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Incendies en Espagne: "La lumière au bout du tunnel", le retour des sinistrés commence

Published on juillet 28, 2026 at 21:49

Des avions de lutte contre les incendies larguent de l'eau sur un feu de forêt près du village de Cebreros, dans la province d'Ávila, en Espagne, le 27 juillet 2026 — MIGUEL RIOPA / AFP
Des bateaux fondus sont visibles au barrage de San Juan après qu'un incendie de forêt a ravagé la région, à 65 kilomètres au sud-ouest de Madrid, le 28 juillet 2026 — Miguel RIOPA / AFP
Un troupeau de moutons cherche de la nourriture sur un pâturage calciné après un incendie de forêt près de Piedralaves, à 100 kilomètres à l’ouest de Madrid, le 28 juillet 2026 — Oscar DEL POZO / AFP
Cette photo montre les dégâts causés par un incendie de forêt dans une maison calcinée à Piedralaves, à 100 kilomètres à l’ouest de Madrid, le 28 juillet 2026 — Oscar DEL POZO / AFP
Carte des foyers actifs à l'ouest de Madrid où des incendies ont débuté le 22 juillet, d'après les données d'Effis au 28 juillet à 8h GMT — Guillermo RIVAS PACHECO, Sherine ELSAYARY, Sabrina BLANCHARD / AFP
Des avions de lutte contre les incendies larguent de l'eau sur un feu de forêt près du village de Cebreros, dans la province d'Ávila, en Espagne, le 27 juillet 2026 — MIGUEL RIOPA / AFP

Si le vent menace de tourner au sud, la levée de l'ordre d'évacuation dans 13 communes donne un premier signal positif de la lutte contre les feux en Espagne, où le Premier ministre Pedro Sanchez a affirmé apercevoir "la lumière au bout du tunnel".

"Le retour des habitants à leurs domiciles peut commencer" à partir de 17H00 heure locale (15H00 GMT), a précisé à l'AFP le ministère de l'Intérieur après la publication de la levée de l'ordre d'évacuation pour 13 communes des régions de Madrid et de Castille-et-Léon touchées par les pires incendies de l'histoire du pays.

Maria Paz Bolaños, 62 ans, a retrouvé son jardin dans un lotissement à Navas del Rey. "C'est notre maison, toute notre vie, raconte-t-elle à l'AFP. Nous sommes ici depuis 50 ans et miraculeusement — ça a dû être grand-père, mon père aux cieux, qui a fait en sorte que le feu soit entré par ici et s'arrête juste là. La maison est un peu brûlée, mais pour l'instant elle va bien. C'est un miracle."

A Pelayos de la Presa, le maire Antonio Sin a expliqué à l'AFP les "priorités": "Faire revenir ceux qui sont partis, absents depuis de nombreux jours et épuisés", reloger ceux qui ont perdu leur maison, reconstruire le village.

"Nous avons été en guerre contre le feu", a raconté  M. Sin, évoquant "un incendie épouvantable, d'une brutalité extrême, un monstre qui nous a balayés".

Mais le travail titanesque des pompiers et des militaires dans des moments "très difficiles" est en train de payer, et le Premier ministre entrevoit "la lumière au bout du tunnel".

Le front le plus critique, au nord du lac artificiel de San Juan à 70 kilomètres à l'ouest de la capitale, préoccupe encore les autorités.

Une nouvelle vague de chaleur arrive en Espagne et doit durer jusqu'à au moins dimanche, selon l'Agence météorologique nationale (Aemet), qui a alerté sur des risques "extrêmes" d'incendies.

Cet incendie de la "Sierra de l'ouest", près de Madrid, qui fusionne avec le gigantesque brasier d'Ávila en Castille-et-León, est dévastateur. "La nuit, c'est un chaton endormi, mais pendant la journée, il peut se transformer en un lion redoutable", a décrit devant des journalistes Fernando Casado, maire de Robledo de Chavela.

Ce feu de forêt "le plus important" de l'histoire récente de l'Espagne, selon le gouvernement, a déjà ravagé en tout environ 77.000 hectares, a précisé M. Grande-Marlaska, soit sept fois la superficie de Paris, et 63.000 personnes ont été évacuées.

Et le vent commençait à tourner mardi, un souffle plus chaud venu du Sud. En conséquence, "tout ce qui n'aura pas pu être contenu pourrait bien compliquer à nouveau la situation", redoutait le délégué du gouvernement dans la région de Madrid, Francisco Martín Aguirre.

Sur le terrain, les arbres bordant la route entre les villages d'Aldea del Fresno et de Chapinería n'ont pas résisté à la virulence des flammes: les troncs calcinés et la végétation brûlée, recouverte de cendres, témoignaient mardi matin de la violence de l'incendie, a constaté un journaliste de l'AFP.

Seuls quelques feuilles encore vertes ont échappé au feu au milieu de paysage autrefois luxuriant, et désormais calciné.

A Chapinería, vidé de ses habitants depuis plusieurs jours, les rues étaient désertes mardi matin. La zone industrielle a été durement touché, et un garage a été complètement brûlé, la porte en tôle s'est effondrée et le toit est noirci.

Mais les habitations ont été épargnées, les flammes ont léché les clôtures grillagées des maisons, où l'herbe des jardins restait verte.

Selon le ministre de l'Intérieur, depuis le début de l'année, les incendies ont déjà réduit en cendres 175.000 hectares en Espagne, pays en première ligne du réchauffement climatique.

Si les incendies des environs de Madrid n'ont pas tué, une personne est morte à Valence, et une 14e victime de l'incendie qui a touché l'Andalousie le 9 juillet a succombé mardi à ses brûlures, rappelant que l'Espagne est, selon la formule de Pedro Sanchez, en première ligne de "l'urgence climatique".

Au Portugal voisin, plusieurs incendies se sont déclarés lundi dans les régions de Santarem, Guarda, Braga et Bragança.

En France, où sévissent plusieurs feux à la fois, le retour de la chaleur et l'arrivée d'un vent plus sec font aussi craindre une aggravation de la situation. Au total, 42.000 hectares sont déjà partis en fumée dans la région de Bordeaux.

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