Société

Bosnie : arrestation d'un "ressortissant étranger" après la profanation du sanctuaire marial de Medjugorje

Published on juillet 28, 2026 at 17:29

Vue d'une partie du sanctuaire marial de Medjugorje en Bosnie, le 9 mai 2023 — ELVIS BARUKCIC / AFP
Vue d'une partie du sanctuaire marial de Medjugorje en Bosnie, le 9 mai 2023 — ELVIS BARUKCIC / AFP

Un "ressortissant étranger" a été arrêté mardi en Bosnie, soupçonné d'avoir vandalisé le populaire sanctuaire catholique marial de Medjugorje et mis le feu à son église, des médias affirmant qu'il s'agit d'un Polonais.

Cet incident s'est produit dans la nuit de lundi à mardi, quelques jours avant "Mladifest" (du 1er au 6 août), une rencontre internationale de prière qui rassemble chaque année à Medjugorje plus de 50.000 jeunes du monde entier.

Le sanctuaire de Medjugorje (sud), à 140 km de Sarajevo, est un site de pèlerinage catholique mondialement connu. Il est visité chaque année par plus d'un million de personnes.

"Le suspect arrêté est un ressortissant étranger de 31 ans, dont la nationalité sera communiquée après une procédure complète d'identification", a déclaré à l'AFP une porte-parole de la police Ilijana Milos.

Selon plusieurs médias bosniens, il s'agit d'un Polonais né à Varsovie, arrêté non loin de Medjugorje alors qu'il se dirigeait vers la frontière avec la Croatie.

Il est soupçonné de dégradation "par des messages offensants" de la statue centrale représentant la Vierge sur la "Colline des apparitions", et d'avoir mis le feu à l'autel extérieur de l'église Saint-Jacques de Medjugorje, au coeur du sanctuaire.

Selon des photos publiées par des médias locaux et d'autres envoyées à l'AFP par une fidèle sur les lieux, le visage et les mains de la Vierge ont été maculés avec de la peinture noire, et le message en anglais "Devil in a skirt" (Diable en jupe) a été écrit sur le socle de la statue.

Par ailleurs, une banderole avec les noms des "voyants" de la Vierge, qualifiés en polonais d'"imposteurs", a été accrochée à la clôture autour de la statue.

Le Vatican a annoncé en 2024 une décision ("Nihil obstat") du Dicastère (ministère) pour la doctrine de la foi reconnaissant le sanctuaire de Medjugorje, en louant "l'abondance des fruits spirituels" de ce lieu, sans toutefois se prononcer sur les "messages présumés" de la Vierge aux fidèles, communiqués régulièrement par les six personnes qui l'y auraient vue en 1981, et qui affirment continuer à avoir des "visions".

Par cette décision, un feu vert a été donné "à la dévotion et à l'expérience spirituelle" des fidèles, une reconnaissance qui toutefois "n'implique pas un jugement sur la vie morale des présumés voyants".

"C'est avec une grande tristesse que nous avons appris l'acte de vandalisme qui a porté atteinte aux lieux de prière de notre paroisse", a indiqué dans un communiqué le bureau paroissial de Medjugorje, en invitant les fidèles "à répondre à cet événement (...) par la prière, le jeûne et le pardon".

Le Conseil interreligieux bosnien, une institution qui veille à la bonne entente entre différentes confessions de ce pays multiethnique, a dénoncé une atteinte "aux sentiments des fidèles catholiques, mais aussi une attaque contre la paix, le respect mutuel et la dignité de tous les habitants" du pays, lit-on dans un communiqué.

La Première ministre bosnienne, Borjana Kristo, a exhorté la police et le parquet à "rapidement faire la lumière" sur cet incident, en appelant "chacun (en Bosnie) au respect mutuel".

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