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L'incendie de Gironde, totalement imprévisible, pourrait s'aggraver avec la chaleur

Published on juillet 26, 2026 at 17:52

Une maison ravagée par les flammes entre Lège-Cap-Ferret et Marcheprime, à l'ouest de Bordeaux, le 26 juillet 2026 — ROMAIN PERROCHEAU / AFP
Un pompier arrose de la végétation dans la zone d'un feu de forêt Blagon, à l'ouest de Bordeaux, le 26 juillet 2026 — ROMAIN PERROCHEAU / AFP
Carte montrant les zones brûlées en Gironde et dans les Landes lors de plusieurs mégafeux en 2022, et les deux incendies en cours le 24 juillet 2026, selon les données Effis du 24 juillet à 14h45 — Jean-Michel CORNU, Sylvie HUSSON / AFP
Un avion de transport militaire A400M de l'armée de l'Air et de l'Espace effectue son tout premier largage de produit retardant sur l'incendie de forêt près de Lacanau, dans le sud-ouest de la France, le 25 juillet 2026 — Abdul Saboor / AFP
Incendie de forêt à Marcheprime, à l'ouest de Bordeaux le 26 juillet 2026 — Alain JOCARD / AFP
Gironde: des pompiers venus de Paris luttent contre l'incendie monstre — Jacques-Alexandre BRUN / AFP
Des pompiers mobilisés sur un feu à Marcheprime, à l'ouest de Bordeaux, le 26 juillet 2026 — Alain JOCARD / AFP
Gujan-Mestras: un centre d'hébergement accueille des réfugiés du feu de Gironde — Witold STANIK / AFP
"Le feu poursuit sa progression" en Gironde (préfète) — Florian PLAUCHEUR / AFP
Une maison ravagée par les flammes entre Lège-Cap-Ferret et Marcheprime, à l'ouest de Bordeaux, le 26 juillet 2026 — ROMAIN PERROCHEAU / AFP

L'incendie hors norme et imprévisible qui ravage la Gironde depuis mercredi reste dimanche à une quinzaine de kilomètres de la métropole bordelaise, forçant l'évacuation sans précédent de communes entières, mais les températures élevées des prochains jours pourraient "aggraver le phénomène".

Des milliers de pompiers et militaires, impuissants face à un brasier extraordinaire comparé par un pompier à un ouragan, s'acharnent sur son périmètre pour tenter de protéger le plus de bâtiments possible et de le priver de combustible.

Les flammes ont ravagé depuis mercredi 42.000 hectares, un chiffre stable par rapport au dernier bilan mais le feu "poursuit sa progression", selon un point de la préfecture à 16h30.

Cet incendie pourrait rivaliser avec celui de 1949 (50.000 hectares ravagés) qui avait embrasé la forêt des Landes de Gascogne, le plus meurtrier jamais vu en France et le plus important depuis la Seconde guerre mondiale.

L'opération d'évacuation, qui concerne 220.000 personnes en Gironde, est aussi l'une des plus grosses de ce type jamais organisée en France à la suite d'incendies.

Le feu n'étant pas fixé, aucun retour des évacués n'est envisageable à ce stade tout comme la reprise du travail lundi dans les communes concernées, a prévenu la préfète Sophie Brocas lors d'une conférence de presse.

"A partir de mardi, hélas, les températures remontent et on va revenir dans des étiages très élevés, 38, 40 (degrés). C'est un facteur qui pourrait, j'utilise le conditionnel, qui pourrait aggraver le phénomène", a-t-elle ajouté.

L'évacuation de Bordeaux "n'est pas à l'ordre du jour", a réaffirmé à la mi-journée son maire Thomas Cazenave, mais dans les rues de la ville, Antoine Gastineau, père de deux enfants, réfléchit à "un plan de secours" pour s'éloigner des feux dont les fumées dégradent très fortement la qualité de l'air aux alentours.

Le seuil d'alerte aux particules fines a été dépassé dans quatre départements du Sud-Ouest.

D'autres sont plus rassurés: "On a les fumées, mais c'est tout (...) pas d'inquiétude, c'est un refuge", a confié à l'AFP Carole Chalel, après avoir été évacuée de Marcheprime, où des dizaines de camions de pompiers et des militaires bataillaient dans l'après-midi contre de multiples avancées du feu.

Cette commune est située à quelques kilomètres de l'A63 qui relie Bordeaux à l'Espagne, fermée sur 60 kilomètres, et des rails desservant le sud de la ville, sur lesquelles le trafic SNCF est interrompu. Les touristes ont été invités à reporter leur venue dans la région.

"Le front change en permanence de position. On ne peut pas lutter. On est comme David contre Goliath: ça veut dire qu'à un moment, on va trouver le point faible et on va le taper", explique le lieutenant-colonel Éric Brocardi, porte-parole de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers.

Face à cette virulence, les pompiers se concentrent sur la protection des habitations, en espérant qu'un point faible apparaîtra, ou que des pluies abondantes arriveront, ce qui n'est pas prévu dans les prochains jours.

"Les conditions sont certes un peu moins défavorables que ce que nous avons connu mais elles le restent", a déclaré Matthieu Jomain du service départemental d'incendie et de secours, depuis Lanton. Les troupes, bien que "fatiguées", restent "combatives".

Au total, 240 habitations ont été détruites en Gironde, selon la préfecture. Si aucune victime civile n'est à déplorer, 75 sapeurs-pompiers ont été blessés, dont dix ont dû être évacués.

"Près de 700 personnes vulnérables" ont été évacuées en urgence de "huit établissements médico-sociaux" de la région la nuit dernière, a indiqué sur X Stéphanie Rist, ministre de la Santé. Les autorités cherchent des solutions d'accueil plus durables notamment dans les Ehpad.

Le gouvernement réunira lundi en urgence les professionnels du tourisme, de l'énergie, des télécoms et des assurances pour discuter du aux départements des Landes et de la Gironde.

Une "vague de solidarité", saluée par la préfète, a permis de libérer les pompiers volontaires dans les entreprises mais aussi à des agriculteurs de prêter main-forte sur le terrain. Des supermarchés ont fait des dons aux centres d'évacués tandis que les particuliers s'organisent pour accueillir des déplacés ou leur offrir quelques victuailles.

Les pompiers bataillent aussi pour protéger des sites industriels sensibles (Poudrerie, usine de missiles, centres de recherche, fermes photovoltaïques) disséminés dans l'ouest de la région bordelaise.

Dix-huit moyens aériens sont mobilisés et l'A400M - un avion militaire transformable pour lutter contre les feux déployé pour la première fois samedi - devait être de nouveau mobilisé dans l'après-midi.

Dans les Landes, autre front majeur, l'incendie de Biscarrosse était dimanche "mieux contenu mais pas fixé", selon la préfecture, concernant désormais 3.600 hectares contre environ 3.500 la veille. Des premiers retours ont été possibles parmi les 30.000 personnes évacuées.

Dans le Var, où 2.000 personnes ont été évacuées, l'incendie est "contenu" mais "pas fixé" avec des reprises attisées par le mistral, après avoir parcouru 4.500 hectares, selon les pompiers. D'autres feux sont en cours en Corse et dans les Hautes-Alpes.

Les forêts s'enflamment d'autant plus facilement que la végétation et les sols européens sont très secs depuis des mois, une sécheresse accentuée par les canicules exceptionnelles en Europe en juin et en juillet.

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