Politique

Pérou : Keiko Fujimori investie avec la criminalité en ligne de mire

Published on juillet 28, 2026 at 11:57

La présidente élue de droite Keiko Fujimori à Lima le 27 juillet 2026 — Connie FRANCE / AFP
Une personne se tient à côté de photographies de victimes de crimes imputés à l'Etat péruvien, lors d’une veillée devant le Palais de Justice à Lima, le 27 juillet 2026 — Ernesto BENAVIDES / AFP
La présidente élue de droite Keiko Fujimori à Lima le 27 juillet 2026 — Connie FRANCE / AFP

La présidente élue de droite Keiko Fujimori prend ses fonctions mardi au Pérou, où elle a promis de combattre la vague de criminalité qui frappe le pays et appelé à la réconciliation, face aux critiques encore vives des défenseurs des droits humains.

Diplômée en administration aux Etats-Unis, ancienne députée, Mme Fujimori, 51 ans, avait remporté le second tour de l'élection présidentielle du 7 juin avec moins de 50.000 voix d'avance sur son rival de gauche Roberto Sanchez, après être sortie perdante des trois seconds tours précédents.

"Aucun gouvernement ne pourra faire avancer le Pérou s'il continue d'alimenter la division", avait lancé après son élection la fille de l'ex-président Alberto Fujimori (1990-2000), qui fut incarcéré pour corruption et crimes contre l'humanité commis lors de ses mandats, marqués par des disparitions et assassinats qui tourmentent encore les proches des victimes.

Certains d'entre eux étaient réunis dans une veillée lundi sur une place du centre de Lima, pour réclamer justice et rappeler leur opposition à la présidente élue. "Nous n'attendons rien de bon de sa part", a déclaré à l'AFP Marly Anzualdo, toujours à la recherche du corps de son frère Kenneth, disparu en 1993.

Keiko Fujimori a mené campagne en promettant de lutter contre la criminalité, le Pérou étant confronté à sa pire crise sécuritaire depuis des décennies, alimentée par l'installation de bandes criminelles, locales et étrangères, qui s'adonnent à de l'extorsion et à des assassinats commandités.

Issue d'une famille d'origine japonaise et surnommée "la China", la nouvelle dirigeante péruvienne entend combattre la criminalité par l'expulsion massive de migrants en situation irrégulière, la mise en place de tribunaux avec des juges anonymes et l'obligation pour les prisonniers de travailler en échange de nourriture.

Elle s'est aussi engagée à lutter contre le phénomène climatique El Niño, qui devrait être cette année l'épisode le plus intense et dévastateur depuis 1998.

Le parti fujimoriste Fuerza Popular est "profondément ancré dans la société, qui a toujours joué un rôle important dans la vie politique péruvienne, même lorsqu'il perdait les élections, grâce à sa présence ininterrompue au Congrès", explique Jeffrey Radzinsky, directeur du cabinet de conseil politique GFP.

Fuerza Popular, plus grand groupe parlementaire au Congrès sans disposer de la majorité, est critiqué pour avoir soutenu des lois d'amnistie en faveur des membres de la police et de l'armée poursuivis pour violation des droits humains lors du conflit armé interne de 1980-2000.

Des proches de victimes de la répression des manifestations contre le gouvernement de Dina Boluarte (2022-2025) lui reprochent également de protéger cette dernière face aux accusations portées contre elle au Congrès.

"Ils ont gouverné ensemble (...), et ont le sang de nos proches sur leurs mains", a déclaré Raúl Samillán, dont le frère Marco a été tué par balle lors d'une manifestation contre le gouvernement de Mme Boluarte, réprimée par l'armée en 2023.

La cérémonie d'investiture réunira plusieurs dirigeants, dont l'Argentin Javier Milei, le Chilien José Antonio Kast, le Bolivien Rodrigo Paz, l'Equatorien Daniel Noboa et l'Uruguayen Yamandu Osri.

Keiko Fujimori deviendra la neuvième présidente du pays en une décennie, succédant au président

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