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Trump veut internationaliser la lutte contre le "terrorisme d'extrême gauche"

Published on July 16, 2026 at 01:22

Le président américain Donald Trump prend la parole lors du Sommet sur la défense et l'innovation de Pennsylvanie, organisé à l'US Army War College le 15 juillet 2026 à Carlisle, aux Etats-Unis — ALEX WONG
Un membre de Turning Point USA distribue des casquettes "MAGA" aux personnes rassemblées devant un mémorial improvisé en hommage à Charlie Kirk, fondateur de Turning Point USA, devant le siège de l'organisation à Phoenix, en Arizona, le 19 septembre 2025 — CHARLY TRIBALLEAU / AFP
Rassemblement en hommage à Quentin Deranque à Metz, dans le nord-est de la France, le 16 février 2026 — Jean-Christophe VERHAEGEN / AFP
Le président américain Donald Trump prend la parole lors du Sommet sur la défense et l'innovation de Pennsylvanie, organisé à l'US Army War College le 15 juillet 2026 à Carlisle, aux Etats-Unis — ALEX WONG
Trump veut internationaliser la lutte contre le "terrorisme d'extrême gauche"

Les Etats-Unis accueillent jeudi une réunion ministérielle visant à internationaliser la lutte contre l'extrémisme de gauche dont Antifa, classé par le président Donald Trump comme "organisation terroriste", dans un contexte d'augmentation des violences politiques.

Sous le titre de "Résurgence du terrorisme politique", le rendez-vous sous les auspices du secrétaire d'Etat Marco Rubio vise tout particulièrement le "terrorisme d'extrême gauche", qui, selon le gouvernement américain, est en hausse.

Plus d'une soixantaine de délégations, d'Europe à l'Asie, sont attendues à cette réunion à laquelle participeront également le ministre américain des Finances Scott Bessent et le conseiller immigration de Donald Trump, Stephen Miller.

La France sera représentée au niveau des hauts fonctionnaires, selon une source officielle française.

Le moment choisi peut surprendre alors que les Etats-Unis sont englués dans la guerre avec l'Iran.

Mais des responsables américains assurent que la réunion est en préparation depuis longtemps et qu'elle tombe à point nommé dans l'objectif de renforcer la coopération internationale dans ce domaine.

"Le terrorisme politique d'extrême gauche connaît un regain d'activité", a indiqué le département d'Etat dans un communiqué, soulignant qu'il "ne s'agit pas d'incidents isolés" mais d'une "stratégie délibérée, motivée par des considérations idéologiques, visant à déstabiliser les sociétés libres".

"Pendant trop longtemps, cette menace est restée un angle mort dans la lutte antiterroriste menée par la communauté internationale, sous-estimée et dotée de moyens insuffisants, malgré le danger qu'elle représente", ajoute le texte.

Une analyse, très commentée à l'époque, du centre de réflexion américain Center for Strategic and International Studies (CSIS) publiée l'année dernière a relevé une augmentation de la violence d'extrême gauche aux Etats-Unis au cours des dix dernières années, soit depuis l'élection du président Donald Trump en 2016.

Mais, ajoutaient les auteurs de l'étude, "elle a augmenté par rapport à des niveaux très bas, et reste bien inférieure aux niveaux historiques de violence perpétrée par des auteurs d'attaques d'extrême droite et jihadistes".

- Caractère transnational -

Des responsables américains citent l'Europe en exemple, évoquant notamment le sabotage du réseau ferroviaire français pour l'ouverture des Jeux olympiques en 2024, ou encore la mort du militant nationaliste Quentin Deranque en février, imputée à des antifascistes.

Mais aussi des attaques attribuées à l'extrême gauche en Italie en 2024 et en Allemagne en début d'année, ou, début juillet, les attentats contre plusieurs membres d'un parti conservateur en Grèce, ayant fait un mort et quatre blessés.

Le sujet "n'a pas vraiment été abordé collectivement de manière efficace" compte tenu de son caractère transnational et de son mode opératoire "sophistiqué", a confié mercredi à des journalistes un haut responsable du département d'Etat sous couvert de l'anonymat.

Dans un récent rapport sur l'antiterrorisme, l'administration Trump s'en est pris à l'Europe, qualifiée d'"incubateur de menaces terroristes".

Ce document définit trois principales "menaces" contre la première puissance mondiale: "les narcoterroristes et les gangs internationaux", les "terroristes islamistes historiques" et les "extrémistes violents de gauche, y compris les anarchistes et les antifascistes".

En cela, c'est une rupture avec la précédente administration du démocrate Joe Biden, qui avait au contraire désigné les groupuscules d'extrême droite, en particulier ceux se revendiquant du suprémacisme blanc, comme une menace majeure.

- Groupuscules anarchistes -

Le mouvement "Antifa", pour "antifasciste", est particulièrement dans le viseur.

Il s'agit d'un mouvement nébuleux d'activistes de gauche qui, selon les experts, relève davantage d'une idéologie politique que d'un groupe organisé.

Le président américain l'a désigné comme "organisation terroriste intérieure" l'an dernier, après l'assassinat de l'influenceur ultraconservateur Charlie Kirk.

A l'étranger, Washington a sanctionné des groupuscules en Europe dont "Antifa Ost", basé en Allemagne, ainsi que trois autres groupes anarchistes en Italie et en Grèce.

Aux Etats-Unis, la mouvance s'est notamment manifestée à partir de 2016 après la première élection de Donald Trump.

Les détracteurs de l'administration Trump relèvent que la violence d'extrême gauche reste historiquement bien en-deça de celle de l'extrême droite et accusent le dirigeant républicain d'attiser les violences.

Dès son retour à la Maison Blanche en janvier 2025, il a gracié plus d'un millier de ses partisans qui avaient pris d'assaut le Capitole le 6 janvier 2021, pour empêcher la certification de la victoire de Joe Biden à l'élection présidentielle de 2020.

Donald Trump a lui-même été visé par trois tentatives d'attentat, la dernière en date en avril lors du gala de la presse de la Maison Blanche.

lb/ph

© Agence France-Presse

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