Interdiction du voile: Le Pen veut "le faire de manière progressive"
Marine Le Pen a indiqué mercredi vouloir "interdire le voile" islamique "de manière progressive" si elle remporte la présidentielle, en commençant par un décret ciblant "les universités, les sorties scolaires, les fédérations sportives (et) les bâtiments publics".
"L'objectif sera d'interdire le voile et nous le ferons si les Français nous en donnent mandat", a déclaré la candidate du Rassemblement national sur LCI.
Cette mesure sera incluse dans "un référendum dont l'objectif (sera) de lutter contre les idéologies islamistes", englobant aussi "les moyens de lutter contre les financements, contre les mosquées radicales, contre les imams qui tiennent sur notre territoire des propos qui sont inadmissibles" et visant également à "interdire les Frères musulmans".
Sans préciser à quelle échéance cette consultation serait organisée, elle a assuré qu'elle étendrait l'interdiction du voile "par décret, tout de suite, juste après le vote de ce référendum, dans les universités, les sorties scolaires, les fédérations sportives, les bâtiments publics".
Une "première étape parfaitement faisable", selon elle, afin de "faire reculer le voile" dans l'espace public. "Je veux le faire de manière progressive", a-t-elle affirmé, réfutant tout dogmatisme sur la question.
"L'idéologie c'est pas moi, l'idéologie c'est le voile. C'est l'idéologie totalitaire islamiste qui fait pression sur les femmes pour qu'elles portent le voile et qui attente ainsi non seulement à leur liberté, mais à leur dignité", a-t-elle insisté.
La leader du RN a rappelé que ce référendum ne serait pas organisé immédiatement après son élection. Il viendrait après un premier référendum constitutionnel, tenu dès son arrivée à l'Elysée et destiné à permettre l'application de son programme sur l'immigration.
Cette réforme initiale pourrait toutefois être bloquée par le Conseil constitutionnel, car la loi fondamentale ne peut en théorie pas être modifiée directement par référendum - la procédure devant d'abord être validée par l'Assemblée et le Sénat.
"Le Conseil constitutionnel n'est pas un contre-pouvoir du peuple", a répliqué Mme Le Pen. "Ce n'est ni un législateur, ni un constituant, et s'il le faut je le rappellerai à (son président) Richard Ferrand", a-t-elle ajouté.
La cheffe de file de l'extrême droite a invoqué le précédent du premier président de la Ve République, Charles de Gaulle, qui avait fait instaurer l'élection du chef de l'Etat au suffrage universel, et qui "a eu raison de le faire". Selon elle, il existe donc "une jurisprudence extrêmement établie" qui joue en sa faveur, car "la Constitution, ce n'est pas à la tête du client".
Point de vue encore martelé un peu plus tard: "Si les Français décident de modifier leur Constitution, personne ne peut les empêcher de le faire. Personne n'est un contre-pouvoir au peuple, c'est ainsi que le général de Gaulle l'a voulu".
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