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Visa pour l'image consacre le photojournaliste de l'AFP Luis Tato pour son travail à Madagascar

Published on septembre 6, 2026 at 01:33

Le photographe de l'AFP Luis Tato après avoir reçu le Visa d'or News du festival Visa pour l'image à Perpignan en France le 5 septembre 2026 — Valentine CHAPUIS / AFP
Image du photographe Luis Tato montrant un manifestant avec le drapeau du manga "One Piece", symbole des mouvements de la Gen Z, à Antananarivo le 9 octobre 2025 — Luis TATO / AFP
Image du photographe Luis Tato montrant un enfant assistant à des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre lors du mouvement de la Gen Z malgache, à Antananarivo le 9 octobre 2025 — Luis TATO / AFP
Image du photographe Luis Tato lors du soulèvement de la Gen Z malgache, à Antananarivo le 13 octobre 2025 — Luis TATO / AFP
Jean-François Leroy, directeur et fondateur du festival de photo "Visa pour l'Image", lors de la 31e édition du festival à Perpignan, le 5 septembre 2019 dans les Pyrénées-Orientales — RAYMOND ROIG / AFP
Raymond Depardon reçoit un Visa d'or d'honneur lors du festival Visa pour l'image à Perpignan, en France, le 3 septembre 2026 — Ed JONES / AFP
Le photographe de l'AFP Luis Tato après avoir reçu le Visa d'or News du festival Visa pour l'image à Perpignan en France le 5 septembre 2026 — Valentine CHAPUIS / AFP

Le photojournaliste espagnol Luis Tato, qui couvre l'Afrique de l'Est et l'océan Indien pour l'AFP, a reçu samedi à Perpignan le Visa d'or News, plus haute distinction du festival Visa pour l'image, récompensant son travail sur le soulèvement de la génération Z malgache en 2025.

Après s'être vu décerner son prix, il a rendu un hommage appuyé au fondateur du festival, Jean-François Leroy, décédé lundi, qui lui avait "donné sa chance" en exposant pour la première fois ses images en 2018 alors qu'il "essayai[t] de [se] tracer un chemin" dans ce milieu. "Personne n'a fait autant pour notre écosystème", a-t-il encore salué.

La génération Z, c'est-à-dire les jeunes adultes de moins de 30 ans, s'est trouvée au coeur de plusieurs mobilisations en 2025, notamment au Népal, au Bangladesh, en Bulgarie et donc à Madagascar, grande île de l'océan Indien où d'importantes manifestations, débutées le 25 septembre et violemment réprimées, ont conduit l'armée à renverser mi-octobre le président Andry Rajoelina.

Luis Tato, 37 ans, a passé une dizaine de jours parmi les manifestants qui dénonçaient entre autres la défaillance des services publics, la corruption et les difficultés économiques persistantes.

"Je pense que ce mouvement mondial de jeunes qui essaient de redéfinir la démocratie et de faire évoluer leur société constitue une dynamique très intéressante, qui me fascine à la fois en tant que photographe et en tant que personne qui cherche à comprendre le monde dans lequel nous vivons", a confié Luis Tato à l'AFP avant de recevoir son prix.

Le photographe, salarié de l'AFP depuis 2023, a remercié samedi soir les jeunes de Madagascar, qui "savaient à quel point il était important que leur histoire soit racontée" et auxquels il a exprimé son "profond respect".

Déjà lauréat en 2018 du Prix de la ville de Perpignan Rémi Ochlik, qui récompense de jeunes photographes, Luis Tato a aussi été distingué trois fois par le World Press Photo (2021, 2025 et 2026) et reçu le titre de "photographe de l'année" en 2023, décerné par le concours Pictures of the Year International.

Luis Tato occupe à Nairobi, au Kenya, le rôle de chef photographe et coordinateur photo de l'AFP pour l'Afrique de l'Est et l'océan Indien.

Egalement décerné samedi soir, le Visa d'or de la Ville de Perpignan Rémi Ochlik de cette 38e édition a été attribué à Philémon Barbier pour ses images de la première année de transition en Syrie après la chute du régime de Bachar al-Assad.

Vendredi, le prix Visa d'or Magazine était allé à Jérôme Gence pour son reportage sur les mariages virtuels au Japon, réalisé pour Le Figaro Magazine.

Parmi les autres prix, le Visa d'or humanitaire du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), qui récompense chaque année un photojournaliste professionnel ayant couvert une problématique humanitaire en lien avec un conflit armé, a salué le travail du photographe palestinien Khames Alrefi sur les souffrances de la population civile gazaouie lors de la guerre avec Israël.

Et le festival qui n'avait jamais exposé en près de quatre décennies le photographe et cinéaste français Raymond Depardon, a réparé cette année cette incongruité en affichant une grande rétrospective de sa carrière, du Vietnam à l'Afghanistan en passant par le Liban et les Etats-Unis. Le festival lui a remis par la même occasion jeudi un Visa d'or d'honneur.

La soirée de samedi, ainsi que cette édition de Visa pour l'image en général, ont été marquées par l'émotion liée à la disparition du fondateur du festival, Jean-François Leroy, mort lundi des suites d'un cancer à 69 ans.

"C'est l'âme de ce festival, il l'a porté à bout de bras depuis la première édition, en 1989", a déclaré à l'AFP la co-directrice de Visa, Delphine Lelu.

Le directeur de la photographie de Paris Match, Jérôme Huffer, a indiqué lors de la remise à Luis Tato du Visa d'or News Roger Thérond (son intitulé complet), qu'il aimerait à l'avenir également y accoler le nom de Jean-François Leroy.

Les expositions de Visa pour l'image, toutes gratuites, restent accessibles jusqu'au 13 septembre dans plusieurs espaces d'exposition installés au coeur des monuments historiques du centre de Perpignan.

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