France

A Mayotte, Edouard Philippe promet de mettre fin à l'"appel d'air" de l'immigration

Published on août 21, 2026 at 21:15

Édouard Philippe (c), fondateur et président du parti Horizons, maire du Havre et candidat à l'élection présidentielle, et Ambdilwahedou Soumaila (g), maire de Mamoudzou visitent une rue commerçante de Mamoudzou, le 21 août 2026 sur l'île de Mayottte — Marine Gachet / AFP
Édouard Philippe (c), fondateur et président du parti Horizons, maire du Havre et candidat à l'élection présidentielle, et Ambdilwahedou Soumaila (g), maire de Mamoudzou visitent une rue commerçante de Mamoudzou, le 21 août 2026 sur l'île de Mayot

Demandes d'asile, droit du sol et regroupement familial suspendus, création d'un centre de retour en Afrique de l'Est: à Mayotte, Edouard Philippe, candidat Horizons à la présidentielle, a promis vendredi de mettre fin à l'"appel d'air" de l'immigration, un thème au coeur de sa campagne pour 2027.

"Si nous voulons véritablement consacrer des moyens efficaces à cette reconstruction, nous devons, et c'est un préalable, fermer les vannes de l'immigration à Mayotte", a déclaré celui qui a choisi Mayotte pour faire sa rentrée politique.

Un territoire où Marine Le Pen a obtenu 59% des suffrages au deuxième tour de l'élection présidentielle de 2022.

Il a ainsi fait de l'immigration clandestine un temps fort de son programme dans le 101e département français, en se rendant au centre de rétention administrative (CRA) à Pamandzi, dès la première matinée d'une visite de deux jours.

La question migratoire est au centre des préoccupations de ce territoire de 323.000 habitants, dont près d’un sur deux est étranger, selon l’Insee.

Un thème sur lequel M. Philippe a insisté en visitant ensuite le camp de Tsoundzou 2, où vivent plus d’un millier de demandeurs d’asile, y constatant des conditions de vie "déplorables".

"On a besoin de prendre des mesures qui permettent de faire disparaître cet appel d’air", a réaffirmé l'ancien Premier ministre à la sortie du camp.

Édouard Philippe, s’il est élu en 2027, entend résorber cette situation en créant le premier centre de retour prévu par la nouvelle réglementation européenne en Afrique de l’Est, sans pouvoir, pour l’heure, préciser sa localisation.

"Si on ne règle pas le problème de l’immigration, on ne réglera rien", a martelé l'ancien chef du gouvernement d'Emmanuel Macron.

Dans l'après-midi, le maire du Havre a rencontré à Mamoudzou différents élus locaux, majoritairement Les Républicains (LR).

En visite pour la première fois sur le territoire, il a affirmé venir en "toute humilité": "Les élus mahorais connaissent mieux Mayotte que moi, donc j'ai écouté ce qu’ils avaient à dire".

Et Edouard Philippe d'insister: la crise migratoire "déstabilise tout le fonctionnement des services publics", ce qui fait d'elle la "question première".

Il redoute par exemple que l'approvisionnement en eau, disponible au robinet un jour sur trois, ne devienne encore plus compliqué compte-tenu notamment "de l’augmentation de la population liée à l'afflux migratoire".

Même son de cloche sur l'école, avant la rentrée de 119.000 élèves lundi: elle est, dénonce-t-il, "totalement déstabilisée par l'afflux d’une population de migrants, qui doit être scolarisée".

S'il est élu, M. Philippe promet de "reprendre le contrôle" en interrompant l'enregistrement des demandes d’asile, le droit du sol, mais également les demandes de regroupement familial et "l'ensemble des éléments qui justifient (...) pour des étrangers une demande d'entrée sur le territoire mahorais".

Une prise de position qui survient dans un contexte tendu face à l'immigration comorienne et l’arrivée croissante de demandeurs d’asile venant de la région des Grands Lacs (République démocratique du Congo, Burundi, Rwanda).

Des promesses qui ont plus ou moins convaincu les élus avec qui il a échangé.

"Il y a des propositions qui vont dans le sens de ce que les Mahorais veulent entendre, maintenant il faut que ça se traduise par des faits réels", temporise le président de l’Assemblée de Mayotte, Ben Issa Ousseni (LR), qui a échangé à huis clos avec lui.

Le maire de Mamoudzou, Ambdilwahedou Soumaïla (LR), s’est montré un peu plus convaincu, la lutte contre l’immigration étant, selon lui, "le nerf de la guerre à Mayotte". Sans afficher pour autant un soutien clair à Edouard Philippe.

Samedi, le candidat Horizons consacrera sa visite aux enjeux de l'eau et de la reconstruction post-cyclone Chido, avant de poursuivre dimanche son voyage vers La Réunion.

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