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La canicule s'étend, 7.800 hectares déjà brûlés en huit jours

Published on juillet 8, 2026 at 20:09

Vagues de chaleur recensées en France et indicateur thermique national quotidien (au-dessus de 23,4°C), selon les données de Météo-France depuis 1947
Vue aérienne d'une zone brûlée par un incendie de forêt près de la commune de Montalba-le-Château, non loin de Perpignan, le 7 juillet 2026 dans les Pyrénées-Orientales
Une forêt calcinée par un incendie près de la commune de Carlencas-et-Levas, le 6 juillet 2026 dans l'Hérault
Les prévisions de températures de la météo sur un écran dans une rue de Villeneuve-les-Béziers, le 8 juillet 2026 dans l'Hérault
Vagues de chaleur recensées en France et indicateur thermique national quotidien (au-dessus de 23,4°C), selon les données de Météo-France depuis 1947
La canicule s'étend, 7.800 hectares déjà brûlés en huit jours

La chaleur a encore gagné du terrain mercredi, éprouvante pour la population et les pompiers aux prises avec de nombreux incendies plus précoces et dévastateurs que l'an dernier.

Environ 7.800 hectares ont brûlé en France au cours des huit premiers jours de juillet, contre un peu plus de 4.400 sur la totalité du même mois en 2025, selon les données du Système européen d'information sur les incendies de forêt (Effis) analysées par l'AFP.

Les fortes chaleurs, avec 67 départements en vigilance orange, gagnent du terrain vers le nord et l'est, et jeudi, cinq départements supplémentaires passeront en orange canicule, indique Météo-France, qui prévoit que cet "épisode caniculaire sévère et durable" se prolonge "très probablement jusqu'au week-end prochain inclus".

Mercredi après-midi, les températures ont fréquemment atteint les 38 à 41°C de l'ouest de la région Paca à la moyenne vallée du Rhône et au Languedoc-Roussillon. Il n'a jamais fait aussi chaud, tous mois confondus, à la station historique de Marseille-Marignane (Bouches-du-Rhône), qui a atteint pour la première fois les 40,5°C, tout comme à Canet-en-Roussillon (41,4°C) ou Sète (41,0°C).

- Trains annulés -

Des records pour un mois de juillet ont également été mesurés à Montpellier-aéroport (40,8°C), Istres (40,6°C) ou encore Perpignan (40,8°C). La température la plus élevée a été relevée à Moulès-et-Baucels (Hérault) avec 43°C, indique Météo-France.

Le responsable d'un accueil pour sans-abris de Montpellier constate "plus de fatigue, plus d'agacement. Les gens trouvent peu de repos, que ça soit la journée ou la nuit". "La chaleur aggrave les problématiques d'addiction, de maladies chroniques", souligne également ce responsable, sous couvert d'anonymat.

Particulièrement exposés lors des épisodes caniculaires, les livreurs de repas à domicile ne travailleront plus aux heures les plus chaudes dans les départements qui seront placés en vigilance rouge (le niveau le plus critique), ont annoncé mercredi les sociétés Uber Eats et Deliveroo à l'AFP, répondant à une demande du secteur. Aucun département n'est pour le moment concerné.

Cet épisode de chaleur intense est le troisième en moins de deux mois après celui, remarquablement précoce, de fin mai, suivi d'une vague de chaleur durant la deuxième quinzaine de juin. Signe du réchauffement climatique, plus de la moitié des 53 vagues de chaleur répertoriées depuis 1947 sont intervenues après 2010.

A nouveau, la SNCF a annulé mercredi des départs de trains, y compris de TGV, la chaleur affectant notamment les caténaires qui alimentent les trains en électricité. Un quart des départs des trains Intercités sont ainsi annulés dans l'ensemble de la France, de même qu'un tiers des liaisons Paris-Clermont, Paris-Limoges-Toulouse et la Transversale Sud (Bordeaux-Marseille).

- Usine Seveso menacée -

Sur le front des incendies, le renforcement du vent a compliqué le travail des pompiers, des Pyrénées-Orientales à la Drôme.

Un jeune pompier volontaire de 22 ans est mort mercredi en Savoie, alors qu'il combattait un feu de forêt dans un secteur à fort dénivelé.

Dans les Pyrénées-Orientales, l'incendie qui a parcouru près de 5.000 hectares ne progresse plus mais n’est pas encore fixé mercredi soir. Les six "grosses reprises" observées dans la journée ont toutes été "traitées", a fait savoir le préfet. Quinze communes restent concernées par des ordres d’évacuation et 450 pompiers sont encore mobilisés.

Dans le sud de la Drôme, où le feu a parcouru 2.500 hectares, les conditions sont également "très défavorables" avec un vent en rafales.

"On voit partout les crêtes qui brûlent", explique à l’AFP Yvan Bringard, 56 ans, un ancien secouriste en montagne joint à Die.

Dans l'Hérault, le feu de Carlencas-et-Levas, qui a parcouru 380 hectares depuis dimanche, connait "une réactivation sur tous les fronts et on est sur le qui-vive pour cet après-midi, avec la sécheresse et un vent du nord qui s'est levé et va encore se renforcer", a déclaré un porte-parole des pompiers.

D'autres incendies ont été signalés, de la Corse au Loir-et-Cher, où 400 hectares ont été détruits, un "épisode inédit" dans ce département, selon le préfet. Six pompiers et un gendarme ont été blessés.

Une centaine d'habitants de la commune de Morthomiers dans le Cher ont eux dû être évacués après qu'un incendie se soit déclaré dans l'après-midi pour se propager près du site industriel KNDS, classé Seveso seuil haut.

Le traditionnel feu d'artifice du 14 juillet a été annulé dans de nombreuses communes du nord au sud et les accès aux massifs forestiers ont été interdits ou fortement règlementés.

burs-alc-dac/cbn

© Agence France-Presse

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