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Venezuela: pouvoir et opposition autour de la même table en vue d'une transition

Published on août 7, 2026 at 03:49

Photo officielle avant le lancement du processus de dialogue politique au Venezuela, au centre de Convention du quartier La Carlota, à Caracas, le 6 août 2026 — Federico PARRA / AFP
Photo officielle avant le lancement du processus de dialogue politique au Venezuela, au centre de Convention du quartier La Carlota, à Caracas, le 6 août 2026 — Federico PARRA / AFP

Le pouvoir vénézuélien et l'opposition ont entamé jeudi à Caracas, sous la houlette des Etats-Unis, un dialogue que beaucoup espèrent voir déboucher sur une transition politique et des élections. 

Ce processus s'ouvre sans la cheffe de l'opposition Maria Corina Machado - prix Nobel de la paix - en exil, et sept mois après la capture du président Nicolas Maduro par l'armée américaine. La cheffe de l'Etat par intérim, l'ancienne vice-présidente Delcy Rodriguez, gouverne depuis sous la forte pression de Washington.

A l'issue de cette première réunion, les parties ont indiqué avoir souscrit "aux principes de respect de la souveraineté nationale" et de "négociation de bonne foi". Elles ont aussi déclaré qu'elles rechercheraient une "solution politique, pacifique, démocratique et constitutionnelle", selon un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux.

Seuls les photographes ont été autorisés à accéder au centre des Conventions sur la base militaire de La Carlota pour une photo avant le début des discussions.

Lors de la rencontre, qui a commencé avec plusieurs heures de retard sur l'horaire prévu, les délégations se sont accordées sur la méthodologie, les cycles de travail et l'ordre du jour des discussions. En principe, les parties doivent se réunir jusqu'à mercredi.

Le chef des négociateurs du pouvoir est Jorge Rodriguez, le président de l'Assemblée nationale et frère de Delcy Rodriguez.

La délégation de l'opposition est menée par Dinorah Figuera, peu connue au Venezuela. Ancienne députée vivant en exil, elle était à la tête du groupe parlementaire de l'opposition qui avait remporté la majorité des sièges à l'Assemblée nationale en 2015, à l'issue d'un scrutin dont les résultats avaient été rejetés par M. Maduro.

Arrivée mercredi au Venezuela, elle a affirmé à la chaîne de télévision Televen que le "dialogue (visait) à réinstaurer la démocratie".

Dans un communiqué, le département d'Etat américain a apporté son soutien à un processus présenté comme "une occasion unique", rappelant le leitmotiv américain sur le Venezuela: "stabilisation, reprise économique et réconciliation politique", dans cet ordre.

Le président américain Donald Trump a exprimé à maintes reprises sa satisfaction à l'égard du travail de Mme Rodriguez.

Bien que les autorités américaines le nient, de nombreux observateurs estiment qu'il existe un veto américain au retour de Mme Machado.

Cette dernière, qui avait dit qu'elle ne s'opposerait pas à ce dialogue, a exprimé jeudi son soutien à la récente résolution bipartisane impulsée par le sénateur républicain Ted Cruz au Sénat américain, visant à soutenir des "élections libres et équitables au Venezuela".

"Une transition démocratique au Venezuela rétablira notre liberté et notre prospérité, tout en créant un allié vital et fiable pour la sécurité nationale des Etats-Unis et la stabilité régionale", a dit Mme Machado dans un message diffusé sur son compte X. "Le peuple vénézuélien est impatient et prêt !"

Juan Pablo Guanipa, une des figures de l'opposition et proche de Mme Machado, a exprimé sa confiance, estimant que la supervision américaine donnait de la crédibilité au processus.

"Cette fois, il existe véritablement un garant qui assure que le chavisme (doctrine du pouvoir d'inspiration socialiste du feu président Hugo Chavez, ndlr) tiendra parole", a-t-il écrit sur X, disant espérer un calendrier en vue d'élections et la libération de tous les prisonniers politiques.

Le nombre de ces derniers est estimé à près de 400 par l'ONG Foro Penal, malgré des centaines de libérations depuis janvier.

Un groupe de familles a appelé Dinorah Figuera de profiter du dialogue engagé pour obtenir une sortie de prison de leurs proches.

"Nous demandons (...) à Dinorah, à l'équipe de la table de négociation, que les prisonniers politiques ne soient pas une monnaie d'échange; nous demandons la libération immédiate de tous les prisonniers politiques", a déclaré Mayra Morales, 40 ans, sœur d'un militaire détenu, lors d'une conférence de presse.

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