Tour de France: Mathieu van der Poel monumental
Un combat terrible, un suspense insoutenable, une dernière ligne droite déjà culte: Mathieu van der Poel, avec le concours de Tadej Pogacar, a livré un échantillon de cyclisme total à Paris dimanche lors de l'ultime étape du Tour de France pour piéger les sprinteurs et décrocher une victoire monumentale.
Même quand il participe au Tour de France, Mathieu van der Poel fait en sorte de remporter des classiques. Le parcours des Jeux olympiques 2024, entré avec fracas l'année dernière dans l'histoire de la Grande Boucle, était taillé pour lui, et le Néerlandais a répondu présent.
Et de quelle manière! Le champion aux huit Monuments a volé sur les pavés de la Butte Montmartre pour faire un mal de chien au reste du peloton en compagnie de Tadej Pogacar, creuser un trou à chaque fois, et garder un infime écart sur la meute des sprinteurs sur la ligne d'arrivée.
Exemple ultime du coureur bâti pour briller sur les courses d'un jour, "MVDP" a décroché une quatrième victoire d'étape sur la Grande Boucle, la deuxième pour lui lors de cette édition après une journée déjà épique en Corrèze lors de la neuvième étape.
"J'étais malade l'an dernier et j'avais dû regarder cette étape à la télévision, j'y pensais depuis un moment, et la façon dont ça s'est passé, c'est un rêve", a lâché Van der Poel quelques minutes après avoir franchi la ligne.
Loin de vivre chaque année une passion estivale avec la plus grande course du monde, avec laquelle il entretient une relation paradoxale, Van der Poel s'est fait la belle avec Pogacar, son camarade des classiques du printemps, en l'absence de son meilleur ennemi hivernal, le Belge Wout Van Aert, vainqueur l'année dernière sur cette même avenue parisienne.
Depuis plusieurs saisons, le solide Néerlandais et le désormais quintuple vainqueur du Tour s'envoient de merveilleuses peignées lors des Monuments printaniers. Et la foule furieuse parisienne a pu voir avec délectation les deux hommes s'isoler en tête de la course dans la dernière ascension vers le Sacré-Coeur, puis collaborer jusque dans les derniers hectomètres.
Les deux premières ascensions ont permis de faire un premier écrémage et de situer les forces en présence. L'omniprésent Mads Pedersen et Remco Evenepoel, sacré champion olympique à Paris en 2024, ont réussi à les accompagner.
Mais alors que Van der Poel et Pogacar étaient un peu en retrait au moment de se lancer dans la rue Lepic pour la troisième et dernière montée, le champion du monde 2023 a patienté dans la roue du Slovène avant de placer une accélération terrible.
Tandis que le triple vainqueur de Paris-Roubaix matraquait son pédalier, seul "Pogi" est parvenu à accrocher sa roue, au prix d'un effort énorme, traduit par un rictus qu'il n'avait pas eu à arborer lors des plus grands cols de ce Tour. "C'était super dur d'arriver jusque là-haut avec le meilleur coureur du monde", a soufflé le petit-fils de Raymond Poulidor.
Après avoir éparpillé tous leurs rivaux, les deux cadors se sont lancés à toute vitesse dans la descente et les dix derniers kilomètres, avec une avance sur le peloton des sprinteurs emmené par les Décathlon CMA-CGM d'Olav Kooij, longtemps situé autour d'une quinzaine de secondes.
Conscient que son compagnon de fuite n'avait plus grand chose à donner, Van der Poel a encore accéléré à environ 800 mètres de l'arrivée. "Je pensais qu'on allait se faire rattraper, mais j'ai juste pensé à ce moment, j'ai foncé tête baissée dans les 500 derniers mètres, j'y suis allé aussi fort que je pouvais et j'attendais juste qu'une roue me dépasse, mais ce n'est jamais arrivé...", a raconté le Néerlandais.
L'image de cette dernière ligne droite au suspense énorme restera, Van der Poel relançant trois, quatre, cinq fois sous la pression des grosses cuisses pour finalement s'imposer de moins d'un vélo devant Jasper Philipsen, qui levait le doigt pour célébrer la victoire de son coéquipier.
"Ça va rester gravé pour un long moment", a commenté le sprinteur belge, sincèrement ravi, avant d'ajouter: "Mathieu a déjà fait tellement pour moi dans le passé, c'est plus qu'un champion, c'est un ami. Tout ce qu'il me donne à moi et à l'équipe montre à quel point il est désintéressé."
Étalé sur les barrières puis prostré au sol à cause d'une douleur physique à la hauteur de l'effort colossal fourni, Van der Poel pouvait savourer, là même où son père Adrie avait pris la deuxième place lors de son premier Tour derrière Bernard Hinault, il y a 44 ans.
Latest stories
Sports Pogacar looking to enjoy 'small things' after 5th Tour de France win
Tadej Pogacar said he was looking forward to taking some time off and enjoying the "small things" in life after making Tour...
Climate and Environment 'Monster' wildfires force 350,000 from homes in France, Spain
Forests burned and villages emptied as more than 325,000 people fled blazes tearing through France and Spain on Sunday, with firefighters struggling...
US News Honduran ex-president returns home after Trump pardon
Honduran ex-president Juan Orlando Hernandez -- who was serving a 45-year prison sentence in the United States for drug trafficking until President Donald Trump pardoned him last year -- returned...