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Un pays ne doit pas dominer l'IA à lui seul, lance Xi Jinping

Published on Juli 17, 2026 at 05:31

Des passants longent une affiche de la Conférence mondiale sur l'intelligence artificielle (WAIC), le 16 juillet 2026 à Shanghai en Chine — Hector RETAMAL / AFP
Le président chinois Xi Jinping s'entretient avec son homologue américain Donald Trump, le 15 mai 2026 à Pékin — Evan Vucci / AFP
Des passants longent une affiche de la Conférence mondiale sur l'intelligence artificielle (WAIC), le 16 juillet 2026 à Shanghai en Chine — Hector RETAMAL / AFP
Un pays ne doit pas dominer l'IA à lui seul, lance Xi Jinping

L'intelligence artificielle ne doit pas être l'apanage d'un seul pays, a déclaré vendredi le président chinois Xi Jinping depuis la Conférence mondiale sur l'IA (WAIC) à Shanghai, appelant à la régulation et à la coopération internationale dans ce secteur où Pékin souhaite rivaliser avec les Etats-Unis.

Les modèles des startups chinoises comme Moonshot AI, MiniMax ou Z.ai, concurrencent de façon croissante leurs concurrents américains, tout en séduisant des utilisateurs du monde entier grâce à leurs coûts plus faibles.

Mais la régulation devient un enjeu central face aux risques liés à cette technologie: désinformation, cyberattaques, biais algorithmiques, usages militaires ou exploitation malveillante par des pirates ou des groupes terroristes.

"Le développement de l'IA ne doit pas être le fait d'un seul pays, mais une symphonie de coopération internationale", a lancé Xi Jinping à l'ouverture de la conférence qui doit se tenir jusqu'à lundi. Il s'y exprimait pour la première fois, signe de l'importance stratégique que Pékin accorde à ce secteur.

"Nous devons nous opposer ensemble (...) au fait de faire passer la sécurité d'un pays au-dessus de celle des autres", a dit le président chinois, faisant vraisemblablement référence aux restrictions imposées par les Etats-Unis et l'Union européenne aux importations chinoises de la tech.

Poe Zhao, fondateur de la plateforme Hello China Tech, rappelle que "les Etats-Unis conservent une nette avance dans les puces avancées, l'infrastructure de calcul de pointe et le développement de modèles les plus coûteux à développer".

Mais "la Chine est son concurrent le plus proche (...) Ses atouts incluent les modèles open source, l'optimisation des coûts, le déploiement rapide, la robotique et l'intégration de l'IA dans les processus de fabrication", souligne M. Zhao.

D'après lui, la conférence WAIC est "l'événement annuel le plus important pour saisir les tendances de l'industrie chinoise de l'IA", même si ce n'est pas encore "la grand‑messe universelle du secteur technologique mondial".

Le WAIC doit accueillir plus de 1.100 entreprises et présenter quelque 3.000 produits et technologies.

- "Contrôle de l'humain" -

"Nous devons mettre en place des lois et des réglementations, ainsi que des systèmes de surveillance technologique, d'alerte précoce et d'intervention d'urgence, afin de (...) garantir que l'IA reste toujours sous le contrôle de l'humain", a aussi déclaré Xi Jinping, appelant à une approche de cette technologie "centrée sur l'humain".

A cet égard, le ministre des Affaires étrangères Wang Yi et les représentants de 29 pays - parmi lesquels la Russie - ont signé un accord établissant un groupe de coopération intergouvernementale pour l'IA.

Cette Organisation de coopération mondiale sur l'intelligence artificielle (WAICO), dont le siège sera situé à Shanghai, en Chine, visera à promouvoir la consultation et la collaboration entre ses membres pour garantir le développement "sain et ordonné" de l'IA, a rapporté un média d'Etat. 

"La Chine est opposée à toute forme de clivage idéologique et de blocage technologique", a déclaré jeudi un porte-parole de la diplomatie chinoise.

Il a ajouté que Pékin entend profiter de la conférence pour "mener des échanges ouverts" et "dégager des consensus", afin que "le progrès technologique devienne un véritable moteur de développement et de prospérité pour l'humanité".

- Investissements massifs -

Le rendez-vous réunit chaque été depuis 2018 chercheurs, entreprises et décideurs pour présenter les dernières innovations et débattre d'enjeux éthiques et géopolitiques. 

Parmi les attractions: le modèle M3 de MiniMax ; le premier téléphone doté d'un agent IA autonome, ou encore le "supernoeud" Atlas 950 de Huawei, une architecture d'IA de pointe pour l'apprentissage et le raisonnement.

Sans oublier les incontournables robots humanoïdes.

Vendredi matin, la startup pékinoise Moonshot AI a dévoilé un nouveau modèle d'IA, Kimi K3, dont les performances annoncées pourraient rivaliser avec ses meilleurs concurrents américains.

L'IA est devenue un pilier de la politique industrielle chinoise, portée par une forte volonté politique et des investissements colossaux, destinés à bâtir un écosystème souverain, des puces aux applications grand public.

L'an passé, le marché chinois de l'IA a dépassé les 1.200 milliards de yuans (155 milliards d'euros), avec une croissance attendue de plus de 30% en 2026, d'après les chiffres officiels.

La Chine comptait plus de 6.000 entreprises actives dans l'IA en 2025.

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© Agence France-Presse

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