres réunions sur les secteurs économiques touchés.

Météo-France prévoit une probable vague de chaleur depuis le Sud-Ouest à partir de mardi, avec des maximales jusqu'à 40°C et des vents un peu moins forts mais plus secs.

En Gironde, les flammes ont ravagé 42.000 hectares depuis mercredi, un chiffre stable par rapport au dernier bilan, indiquait la préfecture dimanche à 22H.

Mais le retour d'une fine pluie a offert un peu de répit aux pompiers dans la nuit de dimanche à lundi, à Saint-Jean-d'Illac, à 18 km du centre de Bordeaux, avec au petit matin, des trottoirs mouillés, des petites flaques d'eau sur les routes goudronnées, et des fossés enherbés encore humides par la rosée.

"On a tourné partout pour protéger les maisons, mais on a rien trouvé, le feu n'est jamais arrivé", explique un pompier girondin, sous couvert d'anonymat, chargé de protéger les zones périurbaines de la métropole "pour éviter que ça crame les habitations comme au Porge ou au Ferret".

"Il (le feu) s'est vraiment calmé cette nuit" mais "il peut repartir à tout moment", ajoute ce sapeur-pompier, depuis un collège où des dizaines de pompiers aux traits tirés et yeux fatigués sont postés dans le réfectoire où est proposé un petit-déjeuner.

Dimanche, les flammes n'étaient plus qu'à quelques kilomètres, soit deux ou trois heures selon les pompiers, de Saint-Jean-d'Illac, évacué vendredi, comme 220.000 personnes en Gironde, une opération d'une rare ampleur.

Un centre d'accueil temporaire de 150 places a été mis en place dimanche à Aussonne, près de Toulouse, pour accueillir des personnes sinistrées, "notamment les plus vulnérables", a annoncé le préfet d'Occitanie et de la Haute-Garonne.

Au total, 115.000 hectares ont été parcourus par les incendies en France depuis le début de l'année, une situation "exceptionnelle", a indiqué dimanche le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez sur France 2.

Le feu n'étant pas fixé, aucun retour des évacués n'est envisageable à ce stade, a prévenu la préfète Sophie Brocas lors d'une conférence de presse dimanche, incitant les touristes "à ne pas rejoindre la Gironde".

Les activités des colonies de vacances sont par ailleurs suspendues dans ce département touristique, a ensuite annoncé tôt lundi la préfète.

L'évacuation de Bordeaux "n'est pas à l'ordre du jour", avait réaffirmé dimanche à la mi-journée son maire Thomas Cazenave, mais le seuil d'alerte aux particules fines y a été dépassé, tout comme dans trois autres départements voisins.

"On a les fumées, mais c'est tout", Bordeaux est "un refuge", a confié à l'AFP Carole Chalel, après avoir été évacuée de Marcheprime.

Cette commune est située à proximité de l'A63 qui relie Bordeaux à l'Espagne, fermée sur 60 kilomètres, et des rails desservant le sud de la ville, sur lesquelles le trafic SNCF est interrompu. Dans l'après-midi, les flammes ont traversé les voies, selon la préfète.

Au total, 240 habitations ont été détruites en Gironde, selon la préfecture. Si aucune victime civile n'est à déplorer, 84 sapeurs-pompiers ont été blessés, dont dix ont dû être évacués.

Des centaines de personnes ont été évacuées en urgence de plusieurs établissements médico-sociaux.

Une "vague de solidarité", saluée par la préfète, a permis de libérer les pompiers volontaires dans les entreprises mais aussi à des agriculteurs et des particuliers bénévoles pour prêter main-forte sur le terrain.

Dans les Landes, l'incendie de Biscarrosse était dimanche "mieux contenu mais pas fixé", après avoir brûlé 3.600 hectares et 198 bâtiments. Quelque 8.000 personnes évacuées sur 30.000 ont été autorisées à rentrer chez elles, a indiqué le préfet des Landes Gilles Clavreul.

Dans le Var, où 2.000 personnes ont été évacuées, l'incendie est "contenu" malgré des reprises attisées par le mistral, après avoir parcouru 4.500 hectares, selon les pompiers. D'autres feux sont en cours en Corse et dans les Hautes-Alpes.

Les forêts s'enflamment d'autant plus facilement que la végétation et les sols européens sont très secs depuis des mois, une sécheresse accentuée par le changement climatique et les récentes canicules exceptionnelles.

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