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Moules, frites et politique: ambiance présidentielle à la braderie de Lille

Published on septembre 5, 2026 at 21:24

Des visiteurs à la braderie de Lille, le 5 septembre 2026 dans le Nord — Sameer Al-DOUMY / AFP
Marine Tondelier (d), cheffe de file des Ecologistes, fait un selfie avec des visiteurs à la braderie de Lille, le 5 septembre 2026 dans le Nord — Sameer Al-DOUMY / AFP
Gabriel Attal, secrétaire général de Renaissance et candidat à la présidentielle de 2027, fait un selfie avec une personne venue le saluer lors d'une visite à la braderie de Lille, le 5 septembre 2026 — Sameer Al-DOUMY / AFP
Le leader de La France insoumise et candidat à l'élection présidentielle française Jean-Luc Mélenchon tient un discours à la braderie de Lille, le 5 septembre 2025 — Sameer Al-DOUMY / AFP
Des visiteurs à la braderie de Lille, le 5 septembre 2026 dans le Nord — Sameer Al-DOUMY / AFP

Gabriel Attal venu défendre "une campagne de terrain", Marine Tondelier soutenir "l'union" de la gauche et Jean-Luc Mélenchon dérouler ses propositions sociales: les candidats à la présidentielle ont présenté samedi à la braderie de Lille leurs stratégies face au Rassemblement national.

Pour Jean-Luc Mélenchon, habitué de l'évènement, point de déambulation ou de bain de foule.

Lors d'un discours d'une heure aux allures de meeting, face à 12.000 spectateurs selon les chiffres de LFI, l'Insoumis s'est plutôt campé en défenseur du pouvoir d'achat, alors que l'économie française a évité de peu la récession au deuxième trimestre.

"Si nous gagnons cette élection, nous commencerons immédiatement à faire en sorte que tous les enfants de France mangent gratuitement à la cantine bio", a-t-il lancé au pied du beffroi de l'hôtel de ville de Lille, où LFI a réussi une belle percée aux dernières municipales en réunissant 33,7% des voix au second tour.

Le quadruple candidat à la présidentielle a également proposé le blocage des prix, des loyers ou encore l'augmentation du Smic et des "salaires intermédiaires".

Des promesses qui séduisent les militants Insoumis.

"C'est un programme qui a fait ses preuves. Il est solide, il est reconnu par les économistes et les sociologues. Il est adapté toutes les années, il est retravaillé", a loué auprès de l'AFP Hugo Laurenson, 25 ans, un ouvrier dans le ferroviaire français résidant en Belgique.

Plus tôt dans la journée et dans un autre style, Gabriel Attal s'est lancé pour sa première braderie avec son équipe de campagne entre les 5.000 stands de la plus grande brocante d'Europe, enchaînant selfies et échanges spontanés.

"Bonjour Gabriel !", "On est pour vous", lance une bradeuse, avant d'ajouter irrévérencieusement: "Vous êtes petit, hein ! Vous faites plus grand à la télé !"

Le secrétaire général de Renaissance, qui sera à une fête populaire à Toulouse dès samedi soir puis à Rouen dimanche, a revendiqué une campagne de "terrain, au contact des Français".

L'ex-Premier ministre d'Emmanuel Macron a décliné ses priorités, "écoles, salaires, frontières, intelligence artificielle", tout en s'engageant à résorber "la dette publique et la dette climatique". 

Dans son sillage, un chineur venu de la commune voisine de Loos, Christophe Vandersnickt, 59 ans, souligne "qu'il faut surtout motiver les gens à aller voter, il faut reparler au peuple et surtout ne pas refaire du Macron".

Alors qu'Edouard Philippe, autre ancien Premier ministre et candidat Horizons reste opposé à une primaire, M. Attal a estimé que "le rassemblement devra venir le moment venu, donc début 2027".

M. Attal a également taclé la position "sidérante" du Rassemblement national sur l'Ukraine, après que le parti a suggéré de "couper le robinet" à ce pays contre la Russie.

Critique partagée par Marine Tondelier, selon qui "toutes celles et ceux qui veulent nuire à la France et à l'Europe soutiennent Marine Le Pen", qui serait selon elle "leur cheval de Troie".

Pour sa 19e braderie, la cheffe de file des Ecologistes, qui s'est vu proposer une jupe verte et une vache en porcelaine par des vendeurs, s'est félicitée d'être le seul parti "bien accueilli sur tous les stands de gauche".

Pariant sur une qualification "quasi certaine" de la candidate RN Marine Le Pen au second tour, elle a souligné le besoin d'union à gauche.

Face à Mme Le Pen, "soit c'est quelqu'un de droite, soit c'est quelqu'un de gauche", et "la place ira au camp le moins divisé ou plutôt au camp le plus rassemblé", a-t-elle martelé.

La candidate, qui doit accoucher en septembre, a assuré "être là, plus que jamais, à la recherche de solutions".

Jérôme Guedj, député de l'Essonne et candidat à la primaire socialiste, était également attendu samedi aux côté du maire PS de la ville Arnaud Deslandes.

La braderie de Lille, lancée au Moyen-âge, est l'un des événements les plus emblématiques de la vie lilloise, à la fois brocante, vide-grenier, et rendez-vous festif avec de gigantesques tablées de moules-frites.

Environ 2,5 millions de visiteurs (près du double de la population de la métropole lilloise) devraient fouler les pavés des 53 kilomètres de rues réservées à la braderie dans le centre de Lille, largement piétonnisé 50 heures durant pour l'occasion.

Plus de 3.000 fonctionnaires, dont 1.800 policiers et 200 gendarmes, ainsi que 560 pompiers et 600 agents municipaux sont mobilisés pour ces deux jours de fête, a indiqué le préfet zonal Bertrand Gaume.

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