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Scandale du périscolaire à Paris: Anne Hidalgo directement visée par des plaintes

Published on Agosto 27, 2026 at 14:55

Anne Hidalgo (g), alors maire de Paris, et Patrick Bloche (c), alors maire adjoint, à l'hôtel de ville, le 9 février 2026 — Thomas SAMSON / AFP
Anne Hidalgo (g), alors maire de Paris, et Patrick Bloche (c), alors maire adjoint, à l'hôtel de ville, le 9 février 2026 — Thomas SAMSON / AFP

Anne Hidalgo et Patrick Bloche de nouveau mis en cause dans le scandale du périscolaire, directement cette fois: trois plaintes pour "non-assistance à personne en danger" ont été déposées fin août contre l'ex-maire socialiste de Paris et son ancien premier adjoint par des familles d'enfants victimes d'agressions sexuelles.

"C'est la responsabilité pénale individuelle de Mme Hidalgo et de M. Bloche qui est engagée. Ils avaient pleinement conscience de la gravité de la situation", a affirmé à l'AFP l'avocate des trois familles, Me Lise-Honorine Bornes, confirmant une information révélée par Le Point.

Sollicité, l'avocat de Mme Hidalgo, Me Patrick Klugman, n'a pas souhaité réagir.

Séparément, ces familles avaient déjà déposé plainte entre mars et mai dernier pour "agression sexuelle", "violence" ou encore "non-assistance à personne en danger", et pour l'une pour "viol", commis sur leurs enfants pendant la période du périscolaire à l'école Saint-Dominique, dans le VIIe arrondissement.

Deux animateurs ont été mis en examen le 23 mai "pour des faits à caractère sexuel" et écroués, dans le cadre d'une information judiciaire portant sur "des faits commis au préjudice d'une vingtaine d'enfants", selon le parquet.

Dans le cas des familles ayant déposé plainte contre Mme Hidalgo et M. Bloche, les faits dénoncés ont été commis contre deux enfants entre septembre 2022 et août 2025, contre une entre août et décembre 2025, et une dernière entre septembre 2025 et janvier 2026.

Selon Me Bornes, les plaintes sont "documentées" et s'appuient sur "des éléments probants", montrant que Mme Hidalgo et M. Bloche avaient "connaissance d'un péril grave et imminent auquel étaient exposés les enfants", "placés sous leur responsabilité", mais qu'il y a eu un "déni complet".

Dans les plaintes consultées par l'AFP, il est précisé qu'au cours d'une séance du Conseil de Paris, le 14 avril 2015, l'édile avait été interpellée par le maire LR du VIe arrondissement, Jean-Pierre Lecoq, qui avait affirmé que "des enfants sont abusés sexuellement par des animateurs lors des activités périscolaires".

Dix ans plus tard, le 20 novembre 2025, Inès de Raguenel, élue LR du XVe arrondissement, avait alerté sur une explosion des signalements.

Toujours selon les plaintes, la maire avait à chaque fois refusé de répondre, et a refusé "de recevoir les familles en détresse".

Dès décembre 2021, le collectif SOS Périscolaire avait par ailleurs adressé un mail à M. Bloche - alors adjoint en charge des affaires scolaires - afin de l'interpeller sur des faits de maltraitance.

En janvier 2026, dans l'émission Cash Investigation sur France 2, qui a fait éclater le scandale -- en filmant en caméra cachée le comportement de certains agents -- l'ex-premier adjoint a reconnu "plusieurs dysfonctionnements", de "mauvaises habitudes" sur le fait de déplacer d'une école à l'autre des animateurs suspectés de violence.

Mme Hidalgo et M. Bloche ont "délibérément" pris la décision "d'organiser une véritable omerta", accusent les plaintes.

Interrogé, le parquet n'a pas souhaité communiquer à ce stade.

"Quand les mairies ne font pas ce qu'il faut pour appliquer un principe de précaution efficace, quand elles ne communiquent pas et se soustraient à leurs obligations légales (article 40 par exemple), il est naturel pour les parents de vouloir les mettre (...) face à leur responsabilité", a réagi SOS Périscolaire.

En février 2026, en pleine campagne pour les municipales, l'ancienne édile socialiste avait reconnu sur France Inter une part de responsabilité, étant à la tête d'une administration. Mais "je ne peux pas laisser dire que nous serions restés depuis 2015 sans rien faire", s'était-elle défendue, indiquant qu'"un certain nombre de personnes ont été écartées, licenciées à différentes strates de la hiérarchie qui n'avaient pas signalé" ces agissements.

En décembre 2025, elle avait aussi nommé Dominique Versini Défenseure des enfants de la ville de Paris, une fonction à laquelle le nouveau maire Emmanuel Grégoire a mis fin en engageant un plan d'action à 20 millions d'euros pour le périscolaire.

Depuis début 2026, 132 animateurs ont été suspendus à Paris, dont 52 pour "suspicions de violences sexuelles ou sexistes".

En juin, une vingtaine d'élus de la droite et du centre, dont la maire du VIIe arrondissement Rachida Dati, ainsi que le groupe coprésidé par Sophia Chikirou (LFI), ont fait un signalement à la procureure Laure Beccuau, mettant en cause la responsabilité pénale de la ville.

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