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En Inde, le flair des chiens associé à l'IA pour détecter les cancers

Published on Setembro 7, 2026 at 11:57

Des employés observent le comportement d'un chien lors d'un test de détection au laboratoire du site de Dognosis, le 28 juillet 2026 à Kempohalli, en périphérie de Bangalore, en Inde — Idrees MOHAMMED / AFP
Un chien beagle, équipé d'un casque et de capteurs, renifle un échantillon lors d'un test de détection au laboratoire du centre Dognosis, le 28 juillet 2026 à Kempohalli, en périphérie de Bangalore, en Inde — Idrees MOHAMMED / AFP
Un chien participe à un test de détection du cancer au laboratoire du centre Dognosis, le 28 juillet 2026 à Kempohalli, en périphérie de Bangalore, en Inde — Idrees MOHAMMED / AFP
Akash Kulgod, cofondateur de Dognosis, lors d'un entretien avec l'AFP dans les locaux de l'entreprise à Kempohalli, en périphérie de Bengaluru, le 28 juillet 2026 en Inde — Idrees MOHAMMED / AFP
Itamar Bitan, cofondateur de Dognosis, tient un chien dans ses bras dans un chenil de son établissement, le 28 juillet 2026 à Kempohalli, en périphérie de Bangalore, en Inde — Idrees MOHAMMED / AFP
Akash Kulgod (d), cofondateur de Dognosis, tient un dispositif d'interface cerveau-machine (ICM), le 28 juillet 2026 à Kempohalli, en périphérie de Bangalore, en Inde — Idrees MOHAMMED / AFP
Des employés observent le comportement d'un chien lors d'un test de détection au laboratoire du site de Dognosis, le 28 juillet 2026 à Kempohalli, en périphérie de Bangalore, en Inde — Idrees MOHAMMED / AFP

Quand elle ne gambade pas dans l'herbe de sa ferme située près de la capitale de la "tech" indienne Bangalore (sud), Chloé, une chienne de quatre ans, est entraînée à détecter le cancer à partir de l'haleine humaine.

Equipée d'un casque et d'un harnais truffés de capteurs, cette chienne croisée labrador fait partie d'un groupe de 15 canidés entraînés par une start-up qui développe un outil de dépistage peu coûteux et non invasif.

Des travaux scientifiques suggèrent que certaines maladies, dont certains cancers, Parkinson ou le Covid-19, modifient les substances chimiques et donc les odeurs émises par le corps.

Les ingénieurs de la microentreprise Dognosis ont fait le pari d'analyser, avec l'assistance de l'intelligence artificielle (IA), l'activité cérébrale, la respiration et le langage corporel des chiens quand ils reniflent un échantillon, et de convertir leurs réactions en données à des fins de détection.

"Ils sont un peu équipés comme +Iron Man+", décrit pour l'AFP, amusé, Akash Kulgod, diplômé en sciences cognitives de l'université américaine de Berkeley et cofondateur de la société.

Les chiens doivent sentir des masques de coton dans lesquels les patients ont respiré pendant une dizaine de minutes.

"En une heure, ils peuvent renifler des milliers d'échantillons", détaille M. Kulgod.

Le cancer est un enjeu majeur de santé publique en Inde, où le gouvernement estime qu'une personne sur neuf parmi son milliard et demi d'habitants risque de développer cette maladie.

De nombreux malades ne sont diagnostiqués qu'à un stade avancé, alors qu'une détection précoce accroît les chances de guérison de certains cancers.

Dognosis espère ainsi mettre au point une technologie de dépistage préliminaire, d'une fiabilité suffisante pour orienter les patients présentant une suspicion de cancer vers des tests complémentaires.

Selon une récente étude qu'elle a réalisée auprès de 1.500 patients et publiée dans le très sérieux Journal of Clinical Oncology, la technique de Dognosis s'est révélée fiable à 90% pour identifier sept types de cancers.

Plusieurs cancérologues qui ne participent pas au projet se sont montrés prudemment optimistes.

"L'étude est prometteuse, comme outil de détection initiale", estime le Dr Santhosh Kumar Devadas, chef du service d'oncologie à l'hôpital Ramaiah Memorial de Bangalore, dans le sud de l'Inde.

"Il faut désormais étendre l'étude à un groupe de participants beaucoup plus important avant de pouvoir en tirer des conclusions définitives", ajoute-t-il.

"Seul le temps permettra de déterminer si cette technologie peut être utile pour de vrais patients", confirme le Dr Neelesh Reddy, un de ses confrères exerçant dans les hôpitaux Manipal.

Le test de dépistage de Dognosis n'est pas encore autorisé à la commercialisation.

Mais la start-up, soutenue par plusieurs investisseurs dont Accel India, un des principaux fonds de capital-risque indiens, poursuit ses essais avec plusieurs institutions médicales publiques.

M. Kulgod, 26 ans, et son associé Itamar Bitan, 28 ans, espèrent une commercialisation en 2027. Dognosis deviendrait alors la troisième société au monde sur ce créneau, après des entreprises d'Allemagne et Israël.

La plupart des chiens entraînés à dépister les cancers sont des beagles, malinois ou autres croisements de chiens de berger, recueillis dans des refuges ou achetés auprès d'éleveurs.

Ils bénéficient d'un équilibre entre travail et repos, avec seulement 30 à 45 minutes d'activité quotidienne, précise M. Kulgod.

Au sein du laboratoire, les chiens reniflent des échantillons sur des plateformes équipées de distributeurs automatiques de friandises.

M. Bitan, un Israélien qui a travaillé au sein d'une unité militaire canine d'élite, explique que les animaux sont entraînés avec une méthode de conditionnement qui consiste à leur apprendre à reconnaître une "odeur particulière" contre une récompense.

Tous ont un comportement différent.

"Certains se précipitent directement vers le distributeur (...) dans l'espoir d'obtenir une récompense, d'autres se figent, d'autres grattent l'échantillon avec excitation", décrit le cofondateur de Dognosis.

"Mais tant que la machine qui apprend à reconnaître la réaction des chiens reste cohérente", ajoute-t-il, "on se moque un peu de la façon dont ils se manifestent".

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