Nouveaux bombardements en Iran, davantage d'alliés des Etats-Unis visés
Les Etats-Unis ont bombardé l'Iran pour la sixième nuit consécutive vendredi et Téhéran les a accusés d'avoir fait des victimes en visant des infrastructures civiles, tandis que plusieurs pays alliés de Washington au Moyen-Orient ont dit avoir été ciblés par des attaques, marquant une nouvelle intensification du conflit.
L'armée américaine a affirmé, sur X, avoir attaqué dans la nuit de jeudi à vendredi "des dizaines de cibles militaires iraniennes comme des sites de surveillance côtière et de défense aérienne, des infrastructures logistiques militaires et des installations maritimes".
L'Iran, de son côté, a rapporté des bombardements sur des ponts, un port, un aéroport et une gare, l'agence officielle Irna donnant un bilan de huit morts et 20 blessés lors d'attaques contre de telles infrastructures dans la nuit. Téhéran avait affirmé plus tôt que les frappes américaines depuis le 22 juin avaient fait 38 morts et plus de 400 blessés.
"Si les Américains frappent les infrastructures de la République islamique, alors toutes les infrastructures de la région deviendront des cibles légitimes pour l'Iran", a menacé un porte-parole de l'armée iranienne, cité par la télévision d'Etat.
Les forces armées de Jordanie, du Koweït et du Qatar ont annoncé avoir fait face vendredi à l'aube à des attaques aériennes, et les sirènes d'alerte ont été déclenchées à deux reprises à Bahreïn. Un enfant a été blessé par des débris au Qatar, médiateur du conflit.
Un porte-parole de l'armée iranienne, cité par la télévision d'Etat, a affirmé que la République islamique avait visé des sites militaires américains au Koweït à l'aide de drones explosifs.
- Frappes revendiquées en Syrie et à Oman -
De leur côté, les Gardiens de la Révolution iraniens ont assuré avoir attaqué en Syrie un "centre de commandement des opérations spéciales de l'ennemi" dans la région d'Al-Tanf, frontalière de l'Irak, ainsi que des radars américains à Oman. Ces deux pays n'ont pas confirmé de telles frappes dans l'immédiat.
Huit rebelles kurdes iraniens basés dans le nord de l'Irak ont par ailleurs été tués dans une frappe attribuée par leur groupe à la République islamique.
Le président Donald Trump avait menacé dans la semaine de frapper les ponts et les centrales électriques du pays si les Iraniens ne revenaient pas à la table des négociations.
Les affrontements ont repris le 7 juillet après des attaques contre des navires dans le Golfe, imputées à l'Iran. Les frappes menées depuis sont sans précédent depuis le cessez-le-feu d'avril, minant les efforts diplomatiques pour mettre un terme durable au conflit.
- Navire touché par un "projectile" -
Déclenché le 28 février par des bombardements israélo-américains, il a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et n'en finit pas d'ébranler l'économie mondiale.
Les ministres des Affaires étrangères de la Chine et du Pakistan, ce dernier pays étant également médiateur des discussions, ont appelé vendredi les belligérants à reprendre les négociations dans le cadre du protocole d'accord signé mi-juin, qui a volé en éclats.
Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, avait auparavant prévenu qu'un accord "n'a de sens que lorsque ses clauses sont valides et appliquées".
Islamabad a aussi appelé à un "retour à la normale dans le détroit d'Ormuz", de nouveau verrouillé par l'Iran le week-end dernier. En réponse, les Etats-Unis ont rétabli leur blocus des ports iraniens.
Donald Trump "reste toujours ouvert à la diplomatie dans le même temps", a déclaré jeudi la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt. Selon elle, les Iraniens "ont fait savoir au président qu'ils veulent toujours conclure un accord. Nous leur parlons, mais, encore une fois, le président ne va pas les laisser tirer sur des navires dans le détroit sans conséquences".
Dans le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant la guerre un cinquième du pétrole et du gaz liquéfié (GNL) mondiaux, le trafic s'est raréfié.
L'agence de sécurité maritime britannique UKMTO a rapporté vendredi qu'un navire avait été touché par un "projectile non identifié" au large d'Oman près du détroit, provoquant des dégâts "mineurs" mais sans faire de victime.
Les cours du pétrole restent relativement stables malgré la situation, avec un baril de Brent autour de 85 dollars vendredi.
burx-tq/hme
© Agence France-Presse
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