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Japon: les survivants du séisme face à la chaleur et à la crainte de nouvelles secousses

Published on Julho 30, 2026 at 07:56

Des éclats de verre jonchent le sol tandis que des évacués se reposent dans un centre d'hébergement aménagé à l'hôtel de ville d'Uki, dans la préfecture de Kumamoto, le 29 juillet 2026, au lendemain du séisme qui a frappé le sud-ouest du Japon — Philip FONG / AFP
Des évacués se reposent dans un centre d'hébergement à Uki, dans la préfecture de Kumamoto, le 29 juillet 2026, au lendemain du séisme qui a frappé le sud-ouest du Japon — Philip FONG / AFP
Japon : le centre commercial Aeon, gravement endommagé par le séisme — Fred Mery / AFP
Des éclats de verre jonchent le sol tandis que des évacués se reposent dans un centre d'hébergement aménagé à l'hôtel de ville d'Uki, dans la préfecture de Kumamoto, le 29 juillet 2026, au lendemain du séisme qui a frappé le sud-ouest du Japon

Le centre commercial Aeon de Kumamoto, dans le sud-ouest du Japon, venait juste de rouvrir en juin, plus solide et sûr grâce aux rénovations effectuées après des séismes en 2016, mais l'explosion déclenchée par un nouveau tremblement de terre mardi l'a laissé en ruines.

La déflagration, qui a provoqué la mort d'au moins quatre personnes, a détruit une grande partie du vaste complexe qui abritait un cinéma, une zone de restauration et des enseignes internationales de mode.

Fumihiko Matsuura, un homme d'affaires de 56 ans, a raconté à l'AFP être allé voir le dernier film "Toy Story" dans ce centre commercial il y a à peine une semaine. "J'étais juste là (...). C'est comme si j'avais échappé de justesse au danger."

Jeudi, les habitants du département de Kumamoto demeuraient en état d'alerte, deux jours après le séisme de magnitude 7,1 qui a provoqué d'importants dégâts, avec un bilan provisoire de 30 morts.

Les souvenirs des catastrophes de 2016 restent vifs. Cette année-là, un séisme de magnitude 7,3 avait frappé deux jours après une première secousse de magnitude 6,5, faisant au total 273 morts et plus de 2.800 blessés.

Après la secousse de mardi, des répliques continuent de secouer la région, plusieurs fois par heure.

"J'ai de l'eau en bouteille et d'autres provisions", a déclaré M. Matsuura. "Je vais rester inquiet et prudent pendant les prochains jours" car "vous connaissez le dicton: +jamais deux sans trois+".

Masao Mitsunaga, 57 ans, travaillait lui sur son ordinateur mardi lorsque sa maison a commencé à trembler violemment. "Je ne pouvais pas me lever. C'était nettement plus fort qu'il y a dix ans. Aucune comparaison. J'ai cru que ma maison allait s'effondrer."

Après le séisme, il a choisi de rester chez lui avec sa mère et son frère. Mais une coupure de courant dans la nuit de mercredi à jeudi a poussé la famille à rejoindre un centre d'hébergement d'urgence afin d'échapper à la chaleur accablante.

Même si les magasins de proximité restent ouverts et éclairés à Kumamoto, certains rayons de produits frais étaient déjà vides.

Plus de 22.600 foyers et installations restaient privés d'électricité jeudi matin, tandis que 84.000 ménages étaient touchés mercredi soir par des perturbations de l'approvisionnement en eau.

"L'absence de services essentiels comme l'eau et l'électricité pèse lourdement sur les habitants", a expliqué Hiroyuki Matsushima, employé d'un supermarché à Yatsushiro, l'une des zones les plus touchées.

"Avec cette chaleur, sans électricité ni climatisation, c'est très difficile", a ajouté ce père de quatre enfants âgé de 53 ans.

Le Japon possède la deuxième population la plus âgée du monde.

Avec des températures attendues à 35°C à Kumamoto jeudi et jusqu'à 38°C ce week-end, de nombreuses personnes âgées ou fragiles ont trouvé refuge dans des gymnases scolaires et des bâtiments municipaux.

Dans un centre communautaire de la ville d'Uki, des centaines de personnes âgées dormaient sur de fins matelas installés sur le sol du hall, tandis que d'autres regardaient les informations ou faisaient la queue pour obtenir un repas chaud.

"Merci à Dieu pour ces centres d'hébergement", a confié une femme âgée qui a refusé de donner son nom.

Elle avait tenté de rester chez elle puis de passer la nuit dans sa voiture, "mais il fait trop chaud et il y a trop de moustiques".

Sachi Nishiyama, 30 ans, a effectué à deux reprises mercredi un aller-retour de 30 minutes jusqu'à la mairie d'Uki pour obtenir de l'eau potable. Soucieuse de rester auprès de son chat, elle ne souhaitait pas rejoindre un centre d'hébergement avec son animal.

La nuit suivant le séisme, elle a comme de nombreux habitants préféré dormir dans sa voiture garée devant son appartement, où elle vit depuis qu'elle a quitté le logement temporaire qu'elle avait occupé pendant deux ans après la catastrophe de 2016.

"Quand ce séisme s'est produit, j'ai immédiatement su que l'épicentre était proche", a-t-elle expliqué. "Je ne pensais pas que cela pouvait se reproduire ici."

"Dans les centres, il y a des centaines de personnes autour de vous et aucune séparation. C'est très bondé et c'est épuisant d'y rester", poursuit Sachi Nishiyama.

Sa voiture lui procure un peu d'intimité et la climatisation, mais peu de confort. "Je dors mal dans la voiture. C'est épuisant."

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