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Incendies: un mort en Espagne, près de 260.000 "réfugiés du feu" évacués en France et près de Madrid

Published on juillet 25, 2026 at 19:29

Incendie en Espagne: les flammes ravagent la campagne à l'ouest de Madrid — Cesar MANSO / AFP
Plan aérien de la végétation ravagée par un incendie dans le secteur de Fresnedillas, près d'El Escorial, à 60 km au nord-ouest de Madrid, le 25 juillet 2026 — Oscar DEL POZO / AFP
Des personnes évacuées à cause des incendies sont hébergées dans un gymnase à Villaviciosa de Odon, à l'ouest de Madrid, le 25 juillet 2026 — JAVIER SORIANO / AFP
Gironde: véhicules et arbres calcinés après l'incendie progressant vers Bordeaux — Witold STANIK / AFP
Dans un hall du parc des expositions de Bordeaux qui accueille des personnes évacuées en raison des incendies, le 25 juillet 2026 à Bordeaux — ALAIN JOCARD / AFP
Photographie prise le 24 juillet 2026 par le caporal-chef Damien Rembert du SDIS33 montrant des pompiers luttant contre le feu près de Saumos et de Sainte-Hélène, au nord-ouest de Bordeaux — Handout / AFP
Des habitants observent les flammes sur les crêtes des collines tandis que les pompiers luttent contre un incendie de forêt dans la région de Cebreros, près d’Ávila, à 80 km à l’ouest de Madrid, dans la nuit du 24 juillet 2026 — Cesar MANSO / AFP
Incendie en Espagne: les flammes ravagent la campagne à l'ouest de Madrid — Cesar MANSO / AFP

Les incendies font rage samedi en France et en Espagne, avec près de 260.000 personnes évacuées près de la grande ville française de Bordeaux et dans la région de Madrid, métropole confrontée au "pire" feu de son histoire.

Une personne a péri dans un incendie près de Valence, dans l'est de l'Espagne, a annoncé la mairie de la ville de Manises. Cet incendie est distinct de ceux qui font rage à l'ouest de Madrid. Il est désormais sous contrôle, a précisé la mairie sur X.

En France, avec près de 200.000 personnes contraintes de quitter leur domicile ou lieu de vacances, il est "très probable" qu'il s'agisse de l'opération d'évacuation de civils la plus importante jamais menée dans le pays, hors conflit, selon le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.

L'armée a été appelée en renfort avec un total de 1.500 militaires qui seront mobilisés à partir de samedi soir. Pour la première fois, un avion de transport militaire A400M a été utilisé pour lutter contre le feu, grâce à un dispositif développé par son fabricant, Airbus, et pouvant larguer 20.000 litres d'eau ou de produit retardant le feu.

"Nous reconstruirons, nous réparerons et nous serons présents aussi longtemps qu’il le faudra", a assuré le président Emmanuel Macron sur X.

Les "réfugiés du feu" affluent en masse dans des centres d'accueil bondés de la région bordelaise (sud-ouest), laissant derrière eux un paysage de désolation.

"On nous a dit: +il faut évacuer+. On a vu des colonnes de fumée, comme un volcan qui allait exploser", explique Frédéric Tavitian, 70 ans, qui a trouvé refuge au parc des Expositions de Bordeaux, transformé en centre d'accueil.

Désorientés et abattus, les 5 à 6.000 "réfugiés du feu" ont dormi sur des lits de camp ou des tapis de sol, et parfois n'ont pas fermé l'œil de la nuit.

Les flammes ont déjà parcouru plus de 32.000 hectares, soit plus de trois fois la superficie de Paris, et détruit au moins 100 bâtiments et 140 maisons ont indiqué les autorités à propos du "plus gros feu de la saison" dans une région très touristique, connue dans le monde entier pour son vignoble.

La menace posée par l'incendie massif qui sévit en Gironde "reste très sérieuse", même s'il "a perdu un peu de sa virulence" grâce à la baisse des températures et à l'augmentation de l'humidité, a déclaré la préfète Sophie Brocas, en appelant à ne "pas relâcher la vigilance".

"C'est de la désolation", souffle Matthieu Plessis, 40 ans, en découvrant samedi ses poules au plumage noirci et les ruines encore fumantes de sa maison en Gironde.

Il avait quitté les lieux vendredi et sa maison, "encore là hier soir", "a brûlé dans la nuit". "C'était l'enfer, à 15H00, il faisait nuit tellement il y avait de fumée et on a vu les pompiers partir au fur et à mesure, les vents ont tourné et il n'y avait plus personne pour protéger les maisons". 

Les forêts s'enflamment d'autant plus facilement que la végétation et les sols européens sont très secs depuis des mois, une sécheresse accentuée par les canicules exceptionnelles qui ont traversé le continent en juin et en juillet et fait évaporer davantage d'eau.

C'est le changement climatique, causé principalement par la combustion continue du pétrole, du charbon et du gaz, qui rend la sécheresse actuelle plus sévère, ont conclu des climatologues du groupe World Weather Attribution dans une étude publiée jeudi.

De l'autre côté des Pyrénées, de terribles incendies font également rage en Espagne, où la priorité est de "sauver des vies", a insisté samedi le Premier ministre Pedro Sanchez.

Le préfet régional, Francisco Martín Aguirre, a souligné qu'avec l'augmentation de "l'humidité relative" et "la baisse des températures (...) il y a désormais une réelle opportunité de s'attaquer à cet incendie avec de bonnes chances de succès".

Deux feux de forêt distincts se sont rejoints vendredi pour ne plus former qu'un immense brasier, qui était sur le point de fusionner avec un autre encore dans la région voisine de Castille-et-León.

Le ciel de Madrid, d'abord couvert d'une brume de fumée brun-gris, s'est progressivement éclairci dans la journée. Les flammes déchaînées ont ravagé jusqu'à 25.000 hectares à l'ouest de cette grande capitale européenne.

Dans la région de Madrid, plus de 60.000 personnes ont désormais été évacuées, a annoncé le ministre de l'Intérieur Fernando Grande-Marlaska dans un dernier bilan à la baisse. Le précédent faisait état de 70.000 évacués.

Jacqueline Villafranca, 38 ans, originaire du Pérou, a été évacuée vendredi du village de Navalagamella avec son mari et ses deux filles de 16 ans et 2 ans vers la banlieue nord de Madrid, à Alcobendas.

"Ici, on peut respirer normalement — hier (à Navalagamella), c'était insupportable, raconte-t-elle à l'AFP. Ma fille m'a dit : +Maman, je ne peux pas ouvrir les yeux, mes yeux me brûlent+. Et puis les alertes ont commencé à retentir et j'ai évacué".

La 21e et dernière étape du Tour de France dimanche à Paris a par ailleurs été raccourcie pour soulager les services de secours mobilisés sur le front des feux.

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