France: Macron appelle à une extrême vigilance face au "retour de l'odieux antisémitisme"
Le président Emmanuel Macron a appelé dimanche à une "vigilance" de "tous les instants" face à la résurgence de l'antisémitisme en France et appelé à apposer les noms des Justes dans tous les lieux où ils protégèrent des Juifs de la "barbarie nazie".
"Face à ce retour de l'odieux antisémitisme, la vigilance est un devoir de tous les instants", a lancé le chef de l'État, qui présidait à Paris la première journée nationale de commémoration de la reconnaissance de l'innocence du capitaine Alfred Dreyfus, 120 ans jour pour jour après la décision de la Cour de cassation, la plus haute juridiction nationale.
Le capitaine Dreyfus, de confession juive, fut condamné pour haute trahison au profit de l'Allemagne sur la base de fausses preuves et envoyé au bagne à la fin du XIXe siècle dans un climat profondément antisémite en France, avant d'être réhabilité au terme d'une longue bataille de responsables politiques, écrivains et intellectuels pour la reconnaissance de son innocence.
Dans un contexte de retour de l'antisémitisme en France, "il est temps désormais que sur chaque maison, chaque immeuble, chaque lieu où des Juifs furent abrités, hébergés et sauvés soient apposés les noms des Justes qui les sauvèrent de la barbarie nazie", a ajouté M. Macron devant la Cour de cassation, en appelant "toutes les municipalités de France à faire leur cette entreprise".
La France compte plus de 4.300 "Justes parmi les Nations" reconnus pour avoir sauvé des Juifs pendant la Shoah, selon l'institut Yad Vashem de Jérusalem.
Le président français a également salué le "legs" des "dreyfusards", l'écrivain Émile Zola, auteur du célèbre "J'accuse" pour la défense du capitaine, les hommes politiques Georges Clemenceau et Jean Jaurès, ou bien encore Marcel Proust, l'auteur de la "A la recherche du temps perdu", et "tant de femmes et d'hommes anonymes qui signèrent des pétitions au péril de leur réputation bourgeoise et parfois de leur statut social".
- "Symbole" -
"Nous savons que les vieux démons de l'antisémitisme n'ont jamais totalement disparu de notre pays", a-t-il ajouté, en présence de 150 invités, dont les descendants d'Alfred Dreyfus.
Les actes antisémites - 1.320 en 2025 - n'ont jamais été aussi nombreux en France que pendant les trois dernières années, selon le ministère de l'Intérieur.
Avant Emmanuel Macron, Charles Dreyfus, 99 ans, petit-fils du capitaine Dreyfus, a également constaté "avec tristesse" la résurgence de l'antisémitisme.
Une statue représentant le capitaine dans la cour de l'École militaire, le 5 janvier 1895, le sabre brisé mais toujours au garde-à-vous, est désormais érigée sur la place devant la Cour de cassation.
"Cette venue de la statue au lieu même ou fut rendue la justice est tout un symbole", s'est félicité Charles Dreyfus, qui s'était battu pour qu'un lieu approprié lui soit trouvé.
Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a de son côté annoncé qu'une place de la capitale française portant jusqu'ici le nom de l'écrivain nationaliste Maurice Barrès, un des plus féroces détracteurs d'Alfred Dreyfus dans des écrits empreints de haine antisémite, porterait désormais le nom de Lucie Dreyfus, l'épouse du capitaine qui le soutint sans relâche dans son combat pour la justice.
vl/hr/ybl/lrb
© Agence France-Presse
Latest stories
Mundo Fin de semana de récords en el retorno del "rey" Marc Márquez a Alemania
Apodado el "rey del Ring" por su histórico dominio sobre el asfalto del circuito Sachsenring, Marc Márquez completó un fin de semana perfecto en el Gran Premio de Alemania de MotoGP, amasando récords y...
Madrid La brasileña Stefani se quedó a un paso del título de dobles de Wimbledon
La brasileña Luisa Stefani y la canadiense Gabriela Dabrowski, segundas cabezas de serie del torneo de Wimbledon, perdieron este domingo en la final femenina de dobles del torneo londinense ante la francesa Kristina Mladenovic y la china...
Mundo Murió el senador de EEUU Lindsey Graham, aliado de Trump y defensor de Israel y Ucrania
El senador estadounidense Lindsey Graham, aliado del presidente Donald Trump, murió a los 71 años tras una "enfermedad breve y repentina"...