Santé

Ebola : flambée sans précédent en RDC avec plus de 3.500 cas

Published on juillet 31, 2026 at 23:27

Un médecin soigne un patient atteint d'Ebola au Centre de traitement Ebola de Rwampara, à Bunia, à l’est de la République démocratique du Congo, le 13 juillet 2026 — BENEDICTION MURHABAZI / AFP
Un médecin soigne un patient atteint d'Ebola au Centre de traitement Ebola de Rwampara, à Bunia, à l’est de la République démocratique du Congo, le 13 juillet 2026 — BENEDICTION MURHABAZI / AFP

Plus de 3.500 cas d'Ebola ont été recensés en quelques mois en République démocratique du Congo (RDC), soit davantage que lors de l'épidémie la plus meurtrière de l'histoire du pays entre 2018 et 2020, selon les données publiées vendredi par les autorités congolaises. 

La RDC fait face à une flambée d'Ebola dans plusieurs provinces de l'Est, une région en proie aux conflits depuis plus de 30 ans.

Ebola, qui se transmet par contact avec les fluides corporels et provoque une fièvre hémorragique, a tué plus de 15.000 personnes en Afrique au cours des 50 dernières années.

L'épidémie la plus meurtrière en RDC avait fait près de 2.300 morts pour 3.500 malades recensés entre 2018 et 2020.

Celle qui sévit actuellement, la 17e en RDC, progresse à un rythme sans précédent : en seulement deux mois et demi, 3.532 cas d'Ebola ont été confirmés dans cinq provinces du pays, dont 1.556 décès, selon les données publiées vendredi par les autorités de la RDC.

Déclarée officiellement le 15 mai, avec plusieurs semaines de retard, la flambée actuelle est causée par le variant Bundibugyo, pour lequel il n'existe jusqu'à présent ni vaccin, ni traitement. Elle frappe des régions où la présence de l'Etat est fragile et les infrastructures de santé largement démunies.

Ebola se transmet dans bien des cas lors des rites funéraires organisés par les familles des malades, et les travailleurs humanitaires déployés sur le terrain tentent, malgré une forte défiance populaire, d'organiser dans les zones infectées des enterrements respectant des mesures sanitaires strictes.

Le foyer de l'épidémie qui pourrait durer plusieurs mois, se situe en Ituri, province du Nord-Est congolais frontalière du Soudan du Sud et de l'Ouganda qui concentre près de 90% des cas, selon l'OMS.

Les organisations impliquées dans la riposte jugent les moyens largement insuffisants pour contenir l'épidémie dans cette région particulièrement troublée, où des groupes armés commettent des massacres en toute impunité.

Plus d'une trentaine de civils ont été tués ces derniers jours dans l'Ituri dans des attaques des rebelles ADF (Allied democratic forces), groupe armé qui a fait allégeance à l'Etat islamique.

Ebola est aussi présent dans quatre autres provinces, dont celles du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où les capitales provinciales et de larges pans de territoire sont contrôlés par le groupe armé antigouvernemental M23 soutenu par le Rwanda.

Le ministère de la Santé ougandais a déclaré mardi la fin de l'épidémie d'Ebola dans son pays, mais le risque y persiste, selon l'OMS.

Un vaccin présenté par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) comme "le plus prometteur" contre l'épidémie qui sévit en RDC va être développé par Hilleman Laboratories, basé à Singapour, a annoncé le groupe jeudi.

La semaine dernière, un premier volontaire a reçu la première dose d'un autre vaccin contre Bundibugyo, développé par l'université d'Oxford (Royaume-Uni), qui utilise la même technologie que le vaccin contre le Covid-19 d'AstraZeneca.

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