Émoi à Radio France autour de l'arrivée d'un responsable de Valeurs actuelles comme éditorialiste
Deux syndicats du groupe public Radio France ont protesté contre l'arrivée prochaine du nouveau directeur adjoint de la rédaction du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin, comme éditorialiste politique le dimanche sur France Inter.
C'est une "ligne rouge inacceptable" et "la direction de France Inter nous fait honte", a tonné dans un communiqué le SNJ-CGT, en qualifiant Valeurs actuelles d'"organe de l'extrême droite".
Cette arrivée "provoque la stupéfaction dans toutes les rédactions de Radio France", a renchéri le SNJ (Syndicat national des journalistes) dans un autre communiqué.
Selon le SNJ, "cette décision fait apparaître Radio France comme un paillasson", car "dans l'année écoulée, Valeurs Actuelles a participé activement à la campagne de dénigrement" contre le groupe public, dont France Inter est le vaisseau amiral.
Une référence aux accusations de partialité de l'audiovisuel public en faveur de la gauche, qui avaient motivé la création d'une commission d'enquête parlementaire par l'UDR, parti allié au RN.
Précédemment au magazine Le Point, M. Sapin vient d'être nommé directeur adjoint de la rédaction de Valeurs actuelles.
Sollicitée par l'AFP, la direction de France Inter a fait valoir que son arrivée s'inscrivait dans une volonté plus large d'"organiser la conversation entre toutes les opinions".
C'est un enjeu de "pluralisme", qui est "une mission du service public, d'autant plus importante en année présidentielle", a argumenté la direction, en soulignant que M. Sapin est "un journaliste politique reconnu par ses pairs".
Il doit arriver au sein d'un panel d'éditorialistes politiques et économiques où "toutes les tendances seront représentées", et qui se succèderont les vendredis, samedis et dimanches sur Inter.
Il s'agit d'Anne Rosencher (L'Express) et Christian Chavagneux (Alternatives économiques) le vendredi, Camille Vigogne Le Coat (Nouvel Obs) et Béatrice Mathieu (L'Express) le samedi, et Charles Sapin et Leila Abboud (Financial Times) le dimanche.
Mercredi, le journaliste Thomas Legrand, accusé il y a un an de connivence avec le Parti socialiste, ce qui avait déclenché la polémique sur l'impartialité de l'audiovisuel public, a assuré avoir été définitivement écarté de France Inter, en y voyant le résultat d'"une campagne extérieure".
"J'entends que Thomas Legrand soit déçu de ne pas être sur l'antenne de France Inter. Il exige, il réclame, mais ce n'est pas comme ça qu'on obtient quelque chose de moi", a pour sa part déclaré au Monde la directrice d'Inter, Céline Pigalle.
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