Faits-divers

Fin de journée chaotique au procès du violent cambriolage de Donnarumma

Published on Setembro 10, 2026 at 22:38

Le procès de trois hommes jugés pour le cambriolage en juillet 2023 du gardien de but italien Gianluigi Donnarumma s'est déroulé dans une ambiance chaotique — Damien MEYER, - / AFP
Le gardien de but italien de Manchester City, Gianluigi Donnarumma s'échauffe avant le match retour des huitièmes de finale de la Ligue des champions de l'UEFA  contre le Real Madrid, le 17 mars 2026 à  Manchester, dans le nord-ouest de l'Angleterre — Oli SCARFF / AFP
Le procès de trois hommes jugés pour le cambriolage en juillet 2023 du gardien de but italien Gianluigi Donnarumma s'est déroulé dans une ambiance chaotique — Damien MEYER, - / AFP

Des insultes fusant du box, des proches expulsés de la salle: le procès de trois hommes jugés pour le cambriolage traumatisant en juillet 2023 du gardien de but italien Gianluigi Donnarumma s'est déroulé dans une ambiance chaotique jeudi au tribunal de Paris.

Ilyas Kherbouch, alias "Ganito", 21 ans, dont le nom revient dans de multiples dossiers de séquestrations, est suspecté, avec son co-prévenu Khyan M. dit "Kiki", 22 ans, d'être le commanditaire du home jacking du joueur italien.

Les deux hommes, qui contestent avoir piloté l'opération par téléphone depuis leur cellule, ont multiplié les débordements à l'audience, jusqu'à en être expulsés.

"Pourquoi vous criez, c'est quoi votre délire ?", a lancé "Ganito" à la présidente, qui a interrompu les débats peu après 21H20, qualifiant l'audience de "catastrophique".

Le 21 juillet 2023, Gianluigi Donnarumma et sa fiancée Alessia Elefante sont brusquement réveillés et séquestrés par quatre hommes au visage dissimulé qui se sont introduits dans leur luxueux appartement du 9e étage en passant par les toits.

Dans le box, seul Moktar D., 24 ans, était présent sur les lieux du cambriolage ce jour-là, vers trois heures du matin.

Le commando de sept hommes, dont certains n'ont pas été identifiés, a raflé en quelques minutes des espèces, bijoux, montres et sacs de luxe, estimés par le portier de la sélection nationale italienne à un peu moins d'un million d'euros.

Interrogé en premier, Moktar D., posté sur le toit d'un immeuble en face de l'appartement du footballeur, s'est contenté de jouer les guetteurs, "c'est tout", explique-t-il. Sans parvenir à apercevoir les victimes depuis son perchoir, selon lui. Ligotée dans la salle de bain, la femme de Donnarumma est pourtant sûre de l'avoir vue à travers la fenêtre.

Ses réponses sont courtes, quelques mots seulement : sans doute par crainte de représailles, pris en étau dans le box par les deux commanditaires présumés du home jacking. D'autant que son ami d'enfance, impliqué dans l'affaire et menacé pour avoir été une "balance", s'est suicidé en prison.

Un policier interrompt soudain son interrogatoire, pointant Ilyas Kherbouch du doigt, connu pour son évasion rocambolesque en mars du centre pénitentiaire de Villepinte: "Il est en train d'insulter ma mère".

"Ce zigoto fait 50 kg tout mouillé, t'es un policier, arrête de faire le voyou", lui rétorque "Ganito", momentanément exclu de l'audience.

Comme allergique à l'autorité, l'homme à fines moustaches et aux cheveux bouclés avait déjà invectivé un policier avant le début de l'audience: "Va jouer avec (tes) collègues" et "laisse-moi tranquille".

Deux de ses frères dans la salle, soupçonnés de lui faire des signes, ont été priés de sortir. "Ça fait huit piges que j'ai pas vu mon frère", réagit l'un d'entre eux, bientôt entouré d'une dizaine de policiers. "Ganito" sort à nouveau de ses gonds, les insulte, ces "Rambo" qui "dehors longent les murs". "Allez ni**** vos grand-mères", répète-t-il en boucle, furieux.

Interrogé à son tour, son comparse, Khyan M., répète qu'il n'a "rien à voir dans ce dossier" et, d'ailleurs, si c'était le cas, il se "serait excusé en pleurnichant". Il est également impliqué, lui rappelle le procureur, dans les home jacking de la chanteuse Vitaa et de la journaliste Anne-Sophie Lapix.

Expulsé à son tour de l'audience en fin de soirée, ses cris résonnent à travers la porte, où on l'entend insulter la présidente en des termes fleuris.

Dans cette affaire, deux des cambrioleurs présumés, âgés de 16 et 17 ans au moment des faits, ont été déjà condamnés en juillet par le tribunal pour enfants à trois et quatre ans d'emprisonnement, dont un an avec sursis probatoire.

Le procès doit s'achever vendredi.

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