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En Mongolie, les lutteurs s'entraînent dans la steppe pour la fête de Naadam

Published on juillet 9, 2026 at 07:44

Cette photo prise le 24 juin 2026 montre des lutteurs mongols posant devant une yourte traditionnelle lors d'un camp d'entraînement en vue du festival de Naadam, à 100 kilomètres d'Oulan-Bator.
Cette photo prise le 24 juin 2026 montre des lutteurs mongols exécutant une danse lors d'un camp d'entraînement en vue du festival de Naadam, en périphérie d'Oulan-Bator.
Cette photo prise le 24 juin 2026 montre des lutteurs mongols s'entraînant lors d'un camp de préparation au festival de Naadam, à 100 kilomètres d'Oulan-Bator.
Cette photo prise le 24 juin 2026 montre des lutteurs mongols posant devant une yourte traditionnelle lors d'un camp d'entraînement en vue du festival de Naadam, à 100 kilomètres d'Oulan-Bator.
En Mongolie, les lutteurs s'entraînent dans la steppe pour la fête de Naadam

Un coup de sifflet retentit et des dizaines de lutteurs imposants s'élancent à travers les prairies de Mongolie après un ballon de football, pause récréative dans leur entraînement éprouvant qui perpétue la plus ancienne tradition sportive du pays.

Ces lutteurs mongols s'entraînent à un rythme soutenu, passant des semaines à vivre et à s'exercer dans des camps situés dans la steppe mongole en vue de décrocher une victoire lors des épreuves de la compétition annuelle du Naadam à la mi-juillet. 

"La Coupe du monde de football a lieu en ce moment, alors nous avons voulu improviser quelque chose de créatif ce matin", sourit Batsuuri "Basu" Namsraijav, quadruple champion national de lutte, qui a fondé son propre camp. 

Mais dans l'ensemble "cela reste un entraînement intense", insiste-t-il auprès de l'AFP. 

Plus de 1.000 lutteurs venus de tout le pays doivent se retrouver à partir du 11 juillet pour ce tournoi de deux jours, connu familièrement sous le nom des "Trois jeux virils": lutte traditionnelle, courses de chevaux et tir à l'arc. 

Dans ce tout nouveau complexe sportif baptisé "Basu", les lutteurs passent environ un mois à vivre dans des yourtes traditionnelles et des cabanes en bois, et à s'entraîner dans l'arène couverte et la salle de sport du camp, ou sur le terrain d'entraînement extérieur. 

Le cadre "était beaucoup plus simple avant", confie Basu, 39 ans. "Aujourd'hui, nous avons un endroit où les athlètes peuvent s'entraîner correctement tout en restant proches de la nature."

L'entraînement commence dès l'aube, suivi de deux séances de combat, puis d'un déjeuner riche en calories, composé de boeuf ou de mouton, de légumes et de bols de thé au lait. 

L'accès au camp situé à environ 100 kilomètres de la capitale Oulan-Bator est très réglementé, et peu de visiteurs y sont autorisés. 

Comme les compétitions de Naadam se déroulent en plein air, Basu estime que s'entraîner dans les verdoyantes prairies mongoles prépare les lutteurs aux conditions qu'ils devront affronter.

"Comme les chevaux de course, (les lutteurs) doivent préparer chaque partie d'eux-mêmes: leur corps, leur alimentation, leur esprit", explique Basu. 

- Jeunes champions -

Contrairement à la discipline olympique de la lutte, le style traditionnel mongol ne comporte ni catégories de poids ni limites de temps, et parfois un combat peut durer près d'une heure. 

Un lutteur ne perd que lorsque n'importe quelle partie de son corps, autre que la plante des pieds, touche le sol, et il n'est pas rare que des concurrents plus légers ou plus jeunes remportent la victoire face à des adversaires bien plus costauds.

Alors que le championnat de l'an dernier a été remporté par Batmagnai Enkhtuvshin, né en 2001, de jeunes lutteurs intensifient leurs efforts pour espérer emporter le trophée.

Les camps d'entraînement, où les lutteurs plus âgés transmettent leurs techniques aux jeunes générations, restent l'un des éléments constitutifs de ce sport et continuent d'attirer de jeunes Mongols malgré l'urbanisation rapide du pays. 

Une pratique fédératrice dans l'identité mongole, même si les femmes ne sont toujours pas autorisées à lutter dans ces camps. 

Sumiyabazar Naranbaatar, un espoir de la lutte âgé de 22 ans, confie à l'AFP avoir décidé de se lancer dans ce sport après la suspension du Naadam pendant la pandémie de Covid.

"C'était très étrange. Il a une histoire si longue, et soudain, il n'y avait plus de lutte", se souvient-il.

"C'est à ce moment-là que j'ai décidé de me consacrer à la lutte. J'avais toujours voulu devenir lutteur, alors je me suis dit: pourquoi ne pas tenter ma chance?", raconte-t-il.

Alors que le soleil du soir disparaît derrière les collines, Sumiyabazar et les autres lutteurs regagnent leurs yourtes et leurs cabanes. 

Dans les derniers jours avant le Naadam, il n'y aura plus de pause football, l'entraînement se fera plus intense. 

Pour le vainqueur, la victoire apporte le respect du public et l'honneur à sa famille et à sa province. Pour la Mongolie, explique Basu, le Naadam "c'est nos Jeux olympiques nationaux".

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© Agence France-Presse

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