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Russie: des législatives sans suspense, sous le signe de la guerre en Ukraine

Published on Setembro 15, 2026 at 08:45

Une femme examine des bulletins de vote dans un bureau de vote mobile installé par les membres d'une commission électorale locale, accompagnés d'un militaire russe, à Novonikolayevka, dans la région de Donetsk, en Ukraine sous contrôle russe, le 14 septembre 2026 — STRINGER / AFP
Le bâtiment de la Duma, chambre basse du Parlement russe, à Moscou le 14 septembre 2026 — Igor IVANKO / AFP
L'opposant russe Ilya Yashin à Berlin, le 17 novembre 2024 — RALF HIRSCHBERGER / AFP
Une femme examine des bulletins de vote dans un bureau de vote mobile installé par les membres d'une commission électorale locale, accompagnés d'un militaire russe, à Novonikolayevka, dans la région de Donetsk, en Ukraine sous contrôle russe, le 14

"Courues d'avance", les législatives russes du 18 au 20 septembre devraient permettre au parti de Vladimir Poutine de garder la main à la Douma, mais le Kremlin scrutera les signes de lassitude face à la guerre en Ukraine parmi les Russes, dont certains craignent une nouvelle mobilisation.

Pour ces élections législatives, les premières depuis le début de l'offensive en Ukraine en février 2022, les Russes doivent renouveler les 450 sièges de la Chambre basse du Parlement, où le parti présidentiel Russie unie jouit d'une large majorité depuis le précédent scrutin de 2021.

Le vote doit aussi avoir lieu dans les territoires de l'est ukrainien occupés et revendiqués par Moscou.

Or, "il ne s'agit pas de savoir si Russie unie va remporter ces élections ou non", estime auprès de l'AFP le politologue russe Nikolaï Petrov du centre de réflexion New Eurasian Strategies Centre (NEST). "De ce point de vue-là, le résultat est couru d'avance".

Face à Russie unie, seules des formations soutenant à des degrés divers Vladimir Poutine et la poursuite du conflit en Ukraine - les communistes du KPRF, les nationalistes du LDPR, les conservateurs de Russie juste et les libéraux du parti des Nouvelles personnes - ont été autorisées à concourir.

La seule formation à s'opposer frontalement au conflit, Iabloko (La pomme, en russe), a d'abord été autorisée à participer au scrutin avant d'en être privée par la justice le mois dernier, dans un contexte de répression accrue de toute forme d'opposition. 

"Si l'enregistrement de Iabloko aux élections n'avait pas été annulé, j'aurais bien sûr voté pour eux", explique Ievdokia, une étudiante moscovite de 18 ans.

Sa voix ira aux Nouvelles personnes, un parti d'inspiration libérale. Voter pour ce parti qui s'oppose aux restrictions d'internet imposées par les autorités "est un moindre mal", ajoute la jeune femme.

Dans la capitale, très peu d'affiches électorales recouvrent les murs. Les seules indications qu'un vote doit avoir lieu sont ces posters des autorités qui incitent à aller aux urnes, barrés du slogan: "votre voix est la force de la Russie".

Qualifiant le scrutin d'"assez factice", un diplomate d'un pays européen pense néanmoins que le Kremlin "prend l'exercice au sérieux". Il va "s'efforcer de garantir un taux de participation élevé et l'apparence d'un fort soutien au parti du président", note pour l'AFP cet observateur qui a requis l'anonymat.

Car, et c'est là tout l'enjeu, le scrutin servira de marqueur à l'agacement de la population face à un conflit qui a fait des centaines de milliers de morts et de blessés et qui ne cesse de miner le quotidien des Russes, même de ceux qui vivent à des centaines de kilomètres de l'Ukraine.

Kiev multiplie les frappes de longue portée contre les infrastructures énergétiques et les entreprises privées, notamment les géants de l'e-commerce Wildberries et Ozon, provoquant des morts parmi la population civile, des pénuries d'essence et des milliards de roubles de dégâts matériels.

Ecartée du scrutin, l'opposition en exil a appelé tous les "Russes opposés à la guerre" à voter contre le parti de Vladimir Poutine le même jour à la même heure, le 20 septembre à midi, pour montrer leur nombre.

Autre sujet qui pèse sur ces élections: la crainte d'une nouvelle mobilisation sur le modèle de la "mobilisation partielle" de 300.000 réservistes en septembre 2022.

Depuis que le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé que cette mesure serait annoncée "à l'automne" après les législatives, son homologue russe et son entourage ont réfuté à multiple reprise ce "scénario", très impopulaire jusque dans les cercles dirigeants à Moscou.

"Ca n'en a pas l'air", juge Tatiana Stanovaïa du Centre Carnegie Russie Eurasie, interdit en Russie en tant qu'organisation "indésirable". Le pouvoir "a fait énormément d'efforts pour convaincre les Russes qu'ils n'ont pas à s'en inquiéter. Je pense donc que nous ne verrons pas de nouvelle vague de mobilisation", dit-elle à l'AFP.

En remportant les législatives, Vladimir Poutine obtiendra donc, selon Tatiana Stanovaïa, "la confirmation de sa légitimité et de celle de la guerre", à laquelle aucune initiative diplomatique n'est encore parvenue à mettre fin.

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