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Périscolaire à Paris : Grégoire et Hidalgo visés par des investigations

Published on September 10, 2026 at 14:59

Emmanuel Grégoire et Anne Hidalgo à Paris le 26 mars 2026 — Ludovic MARIN / AFP
Plus de 200 enquêtes sont en cours dans les écoles primaires et les crèches de la capitale, visant des personnels de ces établissements — Bertrand GUAY / AFP
Emmanuel Grégoire et Anne Hidalgo à Paris le 26 mars 2026 — Ludovic MARIN / AFP

La justice se penche sur le rôle des élus parisiens éclaboussés par le scandale du périscolaire: des investigations visant le maire PS de la capitale, Emmanuel Grégoire, et sa prédécesseure Anne Hidalgo ont été lancées, après plusieurs plaintes dénonçant leur inaction pour remédier aux violences sexuelles que des familles imputent à des animateurs.

Trois plaintes "ont été reçues et les enquêtes ont été ouvertes", a annoncé jeudi sur France Inter la procureure de la République de Paris Laure Beccuau.

"Il y a une plainte qui concerne plusieurs parents (...) et nous avons deux autres plaintes" dont "la toute première (...) déposée il y a quelques semaines par Rachida Dati", maire du 7e arrondissement de Paris.

Cette annonce de Mme Beccuau n'est "pas claire" car "elle ne permet pas de savoir quelles plaintes sont concernées par les investigations", estime toutefois auprès de l'AFP l'avocate Lise Honorine Bornes, qui a déposé fin août, au nom de familles, trois plaintes visant l'ex-maire socialiste et son ancien premier adjoint.

En juin, deux signalements avaient été adressés à la justice mettant en cause la Ville, émis par une vingtaine d'élus parisiens de la droite et du centre, dont Rachida Dati, ainsi que par le groupe co-présidé par l’Insoumise Sophia Chikirou.

Et vendredi dernier, une quinzaine de familles, dont les enfants sont scolarisés dans les 9e, 11e et 15e arrondissements, ont annoncé déposer une autre plainte contre la Ville et son édile socialiste Emmanuel Grégoire, ainsi que sa prédécesseure Anne Hidalgo (2014-2026) dont il fut l'adjoint pendant six ans.

Parmi l'ensemble de personnes visées figure aussi Patrick Bloche, qui fut en charge des affaires scolaires à l'Hôtel de Ville et premier adjoint d'Anne Hidalgo jusqu'en 2026.

Ces familles demandent à la justice d'examiner ce que ces personnes savaient des dysfonctionnements dans le périscolaire, évoquant dans leur plainte une mise en danger délibérée d'autrui, la non-assistance à personne en danger et la non-dénonciation d'infraction sur des petits, parfois âgés de deux à quatre ans.

Le lancement des investigations est "accueilli avec soulagement par les familles que j'accompagne", a réagi auprès de l'AFP Elise Le Gall, l'une des avocates de MeToo Ecole.

Elles "ont l'impression que la justice prend enfin la mesure de ce que ces familles dénoncent: des violences et une inaction qui ne pouvaient pas rester sans réponse".

"Même si le scandale est d'ampleur nationale, Mme Hidalgo estime pour sa part que ces investigations sont tout à fait souhaitables pour comprendre comment des petits parisiens ont pu être livrés à des pédocriminels", a de son côté assuré son avocat Patrick Klugman.

"Elle y apportera tout son concours, pas tant pour se défendre d'une quelconque infraction qui ne peut manifestement pas lui être reprochée", a-t-il affirmé, "mais pour permettre à la vérité d'éclore".

La veille, Anne Hidalgo avait assuré, sur France Inter, se tenir "aux côtés des familles", sans présenter d'excuses.

Sollicité par l'AFP, l'entourage d'Emmanuel Grégoire n'a pas souhaité réagir. L'ancienne maire et son successeur seront auditionnés la semaine prochaine par une commission d'enquête sénatoriale.

Depuis le début de l'année, 132 animateurs ont été suspendus par la Ville, dont 52 pour suspicions de violences sexuelles ou sexistes.

En avril, le nouveau maire a annoncé un plan à 20 millions d'euros contre les violences sexuelles dans le périscolaire. Il a aussi inauguré lundi une nouvelle formation de 100 heures pour les animateurs titulaires et contractuels.

Sur le volet pénal, plus de 200 enquêtes sont en cours dans les écoles primaires et les crèches de la capitale, visant des personnels de ces établissements. De nombreuses familles se sont indignées d'une lenteur judiciaire à leur apporter des réponses.

"On sait que notre institution judiciaire" peut être "porteuse de traumatisme accru parce que notre fonctionnement est incompris", a concédé la procureure, qui s'engage à mieux accompagner les parties civiles.

Il faut, par exemple, prendre le temps d'"expliquer" aux parents le déroulé des auditions, et ne pas se contenter de leur dire qu'"une enquête est en cours", mais leur indiquer une "temporalité" d'actes à venir.

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