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Varsovie va ériger un Mur du Souvenir pour les victimes du "génocide" imputé aux "nationalistes ukrainiens"

Published on Julho 11, 2026 at 17:20

Le Premier ministre polonais Donald Tusk, le 3 juillet 2026 à Varsovie
Le Premier ministre polonais Donald Tusk, le 3 juillet 2026 à Varsovie
Varsovie va ériger un Mur du Souvenir pour les victimes du "génocide" imputé aux "nationalistes ukrainiens"

Le Premier ministre polonais Donald Tusk a annoncé samedi qu'un Mur du Souvenir serait érigé pour honorer les victimes du "génocide" imputé par la Pologne aux "nationalistes ukrainiens", en pleine bataille mémorielle entre Varsovie et Kiev autour des massacres de civils pendant la Seconde Guerre mondiale.

"Un Mur du Souvenir sera érigé à Varsovie, avec une flamme éternelle et les noms de chaque victime retrouvée et identifiée. La République n'en oubliera aucune", a déclaré Donald Tusk dans une allocution vidéo diffusée sur ses réseaux sociaux.

La bataille mémorielle que se livrent Varsovie et Kiev depuis des décennies autour des massacres de populations commis de part et d'autre pendant la Seconde Guerre mondiale empoisonne les relations entre les deux pays.

Un contentieux délétère dans le contexte de la guerre car la Pologne, frontalière de la Russie (avec Kaliningrad) et de l'Ukraine, est l'un des principaux soutiens de Kiev. Et son territoire une voie indispensable pour l'acheminement de l'aide occidentale.

L'annonce du chef du gouvernement polonais intervient la veille du jour anniversaire du "dimanche sanglant" de 1943 lorsque des unités de l'Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA) et de l'Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN) ont assassiné des milliers de Polonais en Volhynie, dans le nord-ouest de l'Ukraine actuelle.

Selon la Pologne, entre 70.000 et 100.000 civils Polonais ont péri dans des massacres entre 1943 et 1945, tandis que les représailles auraient fait jusqu'à 12.000 victimes ukrainiennes.

"Un génocide" perpétré par des "nationalistes ukrainiens", selon M. Tusk.

A Varsovie, l'ambassadeur d'Ukraine en Pologne, Vasyl Bodnar, a déposé une gerbe à la mémoire "de toutes les victimes de la Seconde Guerre mondiale, qu'elles soient polonaises ou ukrainiennes", plaidant pour "la réconciliation" entre les deux pays, indispensable à ses yeux pour affronter "la menace russe".

Alors que les exhumations convenues entre les deux pays se poursuivent sur les charniers de Volhynie, les relations entre Varsovie et Kiev se sont brutalement tendues en mai lorsque le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accepté de donner à une unité militaire le nom de l'UPA.

Kiev a aussi rapatrié et inhumé les restes d'Andriï Melnyk, le meneur de l'un des mouvements de l'OUN, dont est issue l'UPA.

Ces deux mouvements sont avant tout perçus en Ukraine comme des mouvements ayant lutté pour l'indépendance face à l'Armée rouge et l'Union soviétique.

- 'Panser les plaies' -

En rétorsion, le président nationaliste polonais Karol Nawrocki a retiré le plus haut titre honorifique de son pays, l'ordre de l'Aigle blanc, à M. Zelensky. Lequel a renvoyé aussitôt sa médaille par la Poste.

Ancien président du Conseil européen (2014-2019), fervent soutien de Kiev face à la Russie, Donald Tusk a néanmoins rappelé samedi que le rapprochement de l'Ukraine avec l'Union européenne, et a fortiori son adhésion à l'Union, passait par un travail de mémoire.

"La mémoire et la vérité doivent nous aider à construire un avenir meilleur: sans haine et sans mépris", a-t-il dit.

"L'Europe de la paix et du respect mutuel, l'Europe réconciliée après la Seconde Guerre mondiale, a été possible grâce à la vérité et en appelant les choses par leur nom. Celui qui veut rejoindre cette communauté doit être prêt pour cette vérité".

Depuis Olyka, en Ukraine, où il participait à une cérémonie commémorative, le ministre de la Défense polonais a appelé les autorités de Kiev à "avancer ensemble" et "construire un avenir meilleur en acceptant les responsabilités du passé".

"L'amitié, c'est se dire la vérité, même la vérité difficile", a dit Wladyslaw Kosiniak-Kamysz. "Ne causez pas de peine, et ne glorifiez pas ceux qui causent de la peine et de la souffrance à vos amis (...). Je ne viens pas rouvrir les plaies, mais les panser", a-t-il ajouté.

La ville frontalière de Chelm, dans le sud-est de la Pologne, d'où partent et arrivent les trains vers Kiev, organise plusieurs événements commémoratifs ce week-end (une marche, une course à pied, un concert et une exposition) autour du site du futur Musée mémorial des victimes des massacres de Volhynie, en construction.

"Ces commémorations ne sont pas dirigées contre l'Ukraine d'aujourd'hui ni contre ses citoyens. Elles n'ont pas pour but de créer des divisions ou de l'animosité. C'est une expression de souvenir pour les victimes d'événements historiques", a souligné le maire de la ville, Jakub Banaszek.

gab/jrt/lpt

© Agence France-Presse

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