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Tour de France: Pogacar Maximus au cirque de Gavarnie

Published on juillet 9, 2026 at 18:57

Le Slovène Tadej Pogacar à l'arrivée de la 6e étape du Tour de France, le 9 juillet 2026 à Gavarnie-Gèdre
Tadej Pogacar lors du protocole d'après étape du Tour de France, le 9 juillet 2026 à Gavarnie-Gèdre
Le Danois Jonas Vingegaard à l'arrivée de la 6e étape du Tour de France, le 9 juillet 2026 à Gavarnie-Gèdre
Le Slovène Tadej Pogacar à l'arrivée de la 6e étape du Tour de France, le 9 juillet 2026 à Gavarnie-Gèdre
Tour de France: Pogacar Maximus au cirque de Gavarnie

Au pied du cirque de Gavarnie, Tadej Pogacar a déjà assommé le Tour de France avec une démonstration de force, jeudi lors de la sixième étape, qui prouve une nouvelle fois que, sur un vélo, il y a lui et les autres.

Avec une seule grande étape dans les Pyrénées, comprenant certes le Tourmalet mais se terminant en pente douce jusqu'à Gavarnie-Gèdre, les organisateurs, confrontés à l'insolente supériorité du Slovène, avaient imaginé un parcours allant "crescendo" pour tenter de préserver le suspense.

Ce scénario a volé en éclats dès le premier col hors catégorie de cette 113e édition, lorsque le quadruple vainqueur du Tour s'est envolé dans le Tourmalet pour s'imposer en solitaire avec plus de deux minutes et demie d'avance sur Vingegaard et définir ce qui devrait être la réalité du Tour pour les deux prochaines semaines.

Devant il y a lui, intouchable, "un pur talent comme Michael Jordan qui fait des choses que les autres ne savent pas faire", selon Mauro Giannetti, son manager chez UAE.

Derrière, à une distance respectable, on trouve Jonas Vingegaard, deuxième de l'étape et du général, à 2 minutes 42 secondes déjà, alors qu'ils étaient encore à égalité au départ de Pau.

"Une journée difficile, pas celle que j'espérais évidemment. Mais je crois toujours en moi. Mes jambes vont aller de mieux en mieux. La bataille n'est pas finie", a réagi le Danois, dauphin de Pogacar ces deux dernières éditions et qui se dirige vers la même place.

- Le maillot jaune au tapis -

Et, à l'étage en-dessous, le reste des cadors, les Paul Seixas, Remco Evenepoel, Florian Lipowitz et Juan Ayuso, qui semblent déjà devoir se concentrer sur la dernière place du podium que convoite aussi le Mexicain Isaac del Toro, troisième de l'étape et du général.

"Face à Tadej, la tactique n'a aucune importance, il est juste au-dessus. Et Jonas a montré qu'il était le deuxième plus fort. Il faut qu'on se concentre sur la troisième place et la bataille s'annonce intense", a résumé Lipowitz, qui s'est montré plus costaud qu'Evenepoel, son co-leader chez Red Bull Bora, dans le Tourmalet, avant que le Belge ne rétablisse l'équilibre dans la descente et le final.

Vu le profil de l'étape, Pogacar a attaqué de très loin, à 44 km de l'arrivée, une habitude sur les classiques mais moins sur le Tour. La mise à mort a eu lieu juste avant l'entrée à La Mongie, à un peu plus de quatre kilomètres du sommet, devant un public chauffé à blanc.

Après la mise sur orbite de Del Toro, dernier étage de la fusée UAE qui avait commencé son travail de démolition dès le col d'Aspin, le double champion du monde a progressivement largué Vingegaard, qui naviguait lui aussi tout seul.

Trente secondes au sommet. Le double en bas de la descente technique vers Luz-Saint-Sauveur, où le porteur du maillot jaune, Torstein Traeen, est tombé lourdement avant de repartir. Et 2:37 à l'arrivée.

- Seixas à sa "place" -

"Cette victoire entre dans mon Top 5 personnel", a réagi Pogacar, qui dépassé André Darrigade avec ce 23e succès dans la Grande Boucle. "Hier, dans le bus en rentrant à l'hôtel, on était déjà complètement survoltés en parlant de l'étape d'aujourd'hui. Je me suis réveillé à 7 heures du matin et mon esprit était en ébullition. On y est allés comme si on n'avait rien à perdre. On a réussi et je suis super fier."

A l'arrivée, Lenny Martinez, 9e de l'étape, a découvert l'étendue des dégâts et résumé le sentiment ambiant. "Plus de deux minutes sur Vingegaard ? Ah ouais, ah ok... Très fort. Mais c'était prévu qu'il soit très fort. J'attends jusqu'à ce qu'il attaque pour que je puisse me caler à mon propre rythme."

Malgré un début de crampes et des maux d'estomac, le grimpeur français a réussi à accrocher le groupe de huit coureurs à se disputer la troisième place, emmené par un Evenepoel remonté comme un coucou, au point de venir se frotter contre l'épaule de Seixas en pleine montée.

Cinquième de la journée à seulement 19 ans, le Lyonnais a été formidable de courage pour revenir sur Del Toro et Lipowitz dans le Tourmalet avant que le trio ne soit rejoint par Evenepoel, Ayuso, Martinez, Mattias Skjelmose, Sepp Kuss pour former une bande qui a fait cause commune jusqu'à l'arrivée.

"Ca allait plutôt pas mal, j'ai géré ma montée, a rapporté Seixas. J'étais à ma place à la fin."

Comme tout le monde.

fby-jk/gk

© Agence France-Presse

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