Nouveaux bombardements russes sur l'Ukraine, une famille décimée
Une famille a été décimée dans une frappe de missile russe qui a anéanti leur maison tôt jeudi dans le centre de l'Ukraine lors de nouveaux bombardements massifs, le président Volodymyr Zelensky accusant Pyongyang d'avoir fourni ce projectile et exhortant à nouveau ses alliés à livrer plus de moyens antiaériens à Kiev.
Il s'agit du cinquième été de ce conflit déclenché en février 2022 par l'invasion russe à grande échelle de l'Ukraine, particulièrement meurtrier pour les civils, alors que la guerre se joue toujours plus dans les airs et que les négociations diplomatiques pour un cessez-le-feu sont dans l'impasse.
Dans le village de Radouchné près de Kryvyï Rig, dans la région de Dnipropetrovsk (centre), dix membres de la famille Voronov se trouvaient dans leur maison au moment d'une frappe de missile russe. Ils sont tous "présumés morts", a indiqué à l'AFP le porte-parole des services de secours Serguiï Kovtoniouk.
La mort de six membres de cette famille a déjà été confirmée et l'identification des fragments de corps trouvés dans les décombres se poursuit.
Volodymyr Zelensky a affirmé que, selon des informations préliminaires, le missile balistique ayant anéanti ce foyer était de fabrication nord-coréenne.
Dans son allocution quotidienne, il a précisé que des expertises allaient encore avoir lieu pour confirmer l'origine du projectile, tout en accusant l'alliance des "ordures moscovites" et du "régime fou de Corée du Nord" de tuer des "enfants ukrainiens".
"Artem et sa femme Olena, leurs enfants les plus jeunes âgés de sept à 17 ans et leur petit-fils d'un an et demi sont morts", a indiqué sur Facebook l'entreprise où travaillait l'une des victimes, Artem Voronov.
A Kiev, une personne a été tuée et trois autres blessées, selon les autorités locales.
Dans la nuit, une journaliste de l'AFP a entendu plusieurs explosions après le déclenchement de l'alerte aérienne dans la capitale. Quelque 56.000 personnes ont afflué dans le métro pour s'y réfugier, a rapporté la municipalité de Kiev.
"Bien sûr, j'aimerais sortir le soir, danser, aller à des rendez-vous galants, mais à la place, tu rentres du travail en te disant qu'il faut juste te préparer et filer en vitesse au métro", confie à l'AFP Galyna Doschuk, une photojournaliste de 27 ans.
"Mais c'est notre réalité, une réalité à laquelle nous devons nous habituer", ajoute-t-elle.
Les frappes russes nocturnes ont également fait un mort à Poltava (centre), et un mort et plusieurs dizaines de blessés à Lviv, grande ville de l'ouest, selon les autorités locales.
La mairie de Lviv a par ailleurs fait état de personnes ensevelies sous les décombres d'un immeuble.
Les frappes de Moscou se sont poursuivies dans la journée dans la région de Dnipropetrovsk, faisant trois morts et dix blessés selon le parquet régional.
"Cette terreur russe prouve une fois de plus que la protection contre la menace des missiles russes est la chose la plus importante", a déclaré Volodymyr Zelensky sur X. L'Ukraine, a-t-il souligné, est confrontée à "une pénurie critique de missiles de défense aérienne de la part de nos partenaires".
L'armée de l'air ukrainienne a dénombré 74 missiles, dont de nombreux balistiques plus difficiles à intercepter, et 284 drones russes, tirés dans la nuit - dont respectivement 55 et 265 ont été interceptés.
Le ministère de la Défense russe a lui affirmé avoir visé "des entreprises du complexe militaro-industriel et des centres logistiques et de télécommunications dans les villes de Kiev et Lviv", et dans d'autres régions dont celle de Dnipropetrovsk.
En Pologne, pays voisin de l'Ukraine et membre de l'Otan, les autorités ont indiqué jeudi avoir localisé dans une zone inhabitée de l'est du pays un cratère, probable lieu d'impact d'un projectile lié aux frappes menées en Ukraine dans la nuit par la Russie.
Une enquête a été ouverte par le parquet militaire pour déterminer l'origine et la nature du projectile. Mais pour le Premier ministre polonais Donald Tusk, "les fragments récupérés indiquent qu'il s'agit d'un missile russe Kh-101".
La Russie a intensifié ces dernières semaines ses frappes de missiles balistiques, que seuls certains systèmes dont les Patriot américains sont capables d'abattre.
La pénurie de missiles intercepteurs PAC-3 nécessaires à ces systèmes s'est aggravée depuis la guerre lancée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran en février, mais l'Ukraine espère pouvoir en produire sur son territoire après avoir reçu l'approbation du président américain Donald Trump début juillet.
De son côté, l'Ukraine multiplie les frappes contre des villes russes éloignées de la frontière, une campagne visant selon Kiev les infrastructures, en particulier pétrolières.
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