Présidentielle en Zambie: le dépouillement reprend, de premiers résultats très parcellaires
La suspension du dépouillement des élections présidentielle et parlementaires zambiennes, organisées jeudi, a été levée vendredi par la commission électorale, qui a annoncé de premiers résultats très parcellaires.
Le processus avait été interrompu à la mi-journée par cette même commission en raison, selon elle, de "violences", une décision sans précédent dans ce pays d'Afrique australe qui avait connu une transition démocratique pacifique en 2021.
Peu auparavant, le principal opposant Brian Mundubile avait revendiqué vendredi sa victoire à la présidentielle et aux élections parlementaires dès le premier tour, tandis que le président sortant et candidat à sa réélection Hakainde Hichilema, alias "HH", avait appelé les Zambiens à rester "patients".
"La suspension du dépouillement et de la publication des résultats est levée avec effet immédiat", a déclaré aux médias la présidente de la commission électorale, Mwangala Zaloumis, après avoir précisé que la "menace pesant sur le processus électoral a été neutralisée".
Les résultats des quatre premières circonscriptions (sur 226) annoncés vendredi confirment que le scrutin se jouera entre Hakainde Hichilema (22.476 voix) et Brian Mundubile (14.388), puisque le candidat le mieux placé derrière eux n'enregistre même pas un nombre à trois chiffres (91). Une tendance pourrait se dégager dès samedi avec des "résultats importants" annoncés alors, selon la commission.
A la tête d'une coalition de partis d'opposition, Brian Mundubile, qui fut ministre sous l'ex-président Edgar Lungu (2015-2021), a affirmé dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux avoir "remporté cette élection tant au niveau présidentiel qu'en termes de majorité des sièges au Parlement" juste avant l'annonce de la suspension du dépouillement.
En réaction, la présidente de la commission électorale a exhorté tous les candidats à "s'abstenir de se proclamer vainqueurs de ces élections".
Brian Mundubile avait accusé la suspension de "créer un vide dangereux à un moment où l'intégrité du scrutin nécessite la plus grande protection".
Hakainde Hichilema a réagi en demandant aux 8,7 millions d'électeurs appelés à voter de rester "sereins, patients et patriotes en attendant les résultats officiels communiqués par les instances chargées de la gestion du scrutin", dans un communiqué sur les réseaux sociaux.
"Seule la commission (électorale) est habilitée à annoncer les résultats de cette élection", a averti son Parti unifié pour le développement national (UPND).
Cette confusion porte un coup à la réputation de démocratie stable de ce géant du cuivre, deuxième producteur du continent et huitième au monde de ce métal indispensable aux réseaux électriques, aux centres de données et aux véhicules électriques.
L'ONG Transparency International Zambia s'est dite vendredi "très préoccupée par l'escalade de la violence politique à travers le pays", jugeant que la "mesure trop radicale" de suspension totale du dépouillement risquait d'"engendrer davantage d'incertitude", selon son directeur général Maurice Nyambe.
D'après l'ONG, 152 incidents violents ont été recensés dans 46 circonscriptions, dont 16 survenus pendant et après le jour du scrutin.
Le groupe d'observation des Églises chrétiennes de Zambie, réputé comme scrutant avec indépendance et fiabilité le processus électoral, a rapporté vendredi que dans deux bureaux de vote, "des militants de l'UPND ont chassé tous les observateurs électoraux et les agents des autres partis politiques, les empêchant ainsi d'assister au dépouillement".
A la veille de l'élection, la commission des droits humains de Zambie avait dit "suivre de près les arrestations et détentions visant des candidats politiques, leurs sympathisants et des journalistes".
Lors d'une campagne marquée par des heurts, l'opposition a tenté de capitaliser sur le mécontentement d'une partie de la population pour tenter de revenir sur le devant de la scène.
Le gouvernement d'Edgar Lungu, mort en 2025, avait pourtant laissé un pays en défaut de paiement souverain, après des années d'endettement massif, lorsque Hakainde Hichilema avait remporté l'élection présidentielle en 2021, à sa sixième tentative.
Depuis, "HH" a obtenu un accord historique de restructuration de la dette, rétabli un programme du Fonds monétaire international et remis l'économie sur la voie de la croissance, s'attirant les éloges des bailleurs de fonds et des investisseurs internationaux.
Quatorze candidats au total participaient à la course pour la présidence de ce pays historiquement proche de la Chine, qui y a fait de nombreux investissements dans le secteur minier.
Les résultats définitifs de l'élection présidentielle devaient être annoncés d'ici au 17 août. Un deuxième tour doit départager les deux premiers si aucun candidat n'obtient plus de 50% des suffrages exprimés.
Latest stories
Latin America Venezuela frees 131 prisoners amid post-Maduro transition talks
Venezuela on Friday freed another 131 people considered to be political prisoners, in a sign of progress in talks to reconcile the nation following Nicolas...
Sports Arteta tells Arsenal fans not to fret over his future
Mikel Arteta insists Arsenal fans have no reason to worry about his future with the Premier League champions as the Gunners boss heads into the...
Latin America Mexico's Indigenous chief justice hits back at discrimination
Mexico's Supreme Court chief justice told AFP he faces discrimination on a daily basis over...