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Périscolaire à Paris: le maire Emmanuel Grégoire exprime ses "profonds regrets" devant le Sénat

Published on septembre 16, 2026 at 16:46

Le maire socialiste de Paris Emmanuel Grégoire à Paris le 1er juillet 2026 — JULIEN DE ROSA / AFP
Le maire socialiste de Paris Emmanuel Gregoire à Paris le 18 mai 2026 — Kenzo TRIBOUILLARD / AFP
Le maire de Paris Emmanuel Grégoire à Paris le 18 mai 2026 — Kenzo TRIBOUILLARD / AFP
Le maire socialiste de Paris Emmanuel Grégoire à Paris le 1er juillet 2026 — JULIEN DE ROSA / AFP

Le maire PS de Paris Emmanuel Grégoire, adjoint d'Anne Hidalgo pendant 10 ans, a exprimé mercredi devant le Sénat ses "profonds regrets" sur le scandale du périscolaire, reconnaissant un "manque de transparence" par le passé.

Durant plus de deux heures d'audition par la commission d'enquête sénatoriale sur le périscolaire en France, Emmanuel Grégoire a voulu s'expliquer "avec humilité" sur son action lorsqu'il était adjoint aux ressources humaines, de 2014 à 2017, et en tant que nouvel édile de la capitale depuis mars 2026.

Lui comme sa prédécesseure, aux commandes de Paris pendant 12 ans, sont visés par des investigations pénales à la suite des plaintes de plusieurs familles de victimes, notamment pour non-assistance à personne en danger.

"Je tiens à vous dire mes plus profonds regrets. Personnels d'abord, ceux de la ville de Paris aussi, que je représente institutionnellement", a exposé dans son propos introductif M. Grégoire.

Face aux sénateurs mardi, Anne Hidalgo avait évoqué un "échec collectif" de l'ensemble des institutions, propos qui ont soulevé l'indignation chez les collectifs de parents et les élus de l'opposition.

L'actuel maire, qui a fut aussi été premier adjoint de Mme Hidalgo de 2018 à 2024, a concédé un "manque de transparence" vis-à-vis des parents car les réunions "n'étaient pas systématiques".

"Aujourd'hui, la doctrine est claire: nous communiquons auprès de toutes les familles de l'école où un agent est mis en cause", en vertu du plan d'action à 20 millions d'euros engagé en avril.

Depuis le début de l'année 2026, 195 animateurs ont été suspendus, dont 74 pour suspicions de violences sexuelles sur mineurs, selon les nouveaux chiffres qu'il a dévoilés. Au nom du "principe de précaution", l'agent mis en cause "n'est plus jamais mis en contact avec les enfants, quelles que soient les conclusions des enquêtes", ce qui peut entraîner des "contentieux administratifs", a-t-il relevé.

Sur le volet pénal, plus de 230 enquêtes sont en cours dans les écoles primaires et les crèches de la capitale.

Dès les premières alertes remontant à 2014, dans un conservatoire parisien, "la Ville a fait beaucoup de choses, même s'il faut reconnaître avec humilité ce qui a mal fonctionné", a poursuivi M. Grégoire.

Il a rappelé avoir "signé de son nom" le rapport de l'Inspection générale de la Ville" qui, en juin 2015, a émis 50 recommandations dont la moitié n'ont pas été mises en oeuvre.

"Un très grand nombre de recommandations ont été mises en oeuvre", a à l'inverse plaidé l'ancien chargé des Ressources humaines. En particulier un "plan d'action" en septembre 2015 pour renforcer "les contrôles au recrutement, la formation des agents, la détection des actes et l'amélioration du partage d'informations avec la justice".

"A aucun moment, la Ville n'a été prise en défaut de contrôle sur ses obligations légales en termes de recrutement d'animateurs", a-t-il insisté.

S'il y a eu manquements dans les signalements "il n'y a jamais eu de la part d'aucun agent de tentative de dissimulation d'une affaire de violence sexuelle. Nous n'avons pas caché de pédophiles !", a martelé M. Grégoire, s'en prenant aux accusations de Rachida Dati, son ancienne rivale aux municipales.

Il a dit "partager" l'avis d'Anne Hidalgo sur les failles des institutions, pointant "les limites légales" auxquelles les maires sont confrontés pour lutter contre les violences dans le périscolaire, qui ne sont à ses yeux "pas une spécificité parisienne".

"Oui, nous pouvons faire mieux, nous allons faire mieux et j'ai pris des mesures spectaculaires depuis que je suis maire", a-t-il fait valoir.

"M. Grégoire parle encore de faillite collective, c'est un renvoi de balle sans fin qui nourrit le sentiment d'abandon", a réagi auprès de l'AFP Agnès Evren (LR), rapporteure de la commission d'enquête. "Il n'a pas été précis sur sa part de responsabilité, alors que le signalement, le recrutement et le contrôle sont des compétences de la Ville", a déploré l'élue, également conseillère de Paris, qui doit rendre ses conclusions à l'automne.

"Les regrets du maire sont louables, mais rappeler uniquement qu'ils ont respecté le cadre légal n'est pas suffisant", a déploré Inès de Raguenel (LR), présidente de la mission d'information et d'évaluation (MIE) du Conseil de Paris sur le périscolaire.

"Cette audition n'a apporté aucune réponse sérieuse", a cinglé dans un communiqué le groupe de Sophia Chikirou (LFI) et Emile Meunier (Verts populaires), à l'origine de signalements à la justice mettant en cause la Ville.

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