Culture

L'écrivain François-Henri Désérable met le vin en roman

Published on August 19, 2026 at 07:35

L'écrivain François-Henri Désérable pose le 29 juin 2026 à Paris — Joel Saget / AFP
L'écrivain François-Henri Désérable pose le 29 juin 2026 à Paris — Joel Saget / AFP
L'écrivain François-Henri Désérable pose le 29 juin 2026 à Paris — Joel Saget / AFP

"Des romans dont le vin est le sujet principal, ça n'existait pas", affirme l'écrivain François-Henri Désérable, qui a voulu combler ce manque avec une vaste fresque sur le monde des grands crus.

Des penseurs de la Rome antique aux poètes du XIXe siècle comme Baudelaire, le vin a toujours été une source d'inspiration littéraire, essentiellement pour explorer les émotions humaines.

"Mais j'ai été étonné de découvrir qu'il n'occupait qu'une place secondaire" dans les romans, souligne François-Henri Désérable, dont "Le Palais" (Gallimard) sort jeudi en librairie.

"Il y a pourtant des essais, des BD ou des mangas formidables sur le vin, comme la série d'albums japonais +Gouttes de Dieu+", ajoute-t-il.

"Assez ignorant" de l'univers du "nectar des dieux", le romancier de 39 ans a eu l'inspiration de son roman en 2020, après le déconfinement, lors d'un périple à vélo dans la côte de Beaune, en Bourgogne.

"J'étais en léger état d'ivresse car je m'arrêtais de village en village pour prendre un verre", se souvient-il dans un entretien à l'AFP.

"Cette intuition est devenue une obsession et j'ai consacré cinq ans" à découvrir toutes les subtilités de la vinification, du cycle de la vigne ou d'un bon tonneau.

Roman d'aventure et d'apprentissage, "Le Palais" raconte le destin d'Arun Kumar, un orphelin indien qui est adopté par un couple de restaurateurs bourguignons en 1998.

"Ce gamin découvre le vin en finissant en douce les verres des clients. Et on s'aperçoit qu'il a un palais extraordinaire, un palais absolu comme d'autres peuvent avoir l'oreille absolue, et qu'il est capable de déceler dans les vins des centaines d'arômes", résume François-Henri Désérable.

Après de brillantes études d'oenologie, Arun part faire fructifier ce don dans la haute société de New York, l'une des étapes de ce roman enlevé de 400 pages.

L'auteur s'est en partie inspiré de l'histoire vraie de l'Indonésien Rudy Kurniawan, un expert en oenologie devenu faussaire de vins d'exception avant d'être condamné par la justice américaine en 2014.

Pour François-Henri Désérable, l'un des défis a été d'écrire autant "pour les amateurs éclairés de vin que pour ceux qui n'y connaissent rien". Or, il reconnaît avoir été "assez stupéfait" par "le niveau de méconnaissance du vin, notamment en France où les gens ne savent pas toujours ce qu'ils ont dans leur verre".

L'auteur salue en revanche "la passion" cultivée par les vignerons, "tellement heureux de vous faire découvrir leurs cuvées".

"Le Palais" est cité comme l'un des prétendants aux prix de l'automne, Goncourt en tête.

"Il ne faut pas compter sur moi pour médire des prix littéraires (...) Les écrivains qui publient à la rentrée et prétendent ne pas y penser sont hypocrites", estime François-Henri Désérable.

L'ancien joueur professionnel de hockey sur glace a déjà été récompensé pour "Mon maître et mon vainqueur" (Grand prix du roman de l'Académie française en 2021) et pour "L'usure du monde", récit d'un voyage en Iran (Prix Nicolas Bouvier en 2023).

Allant chercher l'inspiration sur le terrain, François-Henri Désérable passe environ "quatre mois par an à voyager", et revient d'un "road trip" dans les régions les plus trumpistes des Etats-Unis.

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