Meta: le conseil de surveillance demande de ne pas remplacer le fact-checking par les notes de contexte
Le conseil de surveillance de Meta a demandé au groupe de ne pas remplacer le fact-checking par les notes de contexte, selon une déclaration consultée par l’AFP dans la nuit de vendredi à samedi, après que le groupe a indiqué tester ce système dans 16 pays d’Amérique latine.
Meta a annoncé mercredi tester dans seize pays hispanophones de la région ces notes déjà déployées aux Etats-Unis et mises en place par Twitter en 2021 avant d'être généralisées sur le réseau social racheté en 2022 par Elon Musk et rebaptisé X.
Les "notes de la communauté" sont écrites par des utilisateurs volontaires, qui doivent s'inscrire au préalable, dans le but de "mieux" informer "en cas de publication potentiellement trompeuse ou peu claire", affirme Meta sur son site.
Les pays concernés sont l’Argentine, la Bolivie, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, l’Équateur, le Salvador, le Guatemala, le Honduras, le Mexique, le Nicaragua, le Panama, le Paraguay, le Pérou, l’Uruguay et le Venezuela.
Il s'agit d'une étape vers le remplacement du programme de fact-checking mené par Meta avec des organisations partenaires dans toute la région. Aucun calendrier n'a été communiqué.
L’AFP fait partie des organisations de vérification des faits qui participent au programme de Meta en Amérique latine et ailleurs.
"Nous exhortons Meta à ne pas considérer les notes de la communauté (community notes) comme un remplacement direct du fact-checking", a déclaré le conseil de surveillance, appelant l’entreprise à utiliser "tous les outils qui répondent le mieux au défi de la désinformation sur ses plateformes".
Le conseil de surveillance est un organe quasiment indépendant financé par Meta pour examiner ses décisions de modération.
"Les notes de la communauté pourraient contribuer à des préjudices concrets que Meta a la responsabilité d’éviter ou de réparer", a-t-il indiqué.
Le conseil avait déjà averti que le déploiement mondial des notes de contexte risquait de porter atteinte aux droits humains dans des pays politiquement polarisés et lors d’élections sous tension.
En Amérique latine, plusieurs pays ont vu récemment l'élection de dirigeants populistes de droite notamment le Pérou, la Colombie et le Costa Rica, après le Chili et l'Argentine - des dirigeants qui utilisent de façon intensive les réseaux sociaux, en proie à la désinformation, pour améliorer leur image et diffuser de la propagande.
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