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Cent jours après l'élection de "Bally", les Dyonisiens saluent ses débuts mais attendent des résultats

Published on juillet 5, 2026 at 12:47

Le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, à Paris le 21 juin 2026
Le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, à Paris le 21 juin 2026
Cent jours après l'élection de "Bally", les Dyonisiens saluent ses débuts mais attendent des résultats

A Saint-Denis, la popularité du nouveau maire, que beaucoup appellent simplement "Bally", ne semble pas s'essouffler 100 jours après son élection. De premières mesures et le style de l'édile LFI sont appréciés des habitants, qui ont toutefois de fortes attentes.

Au coeur du quartier Gabriel Péri, dans le square qui fait face à l'espace jeunesse rouvert en avril - l'une des promesses de Bally Bagayoko - Aminata, la trentaine, salue auprès de l'AFP "des choses qui commencent à se réaliser", et notamment l'octroi d'un kit de rentrée scolaire comprenant les fournitures de base.

"Ca nous aide", déclare cette maman d'un enfant, actuellement sans emploi, tandis qu'à quelques mètres des policiers interviennent autour du square réputé pour être un point de deal. 

Une autre maman, qui n'a pas souhaité donner son nom et critique le "côté un peu cow-boy" des policiers sous le mandat du socialiste Mathieu Hanotin, qui avait fait de la sécurité l'un de ses principaux axes de campagne, salue la réouverture de l'espace jeunesse, avec pour effet de diminuer les nuisances.

"Je me sens en sécurité quand c'est ouvert", explique l'habitante du quartier.

- "Un peu précoce" -

A quelques centaines de mètres, dans la cité Paul Langevin, Marine, 39 ans, accessoiriste, n'a "pas constaté de gros changements", si ce n'est une augmentation des feux d'artifice et une police moins visible, ce qui ne la dérange pas.

Soffian, 51 ans, père au foyer et électeur de gauche, a assisté mi-juin à l'une des réunions de quartier qu'a organisées le nouveau maire.

"C'est un peu précoce" pour juger de son action, estime-t-il, mais l'élu lui a donné l'impression de vouloir "être le plus transparent possible".

Lui reconnaissant une "forme d'honnêteté", l'homme, d'origine niçoise et qui vit à Saint-Denis depuis neuf ans, le prévient toutefois: "Il y a beaucoup d'attente et on va pousser" pour être associés aux décisions.

Logement, propreté, canicule: Bally Bagayoko a pu se frotter samedi aux attentes de ses administrés avec l'organisation de deux réunions publiques pour égrener les mesures engagées durant les 100 premiers jours.

Remboursement du forfait de transport pour les 4-11 ans, suppression des pénalités cantine, renforcement des effectifs de médiation dans les établissements scolaires, ou encore la création à venir d'une carte ouvrant le droit à des avantages pour les familles monoparentales: Bally Bagayoko a cherché à montrer qu'il agissait malgré les nombreuses attaques qu'il a subies depuis le soir de son élection.

- "Un peu moins à la télé" -

L'opération transparence a toutefois parfois viré au règlement de comptes politique dans la salle des mariages de Saint-Denis, après une campagne municipale d'une rare violence qui a laissé des traces.

Dénonçant "l'état dans lequel l'ancienne majorité socialiste nous a laissé la ville", Bally Bagayoko a justifié le report du remboursement du forfait de transport pour les adolescents par "une trajectoire budgétaire qui risque de se corser". 

Il a également insisté sur les carences de l'Etat qui, selon lui, n'assume pas ses missions et se défausse sur la ville sans octroyer de moyens supplémentaires.

Interrogées par l'AFP à l'issue de la réunion, plusieurs personnes ont jugé le maire "à l'écoute", "sincère" et "plein de bonne volonté", même si "on sait que tout ne sera pas parfait", souligne Gilda Chastaing, 77 ans.

Devant un public plutôt bienveillant, deux femmes ont toutefois bousculé un peu plus le maire.

"On aimerait le voir un peu moins à la télé et qu'il s'occupe un peu mieux de nous", a déclaré l'une d'elles tandis qu'une seconde a pointé le retour des nuisances aux abords de la gare "dès le lendemain de l'élection".

"Moi, ça me fait peur. J'ai connu tellement de problèmes dans ce quartier. La gare était pacifiée et aujourd'hui tous les vendeurs à la sauvette sont là", a alerté cette habitante du quartier depuis 1993.

Après une heure et demie d'échanges, Bally Bagayoko, a noté auprès de l'AFP que si les attentes des habitants sont fortes, personne n'a critiqué les vingt mesures présentées. Le signe, selon lui, d'une "adhésion parfaite". 

ktr/mat/mpm

© Agence France-Presse

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