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La Norvège fait ses adieux au roi Harald V, "grand-père de la nation"

Published on Setembro 9, 2026 at 13:31

Un mémorial improvisé devant le Palais royal d'Oslo avant les funérailles du roi Harald V, le 8 septembre 2026 — Jonathan NACKSTRAND / AFP
"Merci pour tout": un portrait du défunt roi Harald V de Norvège affiché par l'Université d'Oslo, le 8 septembre 2026 — Jonathan NACKSTRAND / AFP
Un mémorial improvisé devant le Palais royal d'Oslo avant les funérailles du roi Harald V, le 8 septembre 2026 — Nicolas TUCAT / AFP
Un mémorial improvisé devant le Palais royal d'Oslo avant les funérailles du roi Harald V, le 8 septembre 2026 — Jonathan NACKSTRAND / AFP

La Norvège a observé une minute de silence mercredi lors des funérailles du roi Harald V, figure moderne et rassembleuse au milieu des scandales qui ont terni la fin de son règne.

Son fils et successeur sur le trône, Haakon VIII, ainsi que Volodymyr Zelensky, le prince William et de nombreux autres dignitaires étrangers se sont figés dans la cathédrale luthérienne d'Oslo en mémoire de Harald, mort le 28 août à l'âge de 89 ans.

La procession funéraire avait quitté le palais royal une heure plus tôt. Placée sur un affût de canon et recouverte d'un drapeau royal, la dépouille du défunt a été transportée à travers la capitale norvégienne où se pressaient des milliers d'anonymes, venus lui rendre un dernier hommage.

"Il a été roi pratiquement toute ma vie. Je me suis dit que c'était normal que je vienne aujourd'hui, puisque j'en avais la possibilité", a expliqué à l'AFP Anders Aanerud, employé municipal de 37 ans.

Haakon VIII, ses enfants, la princesse héritière Ingrid Alexandra et le prince Sverre Magnus, et sa soeur Märtha Louise, ainsi que les hautes personnalités étrangères ont suivi le cercueil à pied.

Seules la veuve de Harald, la reine Sonja, âgée de 89 ans, et la nouvelle reine Mette-Marit, convalescente depuis une greffe des poumons en juin, se sont déplacées en voiture.

Assigné à résidence en attendant son procès en appel, le fils de Mette-Marit, Marius Borg Høiby, condamné en juin pour viols et violences notamment, a aussi été autorisé à assister aux obsèques.

Au terme de l'office religieux et du survol de la cathédrale par quatre chasseurs F-35 en formation "missing man", le cercueil sera conduit jusqu'à l'église du château d'Akershus, puis descendu dans la crypte du mausolée royal, auprès des sarcophages des parents et grands-parents de Harald.

Lui-même reposera dans un sarcophage d'un coût de 1,7 million d'euros, dont l'apparence reste un secret bien gardé.

L'inhumation achevée, les drapeaux seront à nouveau hissés en haut des mâts et les cloches des églises du pays sonneront pendant une heure.

Quelque 3.000 policiers et 3.500 soldats sont mobilisés, tandis que des restrictions aériennes exceptionnelles ont été imposées.

Outre le président ukrainien et l'héritier de la couronne britannique sont notamment présents les familles royales scandinaves, les couples royaux espagnol, belge et néerlandais, le prince héritier du Japon, les présidents allemand et finlandais, ainsi que les Premiers ministres français et thaïlandais.

Monté sur le trône en 1991, Harald était, jusqu'à sa mort, le doyen des souverains en Europe. Ayant toujours exclu d'abdiquer malgré de multiples problèmes de santé, il était extrêmement populaire parmi ses concitoyens.

"Il a rendu humain ce qui était solennel", a dit le Premier ministre norvégien, Jonas Gahr Støre, dans son éloge funèbre. "Il a rendu la Norvège plus grande, en parlant d'un +nous+ norvégien où chacun a sa place."

Incarnation d'un pays ouvert et tolérant, Harald avait marqué les esprits en célébrant la diversité dans un discours en 2016.

"Les Norvégiens, ce sont des filles qui aiment les filles, des garçons qui aiment des garçons, et des garçons et des filles qui s'aiment réciproquement", avait-il dit. "Les Norvégiens croient en Dieu, Allah, l'univers et rien du tout."

Après parfois des heures d'attente, plus de 46.000 Norvégiens ont défilé ces derniers jours devant son cercueil. Devant le palais, la place s'est couverte de fleurs, de dessins, de drapeaux et de lumignons en hommage au "grand-père de la nation".

"Il était comme le grand-père bien-aimé d'une famille, qui acceptait tous ses enfants et petits-enfants, quels que soient leur apparence ou leurs convictions", a confié à l'AFP Arthur Fosheim. "Il incarnait véritablement cet esprit d'intégration et de Norvège multiculturelle", a ajouté l'étudiant.

Près de trois Norvégiens sur quatre (72%) disent soutenir la monarchie, une hausse de huit points par rapport à une enquête précédente en mai, selon un sondage réalisé après la mort du roi et publié la semaine dernière.

Le soutien à la monarchie était tombé à son plus bas en février (60%).

La famille royale était alors secouée par une série de scandales.

Mette-Marit, en particulier, était sous le feu des critiques pour ses liens passés avec le criminel sexuel américain Jeffrey Epstein et les déboires judiciaires de son fils.

Si Haakon VIII, 53 ans, est très populaire, les opinions sur la nouvelle reine, également âgée de 53 ans, restent très partagées en Norvège.

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