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Au congrès du PCF, Fabien Roussel fait un pas de plus vers sa candidature à la présidentielle

Published on juillet 5, 2026 at 11:42

Fabien Roussel donne un discours au congrès du Parti communiste, le 3 juillet 2026 à Lille (Nord)
Fabien Roussel réagit aux résultats du premier tour de l'élection municipale de Saint-Amand-les-Eaux (Nord), le 15 mars 2026
Fabien Roussel donne un discours au congrès du Parti communiste, le 3 juillet 2026 à Lille (Nord)
Au congrès du PCF, Fabien Roussel fait un pas de plus vers sa candidature à la présidentielle

Au congrès du Parti communiste, Fabien Roussel, reconduit dans ses fonctions de secrétaire national, fait un pas de plus vers une nouvelle candidature à la présidentielle, au grand dam de certains élus de son parti et de La France insoumise, qui lui reproche toujours d'avoir empêché Jean-Luc Mélenchon d'accéder au second tour en 2022. 

Le 40e congrès du PCF s'est ouvert vendredi et se clôt dimanche, à Lille.

Les enjeux sont déjà campés et le suspense était faible: Fabien Roussel a été sans surprise réélu par 70,1% des voix à la tête du PCF lors d'un vote à huis clos dimanche matin, a indiqué le parti à l'AFP. Dans la foulée, il devrait confirmer dans la journée son intention d'être candidat à la présidentielle.

La prochaine étape aura lieu le 6 septembre, quand les militants voteront pour désigner le candidat communiste à l'Elysée. "J'ai dit que j'étais prêt, si vous le décidiez, à mener ce combat avec vous une nouvelle fois", a lancé le secrétaire national vendredi à la tribune. 

Les militants "ont exprimé un choix celui du combat plutôt que celui du retrait, celui de la bataille idéologique plutôt que de l'effacement", a-t-il ajouté, conforté dans ses ambitions nationales après sa réélection en mars à la mairie de Saint-Amand-les-Eaux (Nord).

Début juin, les militants ont voté pour le texte de la direction, face à trois alternatives. 

Ce document prévoit notamment que "les communistes considèrent avoir toute légitimité pour porter une candidature de rassemblement issue de leur rang, pour l'élection présidentielle".

Mais, sur les près de 40.000 adhérents à jour de cotisation, 24.600 ont participé au vote. Et si le texte de Fabien Roussel l'a emporté, ça n'a été qu'avec 61,4% des voix (environ 14.800 votes).

Par comparaison, lors du dernier congrès du PCF, en 2023, son orientation avait été adoptée par 81,9% des suffrages (23.900 voix).

De quoi faire dire cette semaine au coordinateur de La France insoumise Manuel Bompard que "la position très solitaire de Fabien Roussel a plutôt reculé". Et le bras droit de Jean-Luc Mélenchon de dénoncer l'"entêtement de la candidature jusqu'au-boutiste" du secrétaire national.

"Nous prenons acte de cette rupture", a renchéri samedi sur X Jean-Luc Mélenchon.

- Pas de revoyure -

En 2022, l'ancien journaliste n'a récolté que 2,28% des suffrages (environ 802.000 voix), confirmant le lent déclin national du PCF.

Un score toutefois suffisant pour s'attirer les accusations de LFI, qui lui reproche d'avoir privé Jean-Luc Mélenchon de second tour (420.000 voix le séparaient de Marine Le Pen). D'autant plus douloureux pour les Insoumis que le PCF avait soutenu leur leader aux élections de 2012 et 2017. 

Mais pas question pour Fabien Roussel, partisan de l'affirmation communiste, de se ranger derrière celui dont il ne cesse de se démarquer et qui a ravi le leadership de la gauche radicale à son parti.

"Nous ne pratiquons pas la chaise vide", a-t-il prévenu récemment dans l'Humanité.

"Si l'extrême droite augmente, ce n'est quand même pas de la faute du PCF, qui la combat depuis toujours. Au contraire, l'absence du PCF à la présidentielle renforcerait l'abstention", a ajouté l'ancien député, qui a perdu son siège à l'Assemblée après la dissolution de 2024.

Ce chantre de "la France des jours heureux" met en avant, en plus d'un programme radical, une imagerie un brin nostalgique, celle du "bon vin, de la bonne viande et du bon fromage". Cela lui confère une cote de popularité qui pourrait l'aider, espère-t-il, à reconquérir une partie de la classe ouvrière qui a abandonné la gauche.

Mais cela ne suffit pas à rassurer, même au sein de son propre parti.

"Je ne pense pas que ce soit une bonne idée pour le Parti communiste de présenter un candidat", martèle ainsi le patron des députés Stéphane Peu, plus favorable à un accord avec LFI pour garantir des circonscriptions aux communistes aux prochaines législatives. 

Certains opposants internes ont tenté d'imposer une "clause de revoyure" à l'automne. Cette dernière a été rejetée samedi par les militants.

"Pour ma part, je ne me vois pas être candidat à la présidentielle et remettre en cause ma candidature en cours de campagne", avait balayé le secrétaire national dans l'Humanité.

leo/sde/spi

© Agence France-Presse

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