France

Fabien Roussel, reconduit à la tête du PCF et "à 85%" candidat à la présidentielle

Published on juillet 5, 2026 at 14:55

Fabien Roussel donne un discours au congrès du Parti communiste, le 3 juillet 2026 à Lille (Nord)
Fabien Roussel réagit aux résultats du premier tour de l'élection municipale de Saint-Amand-les-Eaux (Nord), le 15 mars 2026
Au congrès du PCF, Fabien Roussel fait un pas de plus vers sa candidature à la présidentielle
Fabien Roussel donne un discours au congrès du Parti communiste, le 3 juillet 2026 à Lille (Nord)
Fabien Roussel, reconduit à la tête du PCF et "à 85%" candidat à la présidentielle

Au congrès du Parti communiste, Fabien Roussel, reconduit dans ses fonctions de secrétaire national, a fait ce week-end un pas de plus vers une nouvelle candidature à la présidentielle, au grand dam de certains élus de son parti et de La France insoumise, qui lui reproche d'avoir empêché Jean-Luc Mélenchon d'accéder au second tour en 2022. 

Les enjeux étaient déjà campés et le suspense faible: Fabien Roussel a été sans surprise réélu par 70,1% des voix à la tête du PCF, qu'il dirige depuis 2018, lors d'un vote à huis clos dimanche matin. 

L'officialisation de sa candidature à l'Elysée interviendra le 6 septembre, après un vote des militants, et quelques jours avant la Fête de l'Humanité.

"J'ai exprimé le fait que j'étais disponible et candidat pour participer à cette élection et il n'y en a pas d'autre", a-t-il expliqué devant la presse dimanche à la clôture du congrès, estimant que le chemin était fait à "85%".

"Notre objectif c'est de conquérir le pouvoir, à tout le moins d'y participer", a-t-il promis à ses troupes.

Conforté dans ses ambitions nationales par sa réélection en mars à la mairie de Saint-Amand-les-Eaux (Nord), le secrétaire national du PCF a campé les contours de sa candidature à venir, à la tonalité radicale dans la pure tradition communiste.

Promettant "une nouvelle ère industrielle et agricole" (une référence à la faucille et au marteau), Fabien Roussel a rappelé sa volonté de nationaliser TotalEnergies et de "chercher l'argent" des "brigands en col blanc".

Il s'est également érigé en défenseur du "pouvoir de vivre des salariés", précisant qu'il comptait en faire "un combat de classes" et ciblant la candidature d'Edouard Philippe, qui tient un meeting dimanche et contre qui il a appelé à "faire barrage".

"Nous serons les porte-paroles de l'OLP (l'Organisation de libération de la Palestine, ndlr) pendant cette campagne", a-t-il enfin lancé, en entamant un chant "Free Palestine".

- Pas de revoyure -

En 2022, l'ancien journaliste n'a récolté que 2,28% des suffrages (environ 802.000 voix), confirmant le lent déclin national de son parti.

Un score toutefois suffisant pour s'attirer les accusations de LFI, qui lui reproche d'avoir privé Jean-Luc Mélenchon de second tour (420.000 voix le séparaient de Marine Le Pen). D'autant plus douloureux pour les Insoumis que le PCF avait soutenu leur leader aux élections de 2012 et 2017. 

Cette nouvelle candidature communiste "me déçoit", a déploré Jean-Luc Mélenchon sur France 3. 

"Qu'ai-je fait depuis (2017) qui me vaille une telle opprobre, autant de critiques ?", a-t-il lancé, reprochant à certaines voix au sein du PCF de reprendre "les arguments de nos adversaires de droite" à son encontre, notamment des accusations d'antisémitisme.

Mais pas question pour Fabien Roussel, partisan de l'affirmation communiste, de se ranger derrière celui dont il ne cesse de se démarquer.

"Si l'extrême droite augmente, ce n'est quand même pas de la faute du PCF, qui la combat depuis toujours. Au contraire, l'absence du PCF à la présidentielle renforcerait l'abstention", a indiqué vendredi dans l'Humanité l'ancien député, qui a perdu son siège à l'Assemblée après la dissolution de 2024.

"Le problème de la gauche, c'est moins sa division mais plus sa faiblesse, parce qu'elle ne pèse que 30% dans le pays", a-t-il ajouté dimanche devant la presse, après avoir appelé "au dialogue sincère et respectueux avec toutes les forces de gauche".

Ce chantre de "la France des jours heureux" met en avant une imagerie un brin nostalgique, celle du "bon vin, de la bonne viande et du bon fromage". Cela lui confère une cote de popularité qui pourrait l'aider, espère-t-il, à reconquérir une partie de la classe ouvrière qui a abandonné la gauche.

Mais cela ne suffit pas à rassurer, même au sein de son propre parti.

"Je ne pense pas que ce soit une bonne idée pour le Parti communiste de présenter un candidat", martèle ainsi le patron des députés Stéphane Peu, plus favorable à un accord avec LFI pour garantir des circonscriptions aux communistes aux prochaines législatives. 

Certains opposants internes ont tenté d'imposer une "clause de revoyure" à l'automne. Cette dernière a été rejetée samedi par les communistes.

leo/sde/mpm

© Agence France-Presse

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