Politique

Présidentielle : Philippe "tend la main" à la droite et au centre, Retailleau la refuse

Published on Septiembre 8, 2026 at 22:25

Édouard Philippe, maire du Havre et candidat du parti de droite Horizons à l'élection présidentielle, s'adresse à la presse à l'issue de la première réunion de son comité de campagne, à Paris, le 8 septembre 2026 — Thomas SAMSON / AFP
Bruno Retailleau, président des Républicains (LR) et candidat àla présidentielle de 2027, le 31 août 2026 à Boulogne-Billancourt, près de Paris — SIMON WOHLFAHRT / AFP
Le ministre de la Justice Gérald Darmanin, à la sortie du Conseil des ministres à l'Elysée, le 31 août 2026 — SIMON WOHLFAHRT / AFP
Édouard Philippe, maire du Havre et candidat du parti de droite Horizons à l'élection présidentielle, s'adresse à la presse à l'issue de la première réunion de son comité de campagne, à Paris, le 8 septembre 2026 — Thomas SAMSON / AFP

A droite et au centre, le "rassemblement" est un combat: Édouard Philippe a dit "tendre la main" aux autres partis en leur proposant une réunion vers la Toussaint pour préparer la présidentielle et les législatives, s'attirant une fin de non-recevoir immédiate de Bruno Retailleau.

L'ancien Premier ministre a réuni mardi à Paris, pour la première fois, un "comité politique" composé de la garde rapprochée de sa formation Horizons, mais aussi de soutiens issus de Renaissance ou de la droite. Une nouvelle étape de sa campagne assortie d'un avertissement à la concurrence : "sans rassemblement, il n'y aura de victoire pour personne".

En tête dans les sondages, mais concurrencé au centre par Gabriel Attal et à droite par Bruno Retailleau, le maire du Havre a expliqué vouloir "tendre la main" via une "initiative" : il va écrire aux chefs de partis et de courants de la droite et du centre pour leur proposer de former un comité, avec un premier rendez-vous imaginé début novembre. Une réunion "pour évoquer ce sur quoi nous sommes en mesure de converger". 

L'initiative s'adresse à un arc allant du MoDem de François Bayrou au parti libéral Nouvelle Energie de David Lisnard, a précisé le secrétaire général d'Horizons, Christophe Béchu.

Refus immédiat de LR, Bruno Retailleau n'acceptant pas d'assister à cette "réunion pour les macronistes entre les macronistes". "Cette élection, elle ne se gagnera pas au centre. Elle ne se gagnera pas en essayant de prolonger l'expérience Macron", a insisté sur CNEWS le sénateur de Vendée, qui n'entend pas "arrêter la course" pour l'Elysée.

"Depuis des mois, j'alerte sur la dispersion qui peut faire perdre. Donc c'est bien, Édouard Philippe s'en rend compte", a ironisé David Lisnard sur BFMTV, plaidant à nouveau pour l'organisation d'une primaire que refuse le candidat Horizons.

Sollicitée par l'AFP, l'équipe de Gabriel Attal n'a pas réagi dans l'immédiat.

Pour Édouard Philippe, "aucune des formations politiques de l'espace de la droite et du centre aujourd'hui ne gagnera à elle seule" et "ne peut, à elle seule, obtenir une majorité à des élections législatives qui suivraient l'élection présidentielle".

"Il faut donc penser à la campagne et penser à l'après", a insisté le candidat Horizons, qui avait déjà expliqué le 30 août lors de la rentrée politique de Gérald Darmanin vouloir "recomposer la vie politique" en rassemblant la droite et le centre, évoquant un "nouveau parti" ou une "confédération", qui rappelle l'UMP de 2002.

M. Darmanin, qui lui a apporté son soutien, était présent mardi soir à Paris au "comité politique" de la candidature Philippe, de même que plusieurs ministres Renaissance : la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, Benjamin Haddad ou encore Matthieu Lefevre.

Ont également participé à cette réunion l'ancien chef du gouvernement Jean-Pierre Raffarin, les anciens ministres Nathalie Kosciusko-Morizet, François de Rugy et Eric Woerth, le député européen (Renaissance) Grégory Allione, le sénateur Thani Mohamed Soilihi (Renaissance), le maire de Charleville-Mézières Boris Ravignon (divers droite) ou encore le vice-président de la région Ile-de-France Yan Wehrling (Écologie positive).

Alors que, dans le bloc macroniste, Édouard Philippe et Gabriel Attal ont tous deux évoqué un ralliement en faveur du mieux placé, cette proposition de nouveau comité vient se superposer au "comité de liaison" voulu par le candidat Renaissance et qui s'est réuni à plusieurs reprises depuis le printemps.

Ce cénacle, qui comprend un représentant de Renaissance (Franck Riester), d'Horizons (Christophe Béchu), du MoDem (Marc Fesneau), de l'UDI (Hervé Marseille) et du Parti radical (Nathalie Delattre), doit se réunir à nouveau mercredi dans un restaurant parisien.

Mais sans représentant de LR, "ce comité de liaison ne recoupe pas tout l’espace de la droite et du centre", a observé Christophe Béchu, qui assurera la direction d'Horizons, M. Philippe ayant quitté la présidence pour se consacrer à sa campagne.

Quant au refus de M. Retailleau, "novembre, c'est dans une éternité", a-t-on fait valoir chez Horizons, tablant sur une pression croissante de l'électorat en faveur d'une candidature d'union et sur des relais au sein de LR, passées les élections sénatoriales du 27 septembre.

Latest stories