Culture

A Colombey, une bataille pour la maison du général de Gaulle à l'issue incertaine

Published on août 14, 2026 at 17:52

L'ancienne demeure du général de Gaulle, La Boisserie, le 05 novembre 2010 à Colombey-les-Deux-Eglises, en Haute- Marne — FRANCOIS NASCIMBENI / AFP
L'ancienne demeure du général de Gaulle, La Boisserie, le 05 novembre 2010 à Colombey-les-Deux-Eglises, en Haute- Marne — FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

Alors que l'ancienne maison du général de Gaulle à Colombey-les-deux-Eglises (Haute-Marne) fait l'objet de tractations en vue de son rachat par l'Etat ou le département, l'un de ses héritiers a récemment relancé le suspense en s'opposant publiquement à ce scénario.

"Cette demeure est familiale et doit être transmise à nos enfants, puis de génération en génération, au sein de notre propre famille", a clamé dimanche dernier sur X Pierre de Gaulle, l'un des quatre petits-fils du fondateur de la France libre sous l'Occupation, devenu chef de l'Etat par la suite.

Celui qui est connu pour ses positions pro-Kremlin a partagé en même temps un lien vers une cagnotte en ligne pour l'aider selon lui à "sauver" cette imposante résidence de campagne appelée La Boisserie.

"L'intention de Pierre de Gaulle depuis le départ, c'est de la garder, pas de la vendre", a déclaré vendredi à l'AFP Jean-Jacques Neuer, avocat de Pierre de Gaulle.

Mais il souhaite aussi que la demeure continue de rester ouverte au public, comme c'est déjà le cas actuellement, et qu'elle soit gérée "en collaboration" avec l'Etat et le département, selon M. Neuer.

La position de Pierre de Gaulle, qui possède 50% des parts du domaine, tranche toutefois avec celle exprimée jusqu'ici par les autres héritiers.

En mai sur Europe 1, son frère Yves de Gaulle, qui détient 25% comme son autre frère Jean, s'était ainsi dit favorable à un rachat par le département, estimant que La Boisserie était "de facto un musée" depuis plus de quarante ans et qu'elle appartenait "à tous les Français".

"L'Etat est intéressé pour l'acheter et le département aussi", a déclaré cette semaine à l'AFP Nicolas Lacroix, le président du département de la Haute-Marne, qui gère les lieux depuis octobre dernier après le départ de la Fondation Charles-de-Gaulle.

Le département a demandé une estimation du prix d'achat et compte soumettre une offre dès septembre, a souligné M. Lacroix, tout en disant être dans le flou concernant les dernières intentions de l'Etat.

"La famille doit se mettre d'accord, ensuite on verra", a-t-il encore souligné.

A ce dossier épineux s'en greffe un autre, celui de la procédure de classement de La Boisserie au titre des monuments historiques, lancée par l'Etat fin 2025.

A l'unisson cette fois-ci, Pierre, Yves et Jean de Gaulle se sont opposés à ce projet. Devant leur refus, un dossier de saisine du Conseil d'Etat a été préparé, en vue d'obtenir un décret de classement d'office, a indiqué fin juin le ministère de la Culture.

La Boisserie, acquise en 1934 par Charles de Gaulle et son épouse Yvonne et lieu du décès du général en 1970, attire entre 35.000 et 40.000 visiteurs chaque année.

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