Canicules, sécheresse, incendies: un plan "global" pour ne laisser aucun agriculteur "seul"
Un plan "global" pour ne laisser "aucun agriculteur seul" face aux canicules, à la sécheresse et aux incendies: le gouvernement a répondu mercredi aux alertes lancées par l'ensemble du monde agricole, qui devra toutefois attendre des estimations plus précises des pertes pour calibrer les aides.
La ministre de l'Agriculture Annie Genevard a annoncé dans un communiqué un "plan global d'accompagnement canicule – sécheresse – incendies" pour qu'aucun agriculteur ne soit "laissé seul face à cette situation".
"Ce plan comportera des mesures d'urgence en faveur de la trésorerie des exploitations, des prises en charge de cotisations sociales, des dispositifs de simplification et de dérogation, ainsi que des mesures destinées à faciliter la remise en production des exploitations les plus durement touchées", indique le ministère dans un communiqué.
Au cas par cas, sur le terrain, le ministère souhaite aussi "adapter les mesures de gestion de l'eau dans le respect du cadre fixé par le guide sécheresse et l'instruction interministérielle de 2023" afin de "concilier la préservation de la ressource en eau avec la continuité des productions agricoles".
Le ministère rappelle que 98 départements sont concernés par la sécheresse, dont 57 sont en situation de crise, avec des restrictions importantes des usages de l'eau.
Fin juillet, la Coordination rurale, deuxième syndicat agricole habitué des actions coup de poing, avait appelé les exploitants à ne pas respecter ces restrictions, galvanisée par l'adoption de la loi d'urgence agricole qui prévoit notamment d'augmenter le stockage d'eau pour l'agriculture.
"Ce n'est pas possible", avait répondu la ministre dans Ouest France.
Depuis fin juin, les agriculteurs sont touchés de plein fouet par les vagues de chaleur successives qui se sont ajoutées à un manque d'eau chronique dû à la sécheresse.
Des millions de volailles ont péri, étouffées par la chaleur, les prairies sont grillées et les vaches produisent moins de lait. La production de maïs devrait être historiquement basse tandis que la récolte de blé, déjà terminée, devrait baisser d'au moins 4%.
Les fruits et légumes souffrent particulièrement, surtout en Bretagne, grosse région maraichère peu habituée au manque d'eau qui ruinent les cultures non irriguées.
Les syndicats agricoles et interprofessions ont lancé l'alerte plusieurs fois ces dernières semaines, au fil des réunions régulières au ministère et au niveau des régions, avec les professionnels, les banques et assureurs privés ainsi que la mutualité sociale agricole (MSA).
Une cellule nationale sécheresse est activée au ministère de l'Agriculture et la ministre a demandé à chaque préfet "de désigner un référent sécheresse et de mettre en place, sans délai, une cellule départementale" afin d'établir "un diagnostic précis".
Les aides du plan "en cours de préparation" seront calibrées "sur la base notamment des remontées d'informations" des cellules au niveau des préfectures.
La FNSEA, syndicat agricole dominant a demandé début juillet un plan de soutien exceptionnel et l'inscription d'une enveloppe de crise dans le budget 2027.
La Coordination rurale a aussi appelé à une suspension des contrôles administratifs dans les fermes, au versement anticipé des aides européennes et une "dérogation pour l'agriculture française concernant les réglementations françaises et européennes contraignantes".
"Cette crise intervient dans un contexte où l'inquiétude quant à l'avenir de nos fermes est profonde. Les braises de la colère agricole qui se sont exprimées ces derniers mois ne sont pas éteintes", a prévenu mardi la Confédération paysanne dans une lettre ouverte à la ministre.
La Confédération paysanne, troisième syndicat, prône une "bifurcation agroécologique indispensable" et a appelé aux côtés d'ONG le Conseil Constitutionnel à censurer la loi d'urgence agricole, adoptée fin juillet et attendue de pied ferme par les deux autres syndicats.
Des première mesures avaient été annoncées par le gouvernement pour faciliter le versement d'acomptes par les assureurs ou faucher les jachères.
La ministre a aussi annoncé mercredi avoir saisi la Commission européenne pour que la politique agricole commune (PAC) fasse "preuve de pragmatisme".
De nombreuses aides européennes sont conditionnées à des exigences comme des obligations de couverture minimale des sols ou de rotations des cultures. La ministre souhaite un assouplissement pour permettre aux agriculteurs de toucher leurs subventions quand les conditions climatiques les ont contraints à ne pas respecter ces exigences.
Latest stories
Jornal Arte
Uma mulher visita o distrito de arte 798...
Jornal Seca
Uma placa de "Proibido Pescar" aparece no Falmer Pond, lagoa que secou, em Falmer, East Sussex...
Meio Ambiente Mais de 100 mortos por inundações e deslizamentos na Índia
Inundações e deslizamentos de terra provocados pelas chuvas de monção deixaram mais de 100 mortos desde julho na Índia, segundo dados oficiais divulgados nesta quarta-feira (5).Milhares de pessoas foram...