Zelensky en Serbie pour sa première visite chez cet allié de Moscou
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a discuté samedi en Serbie, allié traditionnel de Moscou, d'énergie, de sécurité et de l'Union européenne (UE) avec son homologue Aleksandar Vucic, au moment où l'Ukraine cherche à renforcer le soutien international face à l'intensification des frappes russes.
L'Ukraine ne dispose de "quasiment aucune centrale thermique intacte" à l'approche de l'hiver, en raison de ces frappes quasi-quotidiennes, a notamment déploré M. Zelensky à l'issue de son entretien avec M. Vucic.
"Les missiles russes visent précisément à rendre la vie des Ukrainiens insupportable", a-t-il assuré lors de son premier déplacement officiel en Serbie, où il dit avoir évoqué "les défis auxquels l'Ukraine sera confrontée cet hiver".
Il a en particulier "remercié" son homologue serve "pour un dialogue constructif et pour un nouveau programme d'aide humanitaire en faveur de l'Ukraine, notamment dans les domaines de la médecine et de l'énergie".
Le déplacement de M. Zelensky, qui multiplie les voyages à l'étranger, a été précédé d'intenses bombardements russes sur Kiev et sa région dans la nuit de vendredi à samedi, faisant au moins trois morts et sept blessés.
"La nuit dernière, la Russie a tué trois personnes à Poukhivka, dans la région de Kiev, lors d'attaques de drones : un grand-père, une grand-mère et leur petit-fils", a-t-il annoncé samedi matin sur X, précisant que "le garçon n'avait que trois ans".
Après son arrivée à Belgrade vendredi soir, M. Zelensky avait dîné avec M. Vucic.
Le chef de l'Etat serbe avait indiqué sur les réseaux sociaux avoir la "conviction que cette visite (allait) contribuer au développement des relations entre la Serbie et l'Ukraine, et au renforcement de la coopération dans les domaines d'intérêt commun".
Il avait dit jeudi que leurs discussions porteraient aussi sur la coopération dans le domaine de l'énergie, alors que la Serbie, très dépendante de la Russie pour ses approvisionnements énergétiques, ne s'est jamais alignée sur les sanctions européennes contre Moscou.
Un haut responsable ukrainien avait déclaré jeudi à l'AFP, sous le couvert de l'anonymat, que l'objectif de Kiev était de "détacher les Serbes du camp de la Russie" et que ce déplacement de M. Zelensky était une "gifle pour les Russes".
Si le président ukrainien a évoqué des discussions sur des "questions de sécurité", ce sujet est très délicat.
Les services de renseignement extérieurs russes (SVR) avaient accusé en mai 2025 les entreprises d'armement serbes de vendre des munitions à l'Ukraine, via des pays tiers, "en dépit de la +neutralité+ officielle de Belgrade".
M. Vucic avait alors promis qu'il allait ordonner que les contrats ne soient pas exécutés "quand il y a un soupçon sur le destinataire final", puis assuré que la Serbie avait arrêté toutes ses exportations d'armes, de munitions et de matériel militaire.
Or, Kiev manque cruellement de munitions plus de quatre ans après le début de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, malgré des frappes qui s'amplifient des deux côtés d'une ligne de front presque immobile, faisant un nombre croissant de victimes civiles.
Mercredi, au moins 17 personnes ont été tuées dans des frappes nocturnes russes sur Kiev et sa région. Faute d'intercepteurs, la défense antiaérienne ukrainienne n'a pu abattre aucun missile.
M. Zelensky s'est rendu fin juillet à Washington pour rencontrer Donald Trump afin de tenter d'obtenir des missiles Patriot, les seuls capables d'abattre les missiles russes les plus performants.
D'après le Financial Times, ce dernier a refusé la demande du fait de la pénurie de Patriot dans les stocks américains depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.
Récemment M. Trump a cependant donné son accord à de nouvelles sanctions contre Moscou, longtemps bloquées par la Maison Blanche et votées vendredi soir par le Sénat.
Ces mesures ciblent notamment le secteur des hydrocarbures russes, y compris par des droits de douane sur les pays qui en importent comme la Chine et l'Inde.
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