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IA: les sanctions du gouvernement Trump contre Anthropic annulées par une juge

Published on août 28, 2026 at 05:50

Vue du logo de la start-up Anthropic sur l'écran d'un téléphone, le 10 juin 2026 à Bruxelles — Nicolas TUCAT / AFP
Le président américain donald Trump quitte l'avion présidentiel, le 27 août 2026 à Houston aux Etats-Unis — Kent NISHIMURA / AFP
Le directeur général d'Anthropic, Dario Amodei, rencontre le président de la République Emmanuel Macron, le 19 février 2026 à New Delhi — Ludovic MARIN / AFP
Vue du logo de la start-up Anthropic sur l'écran d'un téléphone, le 10 juin 2026 à Bruxelles — Nicolas TUCAT / AFP

Une juge fédérale de Californie a déclaré jeudi illégales les sanctions prises en février par l'administration Trump contre la start-up d'intelligence artificielle (IA) Anthropic, les jugeant motivées politiquement et non par des risques supposés.

Cette décision ne concerne cependant qu'une des deux procédures engagées par l'entreprise contre le gouvernement américain, l'autre, devant un tribunal fédéral de Washington, n'ayant pas encore été tranchée.

Elle interdit à toutes les entités de l'exécutif et ministères de rompre leurs contrats avec Anthropic, comme les y avait enjoint Donald Trump en février.

Néanmoins, la mise à l'écart de l'entreprise par le ministère de la Défense, qui avait déclenché la crise, reste en vigueur car appuyée sur un texte du code des marchés publics fédéraux non examiné en Californie mais contesté par Anthropic dans le procédure de Washington.

Le conflit avait éclaté après le refus d'Anthropic de lever certaines restrictions à l'utilisation de son modèle d'IA, Claude, pour des attaques létales entièrement autonomes ou la surveillance de masse des Américains.

Donald Trump avait alors fustigé une entreprise de "la gauche radicale" et "hors de contrôle".

Outre l'annulation de tous ses contrats, le ministère de la Défense avait inscrit Anthropic sur la liste des entreprises présentant un "risque pour la chaîne d'approvisionnement" et la sécurité nationale, un statut jusque-là réservé à des entreprises étrangères.

Cette désignation interdisait, de fait, à tous les prestataires du Pentagone d'utiliser les produits d'Anthropic dans le cadre de leur collaboration avec le ministère.

L'épisode avait suscité l'émoi et fait craindre, un temps, pour l'avenir d'Anthropic.

La décision rend permanente la suspension provisoire des sanctions ordonnée en mars par la juge et s'applique immédiatement. Le gouvernement peut faire appel.

Sollicité par l'AFP quant à un possible appel, le ministère américain de la Justice n'a pas donné suite dans l'immédiat.

Pour la juge fédérale de San Francisco Rita Lin, les mesures visaient à "faire un exemple" d'une entreprise jugée "arrogante", et non à parer à une menace réelle.

Elle a relevé que le gouvernement avait abandonné en cours de procédure sa thèse selon laquelle Anthropic pouvait modifier après livraison ses modèles et les rendre potentiellement inopérants par l'armée.

L'administration Trump s'est contentée d'invoquer une perte de "confiance" compte tenu des critiques publiques de l'entreprise.

"L'invocation creuse de la sécurité nationale n'est pas un chèque en blanc pour punir ceux qui critiquent le gouvernement", a écrit la magistrate dans une décision de 59 pages consultée par l'AFP.

"Nous restons concentrés sur une collaboration productive avec le gouvernement pour mettre l'IA au service de notre sécurité nationale, afin que tous les Américains bénéficient de cette technologie", a déclaré un porte-parole d'Anthropic à l'AFP.

Avant même le jugement rendu jeudi, les relations entre la perle de l'IA et l'exécutif américain étaient loin d'être rompues.

Le ministère de la Défense continue de se servir des modèles d'Anthropic, les seuls habilités pour les opérations classifiées, même s'il a annoncé une transition progressive et a conclu, début mai, des accords en ce sens avec tous les grands rivaux de la start-up.

Par ailleurs, Anthropic a donné accès au gouvernement Trump à son modèle le plus avancé, Mythos, jusqu'ici proposé uniquement à une poignée d'entreprises et organisations afin de renforcer leur sécurité informatique.

Rien de l'approche du gouvernement "ne cadre avec une crainte authentique vis-à-vis d'Anthropic, qui serait un saboteur prêt à empoisonner son logiciel pour compromettre la sécurité nationale", a estimé la juge Lin.

Critiqué par certains dans la Silicon Valley et au-delà, accusé de vouloir dicter ses conditions à l'exécutif, le patron d'Anthropic, Dario Amodei, s'en est défendu mais n'est pas revenu sur sa position concernant l'emploi de sa technologie.

"Cela ne vaut pas le coup de voir les démocraties triompher si elles utilisent ces moyens", a-t-il déclaré dans une interview à l'agence Bloomberg en juin, en référence à la surveillance par un pays de sa population et le recours à des attaques mortelles décidées par l'IA.

Pour lui, la saga politique, économique et judiciaire avec le ministère de la Défense "a permis d'attirer l'attention sur ces sujets".

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