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"C'est très dur" : obsèques d'une famille décimée par une frappe russe en Ukraine

Published on août 3, 2026 at 17:56

Arrivée des cercueils de cinq membres d'une même famille tués dans une frappe russe le 30 juillet 2026, avant leurs obsèques le 3 août 2026 à Kryvyi Rig, dans le centre de l'Ukraine — Serhii Okunev / AFP
Des fleurs et peluches recouvrent le cercueil d'un des membres d'une famille décimée par une frappe russe, lors des obsèques à Kryvyi Rig, dans le centre de l'Ukraine, le 3 août 2026 — Serhii Okunev / AFP
La maison détruite de la famille Voronov, lors d'une frappe russe, à Kryvyi Rig dans le centre de l'Ukraine, le 3 août 2026 — Serhii Okunev / AFP
Arrivée des cercueils de cinq membres d'une même famille tués dans une frappe russe le 30 juillet 2026, avant leurs obsèques le 3 août 2026 à Kryvyi Rig, dans le centre de l'Ukraine — Serhii Okunev / AFP

Une famille "rayée de la carte" : les obsèques de cinq membres d'une même famille tués par une frappe russe fin juillet se sont déroulées lundi à Kryvyï Rig, dans le centre de l'Ukraine, le jour même d'une nouvelle attaque de Moscou dans la région.

Selon les autorités ukrainiennes, un tir direct de missile balistique Iskander avait frappé le 30 juillet la maison où vivait cette famille nombreuse, tuant au moins deux adultes et quatre enfants. Le bilan pourrait être plus lourd car tous les restes n'ont pas encore été formellement identifiés.

Lundi, les cercueils contenant les dépouilles de cinq des défunts ont été amenés dans une petite église près de Kryvyï Rig devant une foule de plusieurs dizaines de personnes, a constaté un journaliste de l'AFP.

Cette famille "était exceptionnellement bonne, sincère, ils réagissaient toujours à toutes sortes de situations et essayaient d'aider", a raconté Oksana Stretovitch, une collègue d'Olena Voronova, l'une des personnes tuées ce jour-là.

Oksana a elle-même entendu "une puissante explosion" la nuit du drame. Elle n'arrivait pas à dormir car elle s'inquiétait pour son mari et leur unique fils, qui servent dans l'armée ukrainienne dans des zones où "la situation est difficile", a-t-elle expliqué.

"En me levant et en regardant autour de moi, ne voyant pas de flammes, j'ai quand même commencé à essayer de savoir ce qui s'était passé (...) C'est ainsi que j'ai appris cet incident. C'est très dur", a poursuivi cette femme.

Autre familier des Voronov, son fils Taras Stretovitch, un officier militaire, a aussi affirmé que "c'était une famille magnifique, une famille nombreuse, une famille de foi, qui travaillait simplement pour le bien de l'Ukraine".

Les forces russes "ont simplement rayé de la carte une grande famille, que nous pleurons profondément", a-t-il poursuivi, évoquant un désir de "vengeance encore plus grande".

Le prêtre Mykola a évoqué lui aussi une "famille respectable" et "travailleuse". Le soir de la frappe, "chez moi aussi, dans le garage, la fenêtre a été soufflée, et celle de la chambre également", a-t-il raconté.

Après l'impact du missile, la maison des Voronov "n'était plus, il ne restait qu'un terrain plat", a-t-il dit.

Plus de quatre ans après le début de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, les bombardements se poursuivent quasi quotidiennement et montent en puissance des deux côtés du front, faisant un nombre croissant de victimes civiles.

Lundi, une nouvelle attaque russe près de Kryvyï Rig a fait trois morts, dont un enfant de 8 ans, dans une station-service, selon le chef de l'administration militaire régionale, Oleksandre Ganja.

En Russie et en Crimée annexée, des frappes ukrainiennes ont quant à elle fait 11 morts lundi, dont sept tués - y compris des enfants - et une quarantaine de blessés lorsqu'un drone est tombé sur une plage russe sur la côte de la mer Noire.

En juillet, l'ONU s'inquiétait dans un rapport d'une "tendance alarmante" avec "un nombre croissant de victimes civiles, du à l'utilisation de plus en plus fréquente d'armes puissantes qui sont particulièrement meurtrières lorsqu'elles sont utilisées dans des zones urbaines densément peuplées".

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