Ouganda: l'opposant Kizza Besigye, jugé pour trahison, refuse les avocats fournis par l'Etat
Le dirigeant de l'opposition ougandaise Kizza Besigye, jugé pour trahison à Kampala et privé de défenseurs depuis que l'un a été arrêté et l'autre expulsée du pays, a refusé mercredi d'être défendu par des avocats choisis par le tribunal.
Après ce refus, l'audience a été à nouveau ajournée au 29 juillet.
Ancien médecin personnel du président Yoweri Museveni, âgé de 81 ans et au pouvoir depuis janvier 1986, M. Besigye, 70 ans, a rallié l'opposition il y a plus de 25 ans.
Enlevé en novembre 2024 lors d'un déplacement au Kenya, il était réapparu en Ouganda, traduit devant une cour martiale pour "trahison" car accusé d'avoir ourdi un complot contre M. Museveni, avant que la plus haute juridiction du pays n'ordonne qu'il soit jugé devant un tribunal civil.
En juin, alors que le ministère public avait enfin déposé ses éléments à charge après des mois de retard, ses deux principaux avocats, Erias Lukwago, ancien maire de Kampala, et Martha Karua, ancienne ministre kényane de la Justice, ont été l'un arrêté, l'autre déclarée persona non grata et interdite d'entrée en Ouganda.
Lundi, M. Besigye s'était plaint d'être privé d'avocats faute de pouvoir être représenté par ceux de son choix, M. Lukwago et Mme Karua. Le juge lui avait alors donné 48 heures pour choisir de nouveaux avocats dans une liste fournie par le greffe. Ce qu'il a annoncé mercredi avoir refusé de faire, se plaignant d'avoir reçu une liste de 786 noms, sans autre précision, notamment sur leurs compétences.
Le greffe a donc choisi trois avocats et le tribunal a donné deux semaines à M. Besigye pour les accepter ou en désigner d'autres.
"Nous avions une équipe juridique en la compétence de laquelle nous placions toute notre confiance", a-t-il expliqué au tribunal, répétant souhaiter la conserver. Il avait précédemment affirmé que le chef de l'armée, Muhoozi Kainerugaba, lequel s'est vanté d'avoir fait enlever M. Lukwago et expulser Mme Karua, terrorisait ses autres défenseurs.
L'Ouganda connaît une répression politique croissante ces derniers mois, l'armée ayant arrêté des figures de l'opposition et des avocats ou fait fermer le principal groupe de médias indépendant sur ordre de Muhoozi Kainerugaba, qui est aussi le fils de M. Museveni.
"Nous savons que ce procès ne sera pas équitable. Nos droits ont été bafoués et la loi n'a pas été respectée. Nous ne voulons plus y participer", a affirmé lundi l'opposant qui a déposé plainte contre M. Kainerugaba pour son enlèvement au Kenya.
M. Besigye soutient également qu'on lui refuse illégalement sa libération sous caution et un traitement médical.
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© Agence France-Presse
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