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La troisième canicule en moins de deux mois s'étend sur les deux tiers du pays

Published on Julio 6, 2026 at 16:51

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La troisième canicule en moins de deux mois s'étend sur les deux tiers du pays

Pour la troisième fois en six semaines, la France est confrontée à de "très fortes chaleurs" qui toucheront les deux tiers du pays mardi, avec 61 départements en vigilance orange canicule, quelques jours seulement après une vague de chaleur historique.

Ces températures qui éprouvent les organismes et alimentent le débat sur l'adaptation au changement climatique, s'accompagnent d'un "danger de feux persistant" selon Météo-France, alors que des centaines de pompiers luttent toujours contre l'incendie qui a entraîné l'évacuation de 10.000 personnes dans les Pyrénées-Orientales.

Les plus fortes chaleurs, avec 39°C relevés lundi sur le bassin d'Arcachon (Gironde) et 40°C dans l'Aude, vont "gagner du terrain vers le nord et l'est" mardi, selon Météo-France qui a étendu la vigilance orange à une large diagonale allant du Finistère à la Savoie, en passant par Paris.

À Mont-de-Marsan, la chaleur fait "souffrir en silence" Monique, 82 ans. "Mon jardin dépérit, mes arbres crament", confie-t-elle à l'AFP en attendant une navette sur un trottoir. Chez elle, il n'y a pas de clim' parce qu'elle n'en a "pas les moyens". "On est en Andalousie, pas dans les Landes", sourit-elle. "Mais il va falloir qu'on s'habitue, ça va être de pire en pire, on le voit ces dernières années."

Dans une supérette du centre de Bordeaux, la porte automatique est grande ouverte malgré la chaleur et les linéaires réfrigérés en panne depuis le précédent épisode, fin juin.

"La porte a pris un coup de chaud et a disjoncté car il y avait trop de passages", explique la gérante qui a également perdu le compresseur d'un de ses groupes frigorifiques. "On attend qu'ils remplacent la pièce mais les réparateurs sont surchargés."

- Motion de censure -

Ce nouvel épisode de chaleur risque d'être "intense et durable" même si les modèles, à la différence du précédent épisode, divergent davantage, explique à l'AFP le prévisionniste Thibault Corouge. "Si l'indice thermique national atteint bien 25,3°C lundi, la France sera officiellement entrée dans une vague de chaleur depuis vendredi."

Ce serait la deuxième de l'année. La France en a connu 53 depuis 1947, dont la moitié depuis 2010. Il y a quelques jours, la dernière avait fait suffoquer des dizaines de millions de personnes à travers le pays, qui a connu son mois de juin le plus chaud de son histoire après une canicule déjà inédite en mai.

Ces épisodes répétés ont conduit les députés écologistes à l'Assemblée à déposer une motion de censure contre le gouvernement Lecornu, auquel ils reprochent d'avoir "aggravé" les "vulnérabilités du pays" face au changement climatique. Elle a été largement repoussée lundi.

Des critiques virulentes avaient émergé dans l'opposition, le mois dernier, contre la lenteur des investissements nécessaires à l'adaptation des écoles ou hôpitaux. Le gouvernement a défendu son bilan, avec la création du Fonds vert en 2023 pour financer les projets des collectivités territoriales, mais dont les dotations ont été lentement réduites.

Dans une tribune publiée lundi par le journal Le Monde, plusieurs dizaines de scientifiques français, rejoints par des économistes et des personnalités, ont réclamé "une loi d'urgence climatique" face à ce qu'ils qualifient d'"emprise de l'industrie fossile", responsable du réchauffement climatique à l'origine de la multiplication des vagues de chaleur.

- Sécheresse -

Les  canicules à répétition sont  un marqueur sans équivoque du changement climatique, principalement causé par la combustion du charbon, du pétrole et du gaz, ont montré les climatologues.

Certains secteurs comme la santé sont particulièrement vulnérables aux fortes températures. Pour Nicolas Revel, directeur général des hôpitaux publics parisiens (AP-HP), la situation justifie "de rester en alerte", tandis que le nombre de lits ouverts sera réduit pendant les vacances.

Durant la semaine torride du 22 juin, le nombre de décès a augmenté de 30%, touchant en majorité des personnes âgées vivant à domicile, selon l'agence Santé publique France.

La sécheresse qui frappe certains départements affecte les activités agricoles. "Le cumul d'inondations au printemps, de canicules particulièrement précoces (…) rend les choses inédites", a déclaré lundi le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau. "L'Occitanie a des rendements catastrophiques. Les Deux-Sèvres et les Charentes ont des résultats extrêmement médiocres", a poursuivi le patron du syndicat d'exploitants, évoquant une hécatombe dans les élevages de volailles.

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© Agence France-Presse

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