Culture

Marie Paule Belle, Parisienne rebelle

Published on juillet 25, 2026 at 13:56

Marie-Paule Belle pose pour l'AFP le 15 décembre 2023 AFP PHOTO JOEL SAGET — JOEL SAGET / AFP
Marie-Paule Belle pose pour l'AFP le 15 décembre 2023 AFP PHOTO JOEL SAGET — JOEL SAGET / AFP

Une provinciale à jamais "Parisienne" grâce à ce tube des années 70 resté sa signature: avec son style gouailleur et plein d'humour, la chanteuse Marie Paule Belle, morte samedi à 80 ans, a incarné une des grandes voix féminines françaises de sa génération.

Née le 25 janvier 1946 dans l'Oise, elle grandit à Nice. Son père, médecin, exerce à domicile. "Je le vois encore", racontait-elle, "sortir de son cabinet avec son stéthoscope autour du cou et me dire +moins fort, j'écoute le cœur des gens et j'entends ton piano dedans...+".

Il faut dire qu'elle est, selon sa propre expression, "née dans un piano". Une passion qu'elle tient de sa mère, qui l'initie dès ses trois ans.

Après une maîtrise en psychologie, elle s'installe à Paris pour poursuivre ses études. Mais bifurque très vite et commence à se produire dans des cabarets, de L'Echelle de Jacob à L'Ecluse, où elle apprend le métier.

"J'ai toujours été inclassable", disait la chanteuse, toujours restée en dehors des courants et des modes.

Voix gouailleuse, petit grain de folie, elle est à la fois naturelle et fantaisiste. Manie l'ironie tendre et la poésie farceuse et connaît de premiers succès avec "Wolfgang et moi" et "Nosferatu" qu'elle chante lors de sa première apparition télévisée, en 1973, chez Philippe Bouvard.

Elle fait ensuite un tabac avec "La Parisienne" (1976), valse naïve évoquant les opérettes d'Offenbach et au refrain entêtant "Je ne suis pas parisienne / Ca me gêne, ça me gêne / Je ne suis pas dans le vent / C'est navrant, c'est navrant".

Disque d'or avec ce pastiche espiègle de la bourgeoise rive gauche qui sera sa "carte d'identité", elle enchaîne avec "Les Petits Patelins" et fait son premier Olympia.

"Pas militante dans l'âme", la chanteuse impertinente et féministe aime aussi "faire prendre conscience avec les mots".

Rebelle tranquille, on lui doit un répertoire plus grave et engagé, incluant des chansons sur l'euthanasie ou l'homosexualité avec "Celles qui aiment elles".

Si elle n'en a jamais fait un étendard, ce titre rappelle qu'elle a vécu au grand jour son histoire d'amour avec la romancière belge Françoise Mallet-Joris, membre de l'académie Goncourt, disparue en 2016.

Elles forment entre 1970 et 1981 un couple qui est un peu le pendant féminin de celui, plus tôt, entre Jean Cocteau et Jean Marais.

"Pendant des années, je n'éprouvais pas le besoin d'aborder ce sujet puisque je le vivais naturellement avec Françoise. Sans rechercher le scandale que nous créions pourtant dans une société figée", disait-elle.

L'écrivaine restera toujours sa grande complice et sa parolière avec un autre romancier, Michel Grisolia, son ami d'enfance.

Entre eux deux, a priori si dissemblables, la connexion est immédiate. Un coup de foudre amical. Serge Lama sera complice de scène, compagnon de route, ami fidèle et quasiment "un grand frère".

"J'avais l'impression qu'il lisait dans mon cœur", disait-elle de l'interprète de "Je suis malade". Elle assure la première partie de sa tournée en 1975. Ils ne se quittent plus. Il écrit plusieurs textes pour elle dont "Celle qui n'a pas le cœur à ça".

"C'était comme une amitié amoureuse. Nous n'avons jamais conclu comme diraient les Bronzés mais notre relation était très tendre".

"Je lui dois l'envie de devenir chanteuse", confie-t-elle dès ses débuts. Et Barbara, devenue son amie, voit vite en elle une héritière discrète.

"Elle m'a fait confiance, m'a offert son regard et m'a permis de me sentir légitime". Aussi, quand la chanteuse de "Dis, quand reviendras-tu ?" disparaît, Marie Paule Belle la ressuscite en disque et dans des récitals en France et à l'étranger.

Celle qui n'a jamais été une vedette fera aussi du théâtre, chez Labiche ou dans "Les Monologues du vagin".

Malgré de gros soucis de santé, elle avait continué à se produire, à plus de 75 ans, en gala. A travers des interviews, mais aussi un poème poignant en 2024, elle a évoqué ce cancer, qui a fini

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