Monde

Gaza: une jeune femme brille lors des épreuves du bac, les premières depuis 2023

Published on July 27, 2026 at 09:17

Saba Rabah, meilleure élève palestinienne aux examens de fin de second cycle, en filière scientifique, célèbre sa réussite avec sa famille dans le camp de réfugiés de Maghazi, au centre de la bande de Gaza, le 26 juillet 2026 — Eyad Baba / AFP
Saba Rabah, meilleure élève palestinienne aux examens de second cycle, en filière scientifique, se tient devant un miroir brisé sur un mur du camp de réfugiés de Maghazi, au centre de la bande de Gaza, le 26 juillet 2026 — Eyad Baba / AFP
Saba Rabah, meilleure élève palestinienne aux examens de fin de second cycle, en filière scientifique, célèbre sa réussite avec sa famille dans le camp de réfugiés de Maghazi, au centre de la bande de Gaza, le 26 juillet 2026 — Eyad Baba / AFP

Malgré la destruction de sa maison à Gaza, les nombreux déplacements et la mort de son père, Saba Rabah, 18 ans, a brillé aux examens du baccalauréat dans les Territoires palestiniens, les premiers à se tenir depuis octobre 2023.

Peu avant les épreuves, elle a même dû fuir son logement provisoire, dans le camp de réfugiés d'al-Maghazi, après le bombardement d'une maison proche. Mais il en fallait plus pour entamer la détermination de la jeune femme.

Saba Rabah a décroché la meilleure note en filière scientifique à l'examen d'études secondaires, équivalent du baccalauréat, connu sous le nom de "Tawjihi".

"J'ai obtenu 99,9% de réussite, première place nationale dans la filière scientifique", dit-elle fièrement à l'AFP, en tenue de diplômée, lors d'une fête en son honneur à Maghazi, dans le centre de la bande de Gaza.

Après l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre 2023, Israël a mené une offensive dévastatrice dans le territoire palestinien où une grande majorité des établissements scolaires ont été endommagés ou détruits par des bombardements, privant des dizaines de milliers d'enfants d'accès à l'éducation.

Les rares écoles encore debout ont été transformées en centres d'accueil surpeuplés pour accueillir des centaines de milliers de familles déplacées.

"Les nombreux déplacements, la peur (...) Notre maison détruite. J'ai perdu la moitié de mes livres, mais je n'ai jamais renoncé à mes objectifs", explique Saba Rabah, qui passait ses nuits à étudier à la lumière de son téléphone portable, à cause des coupures d'électricité.

"Et quelques jours avant les examens, la maison en face de chez nous a été bombardée et nous avons dû tout laisser et partir", ajoute-t-elle.

Environ 89.000 élèves ont passé les examens du secondaire en juin, pour la première fois depuis le début de la guerre il y a près de trois ans, simultanément à Gaza, en Cisjordanie occupée, en Egypte et dans d'autres pays accueillant une forte diaspora palestiniennne.

Plus de 25.000 étaient inscrits dans la filière scientifique, où Rabah a obtenu la meilleure note.

A l'annonce des résultats, la famille et les voisins de Saba Rabah ont explosé de joie, applaudissant et embrassant la jeune femme. Des jeunes hommes dansaient au rythme des tambours.

"Cette joie est indescriptible. Je m'attendais à ce qu'elle figure parmi les très bons élèves, mais elle est devenue la meilleure de toute la Palestine, et ce sentiment est impossible à exprimer avec des mots", a expliqué sa mère, Feryal Ahmed Rabah, 52 ans, après des mois de chagrin et d'épreuves pour la famille.

Saba Rabah a dédié sa réussite à son père qui était enseignant dans les écoles de l'Unrwa, l'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens. Elle raconte qu'il a été tué lors d'une frappe aérienne israélienne en juin 2024.

Devant son portrait accroché au mur, des fleurs ont été déposées.

Aujourd'hui, son ambition est d'entrer en faculté de médecine. "Mon plus grand espoir est que tous mes efforts soient reconnus et que j'obtienne une bourse d'études".

"C'est le rêve que mon père avait pour moi".

Latest stories