Présidentielle: Tondelier persiste dans son appel à l'union, LFI attend un ralliement
La patronne des Ecologistes Marine Tondelier s'est faite de nouveau vendredi la passionaria de l'union de la gauche pour la présidentielle, lors de son discours aux journées d'été de son parti, alors que les Insoumis espèrent toujours un soutien des verts à Jean-Luc Mélenchon.
"Notre responsabilité est de nous mettre, chacun, au service de quelque chose de plus grand que notre propre organisation", a plaidé la candidate écologiste devant plusieurs centaines de personnes réunies à Grenoble, appelant à "un sursaut collectif de la gauche" pour éviter l'arrivée de l'extrême droite au pouvoir.
Le paysage de la gauche reste très morcelé à huit mois de la présidentielle, et fige peu à peu deux blocs irréconciliables: d'un côté le tribun insoumis Jean-Luc Mélenchon, figure de proue d'une gauche radicale et à 15% dans les sondages, de l'autre le leader socio-démocrate de Place publique Raphaël Glucksmann, probable candidat autour de 10%.
Les Insoumis craignent que le scénario de 2022 se répète et que la multiplication des candidatures à gauche prive de peu leur candidat de qualification au second tour.
"Nous sommes prêts à discuter avec Marine Tondelier mais pour que la discussion réussisse, les Écologistes doivent soutenir la candidature de Mélenchon", a déclaré devant la presse le député et cadre insoumis Paul Vannier, expliquant qu'il pourrait même y avoir "accord de gouvernement et accord législatif" entre les deux formations en cas d'accession à l'Elysée du fondateur de LFI.
Mais Marine Tondelier n'entend pas pour l'instant s'effacer.
"Chacun de nos partis détient une partie de la solution pour vaincre l'extrême droite. Et il n'est pas trop tard", a-t-elle martelé, alors que sa formation est elle-même divisée entre les soutiens d'une alliance avec LFI, ceux qui préfèrent Raphaël Glucksmann et les tenants d'une candidature autonome.
Celle qui a invité ses homologues de gauche à des réunions bilatérales pour discuter programme et stratégie, sans grand succès jusqu'à présent, assure que "les Ecologistes feront partie de la solution".
Sans citer la députée Sandrine Rousseau, qui a ouvertement pris position pour Jean-Luc Mélenchon ou le sénateur Yannick Jadot, favorable à Raphaël Glucksmann, elle a critiqué "certaines voix écologistes, à fortes capacités médiatiques".
"Je leur dis: +Ne pensons pas que tourner le dos à la possibilité de l'unité en cédant à l'injonction de devoir choisir un camp au sein d'une gauche qu'on acterait comme définitivement irréconciliable, serait une clarification". Cela entraînerait "définitivement l'éparpillement des voix", a-t-elle insisté.
Disant refuser "que le message de la gauche et de l'écologie aux Français soit réduit à des postures fratricides", elle a promis que les militants écologistes trancheront sur la stratégie à adopter pour la présidentielle.
Mais pour Yannick Jadot, "l'union de toute la gauche, chacune et chacun le sait depuis deux ans, c'est impossible".
"Continuer à faire vivre l'union, c'est une illusion. Et je dis même plus que c'est une confusion des valeurs et qu'à la fin c'est une résignation à la défaite", a-t-il insisté devant la presse, estimant que "les valeurs que défend Jean-Luc Mélenchon aujourd'hui sont incompatibles avec celles qui ont fondé l'écologie politique et sur lesquelles l'écologie politique a fait ses meilleurs scores".
Au même moment, à une heure de là, dans le département voisin de la Drôme, la présidente du groupe vert à l'Assemblée Cyrielle Chatelain était présente aux universités d'été de LFI pour participer à plusieurs débats avec des cadres insoumis comme Mathilde Panot ou Manon Aubry.
"La porte sera toujours ouverte mais nous, les Insoumis, on est un peu impatients", a lancé cette dernière à l'adresse de Cyrielle Chatelain.
"On vote ensemble à l'Assemblée nationale 82% du temps", a souligné pour sa part la cheffe des députés écolos, tout en rappelant les divergences entre les deux partis, notamment sur la question européenne - les Verts étant partisans d'une Europe fédérale et les Insoumis plus sceptiques vis-à-vis de l'UE.
"Il y a plusieurs possibilités: une candidature écologiste à la présidentielle ou rejoindre une dynamique plus large", a-t-elle ensuite expliqué devant la presse avant de s'entretenir en privé avec Jean-Luc Mélenchon - et de s'afficher avec lui devant les caméras.
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